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01 septembre 2009

Les héros de la Vallée

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Jonathan Stroud
Traduit de l'anglais par Hélène Collon
Editions Albin Michel, Collection Wiz, 2 septembre 2009, 17€


« Prêtez-moi l'oreille et je vous conterai à nouveau la bataille du Roc. Mais cessez de vous tortiller ainsi ou je m'arrête avant même d'avoir commencé. »


Comme beaucoup de garçons turbulents de la vallée, Halli le héros de ce roman aime à entendre les exploits de son héros d'ancêtre Svein. Pourtant, du haut de ses quatorze ans, la vie réelle lui semble bien fade. En effet, il est loin le temps des faits héroïques et des prises de risques contre les redoutables Trâles, ces monstres sanguinaires, assoiffés de sang humain.

Désormais, la vallée est bien organisée entre les différentes maisonnées, issues des héros d'origine. Chaque groupe est dirigé par un conciliateur, ici Arnkel le père d'Halli et d'un ou d'une légifère comme sa mère Astrid.
La vie est rude dans cette vallée où vivent ces communautés, protégées par le mur aux Trâles et les cairns protecteurs des ancêtres.

Ainsi, Halli a bien du mal à rentrer dans le moule qu'on lui destine, tout comme son amie Aud Arnesson : comment échapper à un destin de dernier de la famille et à celui de seule fille destinée à un mariage arrangé ?

Suivez Halli de voyages en voyages, de découvertes en découvertes. Cette saga scandinave nous entraine dans un monde où le code de l'honneur est omniprésent, les traditions lourdes à porter. Mais les héros sont-ils vraiment ce qu'en racontent les légendes ?

Un roman haletant, dont le rythme s'accélère peu à peu pour arriver vous le découvrirez à un final ébouriffant. Jonathan Stroud a su se renouveler et nous faire oublier Barthiméus son héros précédent. Il nous livre ici l'un des meilleurs romans jeunesse de l'année et certainement le meilleur de la rentrée.  Dense, formidablement bien écrit, vous devriez tout arrêter pour vous consacrer à la lecture des Héros de la vallée.

 

Jean-Luc Clerc

 

 

 

28 août 2009

Les vampires de Manhattan (Tome 3) Sang-d'Argent

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Melissa de la Cruz
Traduit de l'anglais (américain) par Valérie Le Plouhinec
Editions Albin Michel, Collection WIZ, juin 2009, 13€50

 

Ce troisième tome de la série permet de retrouver tous les protagonistes : Mimi et Jack Force les jumeaux ; Théodora, Oliver, Bliss, Jordan...

Les héros poursuivent leur évolution mais également certains vampires disparus font leur retour.

Cette troisième partie permet à Melissa de la Cruz d'approfondir encore ses personnages, la trame de son histoire s'est encore densifiée et le mystère de savoir qui est dans quel camp, celui des Sang bleus ou celui des traîtres des Sang-d'Argent, est particulièrement difficile à démêler.

Toujours aussi brillant, ce troisième opus ne vous décevra pas : il mêle avec brio les histoires passées et présentes. Amour, intrigues, pouvoirs qui se révèlent peu à peu.

Très bien construit, très bien écrit, mêlant légèreté apparente comme au début de la série et profondeur des sentiments de l'histoire, ce récit est une fois de plus une réussite.

L'accélération du récit dans les derniers chapitres est foudroyante, vous y perdrez tous vos repères, tout va basculer.

Inutile de vous le conter en détail, sachez simplement que vous y retrouverez tout le plaisir des tomes précédents.

Et puis l'histoire est-elle réellement terminée ?

 

Les lycéens et lycéennes se l'arrachent : ils ont bien raison.

 

 

Jean-Luc Clerc

L'étrange vie de Nobody Owens

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Neil Gaiman
Traduit de l'anglais (américain)par Valérie Le Plouhinec
Editions Albin Michel, Collection WIZ, mars 2009, 13€50


Nobody Owens est un garçon. Un enfant particulier qui grandit dans un cimetière entouré d’une famille, d’amis de protecteurs d’un monde normal ou presque puisqu’ils sont tous morts. Mais le cimetière est un endroit presque sûr pour Bod, car le danger est ailleurs, dehors au-delà des grilles, là où le Jack , le meurtrier de sa famille, l’attend.

 

L’étrange vie de Nobody Owens commence comme un fait divers sinistre. Mais comme le petit garçon qui franchit les grilles du cimetière, Neil Gaiman nous prend par la main et nous entraîne dans un monde de douceur et d’étrange.

A partir de là tout s’enchaîne naturellement dans ce monde merveilleux. Le monde des morts est comme le nôtre avec ses propres règles ses codes (chaque personnage est identifié par sa pierre tombale et peut s’identifier par ses nom, prénom, date de naissance et mort, et son épitaphe…) Chaque habitant du cimetière a son histoire, sa pierre à apporter au récit. On pourrait parler aussi des créatures fabuleuses néfastes ou bienveillantes ; de la vie qui n’est jamais bien loin comme lorsque Scarlett déboule dans l’histoire telle une tache de couleur dans la brume grise de Bod.

Neil Gaiman tisse sa toile patiemment, pas de soubresauts dans cette histoire, mais vous êtes pris, portés dès les premières lignes jamais vous ne lâcherez cette histoire.

Moins incisif, moins inquiétant que Coraline, l’étrange vie de Nobody Owens inspiré par le petit garçon de l’auteur est un livre formidable qui oscille entre le monde des morts et la vie toujours présente, toujours plus forte. De plus l’ouvrage est joliment illustré par Dave McKean,(illustrations qui rappellent le dessinateur américain Ted Naifeth en plus doux , plus rond là encore)

Magique !

 

Jean-Luc Clerc