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20 octobre 2020

L'année de grâce

La claque de cette fin d'année ! Un roman puissant ! Lumineux malgré la noirceur, dont on sort exsangue et grandi surement ! Magnifique ! Coup de coeur des libraires et des lutins ! ❤️❤️❤️❤️❤️❤️❤️

 

 

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« Celles qui survivront ne sont plus jamais les mêmes » : c’est avec cet exergue sur la couverture que peut s’ouvrir ce roman. C’est une véritable claque que ce livre. On dit souvent qu’il est impossible de lâcher un roman, mais il y a différents niveaux de prise au piège et celui là est très certainement d’un niveau rarement atteint. Dès les premières lignes, on sent que quelque chose va bouger, que quel chose va nous déranger, nous emmener ailleurs. Dès les premiers chapitres, une petite voix vous tient éveillée et vous interdit d’aller ailleurs, de dormir avant d’avoir bu la coupe jusqu’à la lie. Car c’est bien de cela qu’il s’agit avec Tierney et ses soeurs d’âge, celui de l’âge de grâce (quel horrible expression pour une année qui est tout sauf cela) , le lecteur est embarqué dans un tourbillon d’émotion, de révolte. Très vite l’envie d’hurler, de se débattre avec l’héroïne de lui crier de fuir vous prends aux tripes. Fuir, oui mais pour aller où, avec qui, avec quelles conséquences ? 

Car tout dans ce roman puissant et violent hurle contre la condition des femmes, mais aussi celle des hommes de cette société qui pensent que les femmes doivent subir cette monstruosité que doit être l’année de grâce. Mais regardez aussi ce qu’elle inflige à une bonne partie de ses hommes.. est-ce vraiment enviable ? Une société monstrueuse, figée sur ses certitudes, construite sur la violence, le refoulement, la haine, d’où émergent quelques êtres lumineux et différents en partie, comme par miracle. 

Une société qui prend au piège de la pensée, celle qu’on doit avoir, celle qui dicte la bonne morale, celle de la bonne conduite. Mais quelle conduite ? Qui sont ces femmes et ces hommes frustrés qui n’hésitent pas à envoyer leurs enfants vers une mort quasi certaine ? Car ne vous y trompez pas, si certaines reviennent de l’année de grâce, leur état psychologique est tel que la mort peu parfois paraître préférable. 

Ce roman coup de poing décrit une société dans laquelle certains hommes dominent et dictent la bonne parole, la bonne conduite. Une société dans laquelle, des femmes, des mères, complices, brisées par l’année de grâce en partie et la pression sociale, l’éducation avec des oeillères.. dictent à leurs filles ce qu’elles doivent être, des mères, des femmes soumises et obéissantes, des mères de fils de préférence, celles qui ne risquent pas d’être rejetées en dehors de la communauté. Un monde construit sur la contrainte, physique, morale, intellectuelle. Un monde construit sur la rumeur, les braconniers, ceux de l’extérieur, le danger imaginé pour terrifier et garder sous la terreur ceux du dedans. Monde dans lequel la sexualité notamment cachée, bridée, ouvre la porte à tous les excès et les dérives possibles. Un monde dans lequel les femmes, les filles bien évidemment sont sacrifiées de la manière la plus rude. Mais un monde dans lequel une partie des hommes eux mêmes ne sont pas épargnés. Un monde qui engendre la violence en continu, par la rancoeur, la vengeance, la jalousie… qui laisse les sentiments les plus mesquins prendre le dessus. Et pourtant il y a elle, sa force, son éducation en partie différente grâce à son père notamment (un premier grain de sable dans la machine), celui qui l’aime aussi (deuxième grain de sable), celui qu’elle rencontrera … ses soeurs, sa mère si dure… Elle, éduquée, pas comme la majorité des filles qui saura dans ce chaos trouver la force d’aller vers la lumière au risque de sa vie, de celle de tant d’autres pour trouver, créer, engendrer un monde meilleur. Elle qu’on suit le coeur battant, devenu (e) elle le temps d’une lecture. 

 

Un roman bouleversant, de ceux qui résonnent longtemps encore après sa lecture, qui tient éveillé après l’avoir refermé (impossible de s’endormir juste après cela) , et qui malgré sa noirceur reste résolument optimiste, sur la force de l’éducation, sur l’intelligence, ce qu’il y a de meilleur dans l’être humain, féministe jusqu’au bout des pages. La surprise de cette dernière partie de l’année, qu’il faut avoir lu et mettre dans toutes les mains des lectrices mais aussi des lecteurs. Excellent ! 

