03 septembre 2009
La longue marche des dindes
Kathleen Karr
Traduction Hélène Misserly
Ecole des Loisirs, coll. Neuf - 9 €
Dans l'Amérique du XIXe siècle, Simon Green, garçon un peu naïf d'une dizaine d'années, va tenter de faire fortune en achetant des dindes qu'il pourra revendre vingt fois plus cher de l'autre côté du pays, à Denver.
Avec son compagnon de route Bidwell Peece, un vieillard du village, son chien Emmett et ses mille dindes, Simon nous embarque avec lui dans une traversée des Etats-Unis rocambolesque à l'allure d'un Western. On va du Missouri jusqu'en Utah en passant par le Kansas, des paysages du désert à celui des montagnes.
Rencontres étonnantes, moments tendres, parfois difficiles mais souvent drôles, Kathleen Karr nous offre un roman d'aventures irrésistible.
Amandine Gaudry
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A la bonne étoile (livre-CD)
Constance Amiot (composition et chanson)
conté par Sanseverino, illustrations de Candice Hayat
Actes Sud Junior. Coll. Toto ou Tartare. 23 €
L'excellente collection de livres-CD « Toto ou Tartare » a publié un nouveau conte musical intitulé « A la bonne étoile ». Puisant dans le label « tôt ou tard » de la chanson française contemporaine, nous retrouvons pour chaque titre un chanteur, un narrateur et un illustrateur différent, avec des artistes tels que Da Silva, Frank Monnet ou Françoiz Breut. L'alternance de la narration coupée de chansons permet de varier le rythme,de respirer dans l'histoire et d'appuyer un point de l'histoire par une chanson.
« A la bonne étoile » écrite, chantée et composée par Constance Amiot nous présente l'histoire de Turbo l'escargot. Celui-ci pense être le plus lent de la Terre car il perd toujours à la course. Tandis qu'il rentre chez lui désespéré, Kissifrotte le hérisson lui fait malencontreusement un « croche-coquille » et découvre l'état de son ami. Il lui conseille alors de rendre visite à Oscar le vieil escargot voyageur. Turbo va rencontrer Oscar et apprendre à avoir « confiance en sa bonne étoile ».
Rien ne sert de courir, il faut être confiant. Candice Hayat illustre l'histoire de façon drôle et poétique ; la talentueuse voix de conteur de Sanseverino (on se rappelle du DVD de U Solotareff à l'Ecole des loisirs) alterne avec la voix très douce de Constance Amiot. Ainsi, cet ouvrage est une réussite aussi bien de par la qualité du CD que par celle du livre lui-même. A découvrir !
Claire Bretin
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Sandra Poirot-Chérif de A à Z
En février dernier, Sandra Poirot Chérif a accepté de rejoindre notre librairie pour vous dédicacer ses albums, notamment son dernier paru chez Rue du Monde, L'Abécédaire des amoureux. Ce fut une belle rencontre qui méritait d'être partagée. Pour vous présenter Sandra à l'image de son livre, je lui ai proposé de construire ensemble un abécédaire. C'est avec plaisir (plaisir partagé!) qu'elle a accepté de rebondir sur des mots que je lui ai suggérés et de dévoiler un peu de sa vie. À vous de la découvrir...
Claire Bretin
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01 septembre 2009
Deux Pouces et Demi
Thomas Lavachery
Editions Bayard Jeunesse, Collection Millezime, Juin 2009, 9€90
Un homme dont on ne sait rien ou presque, rentre chez lui après un lointain voyage avec, dans ses bagages, deux visiteurs indésirables et mystérieux : des frelons asiatiques. Il revient dans sa maison de Bruxelles, qui date des années 1570. Bien évidemment, il ne reste rien ou presque de cette époque, enfin c'est ce que l'on pourrait croire.
En effet, trois petites créatures étranges, hautes de deux pouces (un peu plus de cinq centimètres) grises de la tête aux pieds... habitent elles aussi cette maison. Et l'arrivée des frelons va troubler leur quotidien bicentenaire au point de les forcer à aller trouver une ancienne connaissance isolée dans les sous-sols de la maison depuis bien longtemps : Gilles.
A partir de là, vous allez plonger avec délice au XVIIIème siècle avec le peintre Emmanuel Denef, peintre talentueux mais particulièrement laid et malheureux qui se désespère de trouver une épouse aimante et ne veut pas lui imposer sa laideur. Le brave homme cultivé, féru d'alchimie va alors se lancer dans une quête des plus troublantes, réaliser un rêve impossible : comme il ne peut se marier, il aura un enfant mais pas n'importe lequel : un homoncule.
Ses connaissances en alchimie sont cependant bien maigres et il ne pourra créer que des ombres, les petites créatures rencontrées au début du roman.
Il part alors en Italie à Urbino pour rencontrer l'homme de la dernière chance, un vieil alchimiste irascible : Guido Spaziano.
De leur rencontre va naître un être merveilleux et brillant qui survivra à ses créateurs et terminera l'histoire au XXème siècle pour notre plus grand plaisir. Les derniers chapitres ouvrent sur une fin originale et difficilement imaginable : un réel plaisir.
