05 novembre 2026
Ceci n’est pas une romance
Sélection Prix Vendredi 2026. Ceci n’est pas une romance : vraiment ? Qui sait ? En tout cas c'est puissant, rythmé, résolument féministe et passionnant ! On adore ! ❤️❤️❤️❤️❤️
Lola est conférencière au Musée des Beaux Arts à Paris. Quand on fait sa connaissance, elle est en retard et arrive en plein drame. Un accident a eu lieu dans les salle des impressionnistes. Un visiteur est tombé et a endommagé sans le vouloir un des tableaux. Un de ceux devant lesquels on passe, sans vraiment le regarder et que les guides conférenciers comme Lola ignorent d’habitude. Pourtant elle connaît son auteur, un certain Gustave Verbois que l’ADN féministe de la jeune femme fait qu’elle se hérisse face au personnage.
Lola est en pleine déroute : secouée par son prof de thèse pour qu’elle se bouge vraiment ; prise entre son travail de conférencière, sa vie d’étudiante avec ses deux meilleurs amies Emma et Kenza et cet incident qui va changer sa vie. Ce jour là, elle va se rapproche de Jordan l’un des gardiens (léger, parfois peu cultivé, mais vrai et humain et totalement charmeur) et faire la connaissance du Restaurateur Guillaume Legris (et là c’est bien autre chose qui va se jouer).
L’histoire est compliquée à raconter, parce que pleine de rebondissements, de surprises, d’évolutions et qu’il serait dommage de vous priver du plaisir extrême de la découverte. La vie dans le Musée avec les mondes qui s’ignorent et qui vont à l’occasion se télescoper : restaurateurs / guides / gardiens… les ateliers et techniques de restauration, fascinants. La découverte progressive d’une vieille manie du XIXème siècle qui a consisté à invisibiliser les femmes artistes dont les maris, amants, protecteurs s’attribuent les oeuvres, les transforment. Pourtant le crime est rarement parfait et c’est heureux pour nous lecteurs dans cette histoire qu’ils aient bien malgré eux laissé des traces qui vont resurgir au fil du récit. On aime aussi le sentiment que le Musée accepte enfin d’entrer dans le XXIème siècle avec Lola qui va devenir médiatrice et faire rebondir, feuilletonner l’affaire sur les réseaux, au risque de s’y brûler les ailes. Ce roman c’est aussi en plus de ces découvertes, l’occasion de faire la connaissance d’une superbe galerie de personnages à des âges et des fonctions différentes. Des histoires d’amour qui débutent, s’achèvent, sont impossibles ou trop fragiles qui font aussi que très vite on ne peut plus lâcher ce titre passionnant, à la fois léger et terriblement profond et étonnant. Un excellent roman, particulièrement bien écrit, mêlant histoire, passé, poussière et nouveautés pour entraîner le lecteur d’un chapitre à l’autre à la découverte d’une artiste peintre libre et en avance sur son temps et de tous les avatars liés à sa condition de femme.
On aime beaucoup ce roman, passionnant qui joue sur plusieurs registres, l’art, les femmes et leur place et la vie de ses héros et notamment de Lola qu’on n’oubliera pas de sitôt. A découvrir et faire partager.
Jean-Luc
Ceci n’est pas une romance
Sarah Andrès
Couverture © Le baiser à la dérobée, Frangonard. Reproduction : Bridgeman Images ; graphisme couverture : Laurence Ningre.
Editions Rageot, dès 14 ans, 2 septembre 2026, 16,90 €
Publié dans #Ados #YA, +critique de l'équipe, +critique des lecteurs, +critiques des libraires | Lien permanent | Commentaires (0) |
|
Facebook





ECRIRE UN COMMENTAIRE
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.