 

Jean-Luc 

 

 

 

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L’année de grâce

Kim Liggett

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) : Nathalie Peronny 

Editions Casterman Jeunesse, 7 octobre 2020, 19,9 €

Les lettres de Biscotte Mulotte

Ecrire des lettres, le plaisir d'échanger, de l'attente, de la lecture...
Formidable petite Biscotte Mulotte ❤️❤️❤️

 

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C’est une histoire délicieuse à lire à l’école ou à la maison avec les petits qui commencent à apprendre à lire et à écrire. Dans cette histoire à plusieurs voix, il y a celle de la petite souris, une certaine Biscotte Mulotte, et celle des enfants et de leur maîtresse. Au fil des pages découvrez comment ils ont fait connaissance, comme les enfants de la classe, attendez les nouvelles lettres (six enveloppes sont à ouvrir avec une lettre de la petite souris) avec impatience et vibrez au rythme de leur quotidien et de leurs aventures, parfois à hauteur humaine, parfois à hauteur de souris où tout peut rapidement prendre des proportions particulières. Les illustrations de Lili la Baleine sont délicieuses, sur le fond blanc semblent apparaîtront les meubles, les enfants la souris, les décors semblent ainsi plus vivants, plus chaleureux et on s’attache ainsi sur le principal, les héros de l’histoire : très très réussi.  A découvrir pour partager un moment de plaisir avoir envie d’écrire aussi, de s’échanger des petits mots avec un papier et un crayon. 

 

Jean-Luc 

 

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Les lettres de Biscotte Mulotte 

Anne-Marie chapouton

Illustrations : Lili la Baleine

Editions Père Castor, Flammarion Jeunesse, 23 septembre 2020, 13 €

19 octobre 2020

La ville sans vent, tome 1 : romans de vacances

Un premier tome addictif ! Un excellent titre pour bien commencer les vacances ! 
❤️❤️❤️❤️❤️

 

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Une jeune fille perdue dans le brouillard d’un glacier qui sent, entend plus exactement venir vers elle, une étrange créature. Un serpent des glaces, qui en ferait bien son quatre heure, mais qui a aussi la particularité de connaître le passé, le présent et le futur. Elle s’appelle Arka et la petite, le serpent va l’apprendre à ses dépends est coriace. Une ville étonnante, protégée par un dôme, toute puissante en apparence, avec sept niveaux de vie entre lesquels circulent des tortues taxis : Hyperborée. Plus on monte bien évidemment plus l’air y est pur, plus on a de chances de rencontrer des mages plus ou moins puissants, plus ou moins dangereux. C’est l’un d’entre eux le jeun et brillant Lastyanax qui va nous guider dans ce monde en faisant échos à Arka qui bientôt le rejoindra. Dix-neuf ans, brillant, originaire d’un niveau inférieur et pourtant le voici bombardé ministre, dix jours après la mort de son mentor et de son accession au grade de mage avec une note jamais atteinte jusque là. 

Mais quand on vient d’un autre milieu et qu’on doit affronter les monstres du Basileus et l’empereur lui même, rien n’est vraiment simple. D’autant qu’il va se voir affublé d’une apprentie pas bien douée, remuante et dérangeante, la jeune Arka qui a réussi à rejoindre Hyperborée…

Les deux héros se font écho de pages en pages principalement en cédant parfois la place à d’autres personnages. Leur destin et leurs aventures nous font découvrir un monde fou, étonnant, dangereux où les complots et le danger rôdent à chaque canal franchi ou presque, dans lequel les femmes n’accèdent pas au pouvoir et où parfois la vie est un combat  de chaque instant. Un monde attachant avec des héros étonnants, des seconds rôles qui donnent encore plus de reps au récit et Eléonore Devillepoix nous embarque dans un univers foisonnante et étonnant. Ce roman est excellent ! Prenant dès les premières pages, il entraîne le lecteur dans un univers fou, avec une écriture à la fois légère et accrocheuse qui font qu’on a qu’une envie : lire sans s’arrêter jusqu’au bout. Une jolie réussite. 

