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11 avril 2016

Fans de la vie impossible

Un roman YA qui nous emmène à la découverte de Mira, Jérémy et Sebby, trois paumés, chacun à leur façon, chacun avec leurs différences. Un roman inégal avec de vrais moments de fraicheurs et d'attachement ! 

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Jeremy a quitté le lycée précipitamment suite à des tags homophobes sur son casier. Il tente d’y retourner et va s’ouvrir au monde. Mira elle a totalement sombré et en changeant de lycée, elle aussi tente de revenir à la vie. Sebby vit en famille d’accueil, ne va plus au lycée ou si peu et cherche sa voix.

Leur rencontre, le croisement de leur détresse et de leurs vies va les pousser plus loin, et le temps d’une rencontre et de quelques mois de penser que la vie est possible.

Le récit de Kate Scelsa est parfois un peu brouillon et on passe d’un moment présent à un souvenir permettant de mieux connaître l’état du héros concerné de façon parfois un peu brutale et sans réel lien.

Mais l’essentiel n’est pas là. La force du roman est dans ses trois héros, marqués, décrits sans concessions et attachants. Entre Jérémy qui vit dans une famille homosexuelle (deux papas) mais qui va prendre en pleine face l’homophobie ordinaire alors qu’il entre dans l’âge des questions sur son identité sexuelle, et qu’il va rapidement faire son choix ; Mira revenue d’une dépression prise au piège d’une famille aimante qui veut de toute force la sortir de son marasme et la faire repartir au risque de l’étouffer et de l’anéantir comme le fait sans le vouloir sa grande sœur si brillante ; et Sebby jeune homme qui vit dans une famille d’accueil dont il ne tire ni affection, ni véritable soutien si ce n’est l’existence d’un toit qui va lui sombrer définitivement emporté par la drogue.

Un roman fort, qui décrit une société brutale, sans concession pour les plus faibles, avec des personnages secondaires qui eux non plus ne sont pas épargnés et montre une jeunesse qui se cherche et tente de montrer et d’assumer ses différences. Un roman qui traité également de façon frontale la question de l’homosexualité en la mettant au centre du récit avec des personnages homosexuels qui tiennent le premier plan et apparaissent comme normaux et intégrés au moins chez les adultes et non comme des phénomènes de foire comme on peut le lire encore trop souvent. Les relations entre les trois ados paumés chacun à leur manière, des moments forts lorsque l’auteur se laisse aller à montrer ses héros dans leurs familles, la dérive de leurs sentiments, le rôle de Peter main tendue du monde des adultes qui finira par se brûler dans l’aide qu’il apporte à ses élèves …

Un roman inégalement abouti et parfois un peu fourre tout , destiné aux jeunes adultes, qui sait malgré quelques défauts nous emporter et nous faire assister de manière tout sauf indifférente à l’évolution de ces trois jeunes gens. A découvrir pour les plus grands (16 ans et plus)

 

Jean-Luc

 

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Fans de la vie impossible
Kate Scelsa
Traduit de l’anglais : Faustina Fiore
Editions Gallimard Jeunesse, collection Scripto, 25 février 2016, 15 €

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