 

Jean-Luc

 

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La ville sans vent,  tome 1

Eléonore Devillepoix

Illustration de couverture : Guillaume Morellec

Editions Hachette, 3 juin 2020, 18 €

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A suivre : 

 

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Coraline

Coup de coeur pour une version illustrée d'un roman indémodable ! A offrir pour le faire découvrir à la nouvelle génération ! Indispensable !  ❤️❤️❤️❤️

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Le roman de  Neil Gaiman est  de retour en version illustrée. C’est Aurélie Neyret  qui donne vie à une Coralie plus jeune fille que jamais avec des décors étranges, une plongée dans l’atmosphère du roman très réussie, qui nous ouvre vers de nouveaux horizons. L’occasion d’offrir un très beau roman illustré avec les couleurs, les émotions de l’illustratrice qui donne vie à nos peurs et les illusions nées de la lecture et bien évidemment de faire découvrir à une nouvelle génération de lecteurs : un roman absolument fantastique. 

Chronique du roman : « Coraline vient d'emménager dans une étrange maison et comme ses parents n'ont pas le temps de s'occuper d'elle, elle décide de jouer les exploratrices. Ouvrant une porte condamnée, elle pénètre dans un appartement identique au sien. Identique, et pourtant ... ».

 

Difficile de résumer davantage ce petit livre de quelques 150 pages sans en déflorer les mystères et réduire le plaisir de sa lecture à néant.

Sachez cependant que vous n'aurez qu'une envie : le terminer, pour savoir et pour (peut être) calmer l'angoisse, l'inquiétude qui monte au fil des pages. Du grand art pour un roman fantastique dont vous oublierez certains détails au fil du temps mais pas la chair de poule qui vous aura saisi au détour d'un chapitre ni  l'inquiétude au grincement d'un porte ou d'une lame de parquet dans votre appartement.

Une sensation durable. Un grand roman, véritable petit bijou, Coraline est indispensable à chaque lecteur feru de fantastique et à toute bonne bibliothèque.

On retrouve à la fin de l’ouvrage les mots de l’auteur sur ce roman et sa création et ceux de l’illustratrice : génial ! 

 

 

Jean-Luc 

 

 

 

 

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Coraline 

Neil Gaiman
Traduit de l'anglais (américain) par Hélène Colon

Illustré par Aurélie Neyret

Editions Albin Michel jeunesse, 30 septembre 2020, 19,9 €

La bande à Billy

Des libraires hilares, un petit livre insolent ❤️❤️❤️

 

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Une histoire hilarante coup de coeur des libraires, avec notre Billy qui ne rêve que d’être tranquille. Mais, un chien, des cow-boys, des bandits, un papoose, les soeurs RamDam … tous le suivent parce qu’il est le chef ! 

Quelle bande de boulets. Billy lui ne rêve que d’être seul, TRANQUILLE. Mais du coup quand on est chef , on a parfois des idées lumineuse, surtout lorsqu’il s’agit de dévorer son gouter seul et sans partager. Pas sympa ? Pfff le goûter c’est sacré et puis il a été gentil il leur a proposé d’aller se baigner. Drôle et croqué avec bonheur par  Ronan Badel. 

 

jean-Luc

 

La bande à Billy  

Françoise de Guibert

Illustrations : Ronan Badel 

Editions Thierry Magnier, 9 septembre 2020, 12,5 €

 

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Chatchat, le chat du chien

Coup de coeur pour le nouvel album de Mélanie Rutten 
❤️❤️❤️❤️❤️ 

 

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 Retrouver  Mélanie Rutten  est toujours un bonheur. Un petit chat boudeur et contrariant. Un grand chien amical et plein d’attention et c’est parti pour une promenade pas comme les autres. Au fil des pages, le petit chat va finir par se dérider, découvrir de belles choses et un papillon de nuit de toute beauté. Il finit par accepter de jouer, rêve de quand il sera grand et s’inquiète soudain de savoir si le chien l’aimera toujours, avant de se réconforter des mots et des gâteaux au miel de ce dernier. 

Cet un joli album que nous propose l’autrice, plein de douceur et de rêve. Il parlera à nos petits bouts, ceux qui veulent grandir mais qui quelque part dans un petit coin de leur tête ont un tout petit peu peur et si… à vous de les rassurer en leur lisant soir après soir cette belle histoire pour leur dire que vous lez aimez et que ce sera toujours le cas. 

 

Jean-Luc 

 

 

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Chatchat, le chat du chien  

Mélanie Rutten

Editions MeMo, 17 septembre 2020, 16 €

Nina et le petit chat perdu

Une petite douceur de saison que vous retrouverez sur les tables de la librairie en bonne place ! ❤️❤️

 

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 Cette jolie histoire est toute de noir, de blanc de gris et d’orange vêtue. Un petit concentré de saison pour profiter de l’amour inconditionnel entre un chat et sa petite maîtresse, leur rencontre avec un chaton turbulent, perdu, propriété d’une bien étrange personne. 

C’est doux, frais, on aimes l’ambiance, les illustrations qui mènent jusque’au mystère final avec parfois des découpes qui s’ouvrent dans les pages et nous entraînent encore plus loin. 

Un très bel album pour les tout petits, un moment de plaisir, de douceur, de quoi donner des envies de balades dans la forêt pour jouer avec les premières feuilles qui tombent. Délicieux 

 

Jean-Luc 

 

 

 

Nina et le petit chat perdu  

Nicola Killen

Editions Quatre Fleuves, 14 octobre 2020, 12,9 €

Le talisman du loup

Un album coup de coeur, splendide visuellement mais aussi par sa lecture. une histoire de rencontre, de solitude, d'amitié indéfectible ! Un magnifique album ❤️❤️❤️❤️

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Elle est douce  cette petite mélodie triste et entêtante qui souffle sur cet album. Une forêt loin du monde et de sa fureur, et  en son coeur un loup, noir immense, aux yeux mordorés et une cabane dans laquelle vivent un vieil homme malade et sa fille. C’est elle qui chante et qui envoûte le loup. Mais un jour les chants cessent, plus rien ne bouge, le loup attend, triste, presque craintif. En s’approchant il comprend que le vieil homme est mort. Mais de sa gueule ne sortent que des grognements. Alors, comment la rassurer et la ramener à la vie. C’est par hasard (vraiment ? ) en voulant croquer un lapin qui se transforme en magicien et pour le remercier de l’avoir épargné lui propose une solution. Cette solution vous le verrez, après l’avoir cherché loin, si loin au mépris du danger apportera le retour des chants et …

Découvrez cette histoire splendide qu’on suit comme hypnotisés et fascinés par les mots, envoutés que vous serez également par les illustrations de toute beauté de Julia Sardà qui par leur lumière, leurs couleurs et les détails qui s’en échappent rendent le livre précieux encore davantage en créant au-delà de la forêt un écrin protecteur. Magique ! 

 

Jean-Luc

 

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Le talisman du loup  

Myriam Dhaman, Nicolas Digard

Illustrations : Julia Sardà
Editions Gallimard jeunesse, 8 octobre 2020, 14,90 €

Les Croix de bois : romans / bd de vacances

Le mois de novembre approche avec le souvenir du 11 novembre 1918 et celui de la fin de la Première Guerre mondiale. A lire et relire le roman exceptionnel de Roland Dorgelès et à découvrir pour l'occasion la superbe version en bande dessinée aux éditions Albin Michel ! 
Belles lectures 


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Pourquoi s’être engagé alors qu’il était deux fois réformé ?  Les lettres à son amour qui un jour s’espacent et n’ont plus de réponses au point de le désespérer lui qui s’accrochait à elles, à elle ; Les colis, les tranchées, la mort des amis, celle d’Alain Fournier qui a manqué le Goncourt l’année d’avant au détour d’une page et ces pages entre noir et ocre d’où émergent des hommes hagards qui foncent, meurent, tombent aux côtés de leurs compagnons. Le retour à l’arrière comme quelque chose d’irréel, d’un autre monde et puis toujours repartir. Croiser Albin Michel qui lui prend son livre sans l’avoir lu de prime abord, manquer la Goncourt face à une certain Marcel Proust et avoir le prix Fémina en 1919, la vie qui déborde toujours insolente alors que ces hommes se battent meurent et disparaissent dans les tranchées. 

Véritable coup de poing, ce récit emporte, prend aux tripes toujours et encore si longtemps après, comme si on plongeait en direct avec l’auteur dans la guerre, dans l’incompréhension qui se tisse avec l’arrière, dans la peur de mourir, le courage, le désespoir. 

Le travail de Facundo Percio  est surprenant, magnifique et vivant, il accompagne de la plus belle des manières, l’histoire, sa reprise par le scénario de JD Morvan,  chaque dessin montre la vie qui lutte, la mort qui rôde, des vignettes viennent s’interposer entre les récits… Totalement prenant, totalement réussi. Une grande bande dessinée, qui vient poursuivre le chemin entrepris par Roland Dorgelès,  témoigner de la guerre, de sa cruauté et de sa monstruosité. On aime ! 

 

Jean-Luc 

 

Les Croix de bois
Dessin et couleurs Facundo Percio
Scénario JD Morvan, d'après le roman de Roland Dorgelès
Editions Albin Michel, 9 septembre 2020, 19,90 €

 

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Le Comte de Monte Cristo : romans de vacances

Et si  vous  revisitiez vos classiques pendant  les  vacances  ? Un petit Dumas pour bien commencer  ? ❤️❤️❤️❤️❤️❤️ En plusieurs versions ! Romans poches, différentes  éditions, illustré et manga !

Belles lectures  

 

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Nouvelle Sparte : romans de vacances

Il est de retour depuis quelques jours dans la collection Pôle Fiction. A vous de choisir entre le grand format et le poche. L'histoire elle est toujours aussi réussie : un grand roman du grand Erik L'Homme

 

Un énorme coup de coeur ! Un roman exceptionnel ! Formidable ! 

 

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Un monde d’avant, balayé il y a plus de deux siècles, ce qui reste de l’humanité s’est resserré sur l’Occidie, la Fédération et le Darislam principalement.

La Fédération c’est Nouvelle-Sparte : un lieu étrange entre modernité absolue (des prodiges de technologies à faire pâlir de jalousie le plus geek d’entre nous !) et le retour des grands dieux olympiens et de leur temple. Un monde entre la science fiction et la sagesse des anciens et une éducation très particulière, sévère, poussée, exigeante, un mélange de Sparte et d’Athènes.

C’est par ce monde en communion étroite avec la nature que nous faisons connaissance de Valère, Alexia, Dryss et Skelios.

Au moment où nous les découvrons ils sont en pleine mutation au moment où ils passent par un rite initiatique particulier dans le monde des adultes (filles et garçons à égalité). Nouvelle-Sparte un monde presque parfait, envié de ses dangereux voisins ? Et pourtant l’ambiance se dégrade avec une série d’attentats qui viennent endeuiller la communauté. Valère fils d’un fédéré et d’une occidienne ayant décidé de fuir son monde par amour notamment il y a bien longtemps va devenir le centre d’intérêt de la communauté. C’est à lui que les plus hauts dirigeant ont décidé de confier une mission d’espionnage de la plus haute importance en Occidie, envoyé dans sa famille maternelle chez son oncle Carl !

Pourtant rien ne se passera comme prévu et l’auteur va mettre nos nerfs à rude épreuve jusqu’au final.

Un roman d’Erik L’Homme est toujours un événement. Bien évidemment repéré et mis en avant au moment des fêtes, il est temps de vous donner notre avis. Plus mature, plus complexe et destiné à son public qui grandit, ce nouvel opus nous montre combien la palette de l’auteur est grande et talentueuse. Son jeu avec la langue qui est en partie bouleversée dans ses règles classiques de fonctionnement nous plonge de fait dans son univers, nous faisant perdre une partie de nos chaines et de nos habitudes, nous permettant de savourer pleinement et de nous immerger totalement dans ce nouvel univers.

Le travail sur la pensée, le passage à l’âge adulte, la sagesse, l’importance des livres, de la culture est un fil rouge vivace qui ravira les lecteurs quelque soit leur âge.

Tout fonctionne dans ce roman puissant, nerveux et profond à la fois. Les mondes nouveaux, les personnages absolument fantastiques, les lieux, les situations… un magnifique roman qui tout en nous permettant de nous évader nous fait réfléchir en renvoyant en écho sur le climat, la démocratie, la corruption du pouvoir, l’argent… notre monde qui semble parfois perdre ses repères.

Totalement bluffant ce superbe roman, intelligent et écrit avec une maestria peu commune est à mettre entre toutes les mains et tous les esprits curieux. Magnifique !

 

Jean-Luc

 

 

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Nouvelle-Sparte

Erik L'Homme

Illustrateur de couverture : Antonin Faure

Editions Gallimard Jeunesse, 2 novembre 2017, 13,5 €

pôle fiction, 1/ 10 / 2020, 6,90 €

La Passe-miroir : romans de vacances

Un coffret exceptionnel pour les fans absolus de la série sur lequel nous attirons votre attention, puisque plus un cadeau pour les fêtes de fin d'année, mais qui sait,
certains petits gâtés auront le privilège de l'avoir avant ! 

Le travail sur les couvertures et le livret spécial en valent la peine.
Et la série de romans est géniale 

 

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Au-delà de cette parution exceptionnelle, vous pouvez retrouver les romans en grand format et aussi en poche chez le même éditeur. Ne pas se priver d'une réelle très bonne série.

 

 

La Passe-miroir : quatre tomes 
+ livret spécial
Christel Dabos
Editions Gallimard Jeunesse, 15 octobre 2020, 80 €

12 octobre 2020

Les oiseaux ont un roi

Ah, être  roi ... et si ce n'était pas  si évident que cela ! 

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 Un nouveau Dedieu  est toujours un plaisir. A chaque nouvel album, ce diable d’homme sait emmener nos petits bouts là où ne l’attend pas forcément. Ici une superbe couverture avec un perroquet à l’oeil morne semblant écrasé sous le poids de sa couronne royale. 

Il est le roi des oiseaux. C’est sans compter l’arrivée d’un insolent qui va dans un premier temps bouleverser les codes de la cours royale et particulièrement insolent ce pinson, tutoyer sa royale majesté et lui poser des questions de plus en plus dérangeante. 

Au fil des pages, on sent bien que le roi est d’abord mécontent, puis déstabilisé par ces questions qui ont un peu trop tendance à montrer la vacuité de son monde et sa triste solitude. Celui qui se croit roi et pense avoir des serviteurs à sa botte n’est en fait qu’un pauvre oiseau en cage nourrit et nettoyé à heures fixes. 

Mais l’insolent pinson n’en finit pas de venir, de revenir, d’agacer sa majesté et de le perturber dans ses certitudes. Un jour il passe par les barreaux, un autre il ouvre la porte de la cage. Au final il va proposer à sa majesté d’être libre et de découvrir le vrai monde : l’oiseau en cage, prisonnier de sa couronne, de son confort et de ses certitudes osera-il franchir le seuil et prendre son envol ? 

Un album superbe, étonnant ce que cet auteur et illustrateur peut faire au niveau illustrations avec juste un perchoir doré, une tasse pleine d’eau et deux oiseaux. Il invite les jeunes lecteurs à se poser des questions sur le pouvoir, sa représentation, mais aussi son poids et sa perte de contact avec la réalité et le terrain (et le pauvre roi en prend pour son grade, vous pouvez compter sur le pinson). Un album superbe, à lire avec des Loulous déjà grands qui pourront le lire avec vous, et prendre le parti de l’un ou de l’autre ou le lire tout seul et revenir vous bombarder de questions. Excellent ! 

 

Jean-Luc

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Illustrations © le Seuil jeunesse. Tous droits réservés.

 

 

 

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Les oiseaux ont un roi 

Dedieu

Editions du Seuil jeunesse, 24 septembre 2020, 14,5 €

Milo l’ours polaire

Un ours pas comme les autres. Certains que  vous allez l'adopter

 

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 Sur la banquise les ours polaires passent leur temps à se battre et aiment la bagarre dit l’histoire. Tous, sauf un, Milo qui lui déteste la violence et préfère protéger ses chouchous, les blanchons. Un jour un paquebot brise la glace en silence et lorsque l’équipage descend, il s’intéresse d’un peu trop près aux blanchons (et pas pour leur brosser le pelage dans le sens du poil, si vous voyez ce que je veux dire). Du coup notre Milo qui ne s’est jamais battu pique une colère monstrueuse et étend les humains présomptueux, au plus grand plaisir de Din Kong un promoteur de boxe toujours à la recherche de nouvelles stars. Milo signe un contrat, se retrouve embarqué sur le navire et le voilà parti pour New York pour le plus grand combat du moment contre un morse… 

Laurent Souillé  propose à nos jeunes amis une drôle d’histoire avec des niveaux de lecture différents. On peut s’amuser, se réjouir de cet ours formidable qui ne mange pas les petits phoques, prône la non violence … mais en filigrane derrière se trouve aussi une dénonciation de la violence, des combats d’animaux, de leur captivité … L’illustratrice  Juliette Lagrange  au coup de patte si particulier saura vous transporter de la banquise à la grosse pomme et vous dépayser sans coup férir. 

Un album malin, sensible qui raconte une belle histoire avec des héros positifs et attachants. 

 

Jean-Luc 

 

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Milo l’ours polaire 

Laurent Souillé

Illustrations : Juliette Lagrange

Editions Kaleidoscope, 16 septembre 2020, 13,5 €

Lecture de vacances de la Toussaint : Les Aventures involontaires des Soeurs Mouais – Hissez haut !

Pour fêter leurs cinq ans, les éditions Little Urban lancent une série de romans pour les 9 12. ans et c'est particulièrement réussi ! Voici le premier tome d'une trilogie prometteuse, drôle et bien menée ! ❤️❤️❤️❤️ et bientôt d'autres univers et d'autres aventures. 

 

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Deux jumelles dont les parents sont partis un jour en voyage et qui ne sont jamais revenus. Les ont-ils abandonnés ? Les filles se sont organisées se nourrissant de sandwich au fromage payés par les chaussettes qu’elles raccommodent pour le voisinage. Une petite vie bien tranquille pour Aubépine qui s’habille en gris et Clémentine en marron.

Et puis un jour, se produisit quelque chose qui ne s’était jamais produit, on frappa à leur porte. Stupeur, que faire ? Jamais elles n’avaient ouvert à qui que se soit , toute leur petite vie s’était repliée sur la maison, comme figée dans l’attente, au point qu’elles n’avaient jamais relevé le courrier non plus. Les filles pèsent le pour et le contre et décident contre toute attente et surtout contre toute prudence d’ouvrir. Elles se retrouvent face à une femme pirate qui très vite va les piéger et les enlever. Commencent alors des aventures sur le bateau de cet équipage de pirates très particulier puisqu’il est constitué uniquement de femmes.

A bord, elles vont être traitées à la dure, sans être maltraitées, se jouer des pirates en modifiant progressivement la direction du bateau, obtenir des nouvelles de leurs parents, se faire même une ou deux amies en utilisant les tensions entre les femmes du bord. Car les deux jumelles sont pleines de ressources et si dans leurs poches se cache un livre et quelques objets en apparence désuets, ils seront bien utiles comme par exemple fabriquer une boussole de fortune.

Ce premier tome annoncé d’une trilogie est un petit bonheur de lecture. C’est. frais, avec un humour très particulier,  les héroïnes attachantes dès les premières pages, les personnages secondaires absolument irrésistibles et l’autrice construit tout un univers aventureux et étonnant qui plaira aux lecteurs notamment à la tranche d’âge à laquelle ils sont destinés, entre 9 et 12 ans et bien plus encore. On aime l’histoire ; le fait qu’elle soit au féminin avec des héroïnes qui ne servent pas de faire valoir aux hommes pour une fois ;  les protagonistes et leurs  aventures, ; on aime le format et sa couverture cartonnée et illustrée avec bonheur ;  on aime la typographie, la construction du texte et sa mise en page. Une vraie réussite pour l’un des premiers romans de cette nouvelle collection créée à l’occasion des cinq ans de la maison d’édition Little-Urban. Un pari réussi et on attend avec impatience la suite des aventures des Soeurs Mouais.

 

 

Jean-Luc

 

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Les Aventures involontaires des  Soeurs Mouais – Hissez haut !

Kara Lareau

Illustré par : Jen Hill

Traduit de l’anglais (américain) : Rosalind Elland-Goldsmith

Editions Lillte-Urban, 3 juillet 2020, 12, 9 €

Lecture de vacances de la Toussaint : Lire est dangereux (pour les préjugés)

Un roman fort sur la liberté d'expression, le courage face à la censure et la résistance nécessaire
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Ne vous fiez pas aux apparences et débarrassez vous de vos préjugés ! Ce n’est pas un énième roman sur un lycée américain  et sur les ados d’outre atlantique. Non c’est bien plus que cela. Dans un lycée d’une petite ville étasunienne, alors que la rentrée se profile pour sa dernière année, Clara, qui aide le bibliothécaire,  découvre un mail dont elle n’aurait pas du avoir connaissance. Le cadre est posé. A partir de là plus rien ne sera comme avant. Le message sensé être confidentiel annonce au personnel de ce lycée privé que désormais une bonne cinquantaine de romans seront interdits et donc retirés des rayons de la bibliothèque. Très vite la jeune fille et son bibliothécaire qui doit obéir vont essayer de trouver une solution pour contourner cette décision. Elle va décider d’organiser la résistance et peu à peu distribuer contre vent et marrée les livres interdits. Vous découvrirez le coeur de l’intrigue et au fil des pages se tissent des liens forts et puissants entre les différents protagonistes. Clara est notre poisson pilote dans cette société et va affronter le proviseur du lycée, gérer une future inscription dans une université prestigieuse… Cet étrange ce que ce genre de décision peut provoquer comme révélateur des personnalités et du courage des uns et des autres. L’auteur nous parle d’intolérance rampante, d’exclusion, d’homophonie destructrice et du risque qu’on prend à laisser petit à petit les esprits étroits et sclérosés prendre le pouvoir et imposer grâce à leur argent, leur idéologie étriquée et dangereuse. Tout peut y passer. Aussi quand des voix comme celles de Clara, de son bibliothécaire, de sa professeure de littérature anglaise s’élèvent, elles font barrage à l’intolérance et à l’obscurantisme. Le roman nous montre aussi qu’il faut du courage pour s’opposer et que différentes voies peuvent se présenter pour faire reculer ces esprits chagrins et sauver des vies parfois rongées par le doute et la violence de ces pratiques.

Ce roman est passionnant. Il nous parle d’intolérance, d’espoir, de luttes et du pouvoir des mots et des livres ces petites choses si dangereuses qui sont la hantises des ennemis de la liberté d’expression et de vivre. Une héroïne et ses amis attachants et complexes ; une histoire qui joue sur les préjugés et les dangers de la censure, un vrai plaisir de lecture à découvrir sans hésiter.

 

Jean-Luc

 

 

 

 

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Lire est dangereux (pour les  préjugés)

Dave Connis

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) : Leslis Damant-Jeandel

Editions. Milan jeunesse, 12 août 2020,  15, 9 €

Lecture de vacances de la Toussaint : Mytho story

Retrouvez le mythe d'Ariane et du Minotaure. Mais dans notre monde !
Un roman dynamique et étonnant, parfait  pour de futures vacances  ! ❤️❤️❤️

 

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Emily Roberson offre à la nouvelle génération une plongée en mythologie avec la revisite du mythe du Minotaure. Après avoir été vaincue Athènes doit envoyer tous les ans des jeunes gens pour affronter le monstre dans le labyrinthe. Or depuis si longtemps le résultat est le même. Malgré la bravoure et / ou l’inconscience des candidats, la fin est écrite : s’ils ne meurent pas dans les pièges de Dédale, l’architecte concepteur du labyrinthe, c’est le Minoraure qui s’en charge. C’est par les yeux et la bouche d’Ariane l’une des filles du roi de Crète que nous allons relire l’histoire. Car l’autrice a eu la bonne idée de remettre tous les protagonistes dans notre monde contemporain. Les filles de Minos et leur mère font la une des réseaux sociaux et des télé-réalités rappelant des familles de starlettes américaines célèbres. Seule Ariane semble échapper à cette folie, protégée par son père. Pourtant elle est quand même celle qui escorte ceux qui vont affronter son frère Astérion, le Minotaure avec qui elle a une relation très particulière. On redécouvre donc au fil de cette aventure, qui utilise notre monde et s’inspire aussi des Hunger Games,  l’histoire d’Ariane, sa rencontre avec Thésée… Mais l’autrice y a également mis sa patte en renforçant coups bas et trahisons. Les dieux semblent bien lointains dans le roman, parfois évoqués. L’essentiel se concentre sur cette dernière confrontation entre les jeunes Athéniens qui à la surprise générale, dans le roman, vont être représentés par le prince d’Athènes Thésée et sur la relation qu’il va tisser avec Ariane.

Trahison, espionnage permanent (le palais de Minos est truffé de caméras…), souffrance liées à cette histoire hallucinante, violence renforcée par les réseaux et la nécessité,  la volonté de toujours faire plus de buzz, Icare et Dédale devenus producteurs et spécialistes des médias…

En plongeant cette histoire millénaire dans notre société contemporaine, l’autrice en fait un mythe très actuel et très crédible. C’est un réussite à découvrir avec grand plaisir.

 

Jean-Luc

 

 

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Mytho story

Emily Roberson

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) : Antoine Pinchot

Editions PKJ, 20 août 2020, 17,9 €