Je l'avoue, depuis Bjorn le Morphir, je suis un fan absolu de Thomas Lavachery et c'est avec une attente immense et un grand plaisir que je me suis jeté sur son nouveau roman. Alors ? Allait-il être à la hauteur de nos attentes ? Et bien oui, très vite dès les premières lignes, vous vous laisserez emporter par l'histoire et n'aurez qu'une envie : dévorer le roman d'une seule traite. Rompant avec la saga du Morphir, Thomas Lavachery nous entraîne cette fois-ci dans le monde de l'alchimie, avec un roman qui donne de nouveau la part belle aux sentiments et à la description de ses personnages.
Un court roman de quelques 172 pages, un réel plaisir de lecture.
Jean-Luc Clerc
Apolline et le chat masqué
Chris Riddell
Traduit de l'anglais par Amélie Sarn
Editions Milan Jeunesse, mai 2008, 11€
« Des chiens d'appartement disparaissent sans laisser de traces. Bizarre, bizarre...Qu'est-il arrivé à ces adorables toutous ? Apolline et monsieur Munroe sont sur une piste. Mais chut !... Ils ne doivent pas être repérés. »
Vous ne connaissez pas Chris Riddell ? Mais qu'avez vous donc lu ces dix dernières années ? Il est l'un des auteurs anglais parmi les plus prolifiques et tant mieux. Avec son compère Paul Stewart, il a coécrit Edgar Destoits, Les chroniques du marais qui pue, Les chroniques du bout du monde, ou Les aventuriers du très très loin.
Il avance ici en solitaire et nous offre un petit roman plein de douceur, d'étrange, à l'imagination débordante sous prétexte d'une enquête.
Car Apolline Brun est une jeune demoiselle épatante qui vit dans un monde étrange. Seule, la plupart du temps, puisque ses parents sont quasiment toujours absents car ils appartiennent à la société des collectionneurs itinérants. Ces cartes toujours savoureuses et pleines de loufoquerie sont d'ailleurs toujours le moyen pour eux de garder le lien avec leur fille et surtout de façon très étrange de devancer une partie de ses faits et gestes.
Dans cet épisode, la jeune fille qui est également très entourée avec une armée de serviteurs en tout genre, s'ennuie et va partir à l'aventure à cause de la disparition de chiens de richissimes propriétaires (et quelles propriétaires : jetez un œil sur leur allure, vous ne serez pas déçu)
Ce tome I est une excellente surprise : l'histoire sur le mode de l'humour (vous risquez fort d'hurler de rire en découvrant l'affiche de la disparition de Rupert Pom-Pom Queue-Touffue) allie l'enquête à l'étrange, avec ce drôle de compagnon qui accompagne partout Apolline, Monsieur Munroe, un ours qui vit dans le sous-sol de l'immeuble.
Mais le petit plus de ce délicieux roman est certainement son graphisme. Toute l'histoire est illustrée en noir et blanc avec régulièrement une touche de rouge vif qui illumine la page. Un superbe livre à la couverture cartonnée donnant l'impression d'un livre à l'ancienne.
Drôle, inventif et plein de fraicheur : une vraie réussite.
A lire et à regarder tout autant.
Jean-Luc Clerc
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Apolline et le fantôme de l'école
Chris Riddell
Traduit de l'anglais par Amélie Sarn
Editions Milan Jeunesse, avril 2009, 11€
« Apolline et Monsieur Munroe, son meilleur ami, font leur rentrée...et rien ne les effraie, pas même d'apprendre que l'école est hantée ! Sauront-ils démasquer le fantôme de l'école ? »
Où l'on retrouve avec bonheur le monde loufoque de Chris Riddell. Apolline va se faire une nouvelle amie (un peu « coincée » il faut bien le reconnaître) : Cécilie. Celle-ci va l'entraîner dans de nouvelles aventures, et l'amener à s'inscrire à l'école Alice B. Dupont pour aider chacun à découvrir son don spécial ! Laissez-vous tenter par une invitation à prendre le thé avec une théière à double bec de la collection de théières des parents d'Apolline. Et puis tremblez dans cette école mystérieuse où tout est étrange : de Karkass le majordome à l'allure de géant qui les accueille avec ses allures de la créature de Frankenstein, au fantôme qui hante les lieux : la malédiction du cheval des Hammerstein. Et puis chacun des pensionnaires de cet étrange collège sont et ont des compagnons particuliers : Brian le fils de l'homme invisible, ou la sultane de Pahang et Coucou son éléphant à poils longs. Des références au monde des adultes comme le majordome ou celle au tableau le Cri de Munch. Une atmosphère bien étrange, mais Apolline et son assistant poilu iront une fois de plus au bout de l'aventure.
De nouveau une invitation au rêve, au monde le l'étrange de l'imprévisible avec toujours ces illustrations en noir et blanc qui font partie prenante de l'histoire avec cette fois-ci une nouvelle couleur : après le rouge du premier tome, c'est au bleu d'être le maître des lieux. Chris Riddell est un décidément un magicien.
Apolline est une amie fantastique qui entraine au rêve et à l'évasion : une vraie plongée dans un monde à la fois loufoque, étrange et tout en douceur : l'humour et la dérision anglaises au service de la fantaisie. Quel plaisir ! Pourvu qu'il y en ait d'autres.
Jean-Luc Clerc
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Les héros de la Vallée
Jonathan Stroud
Traduit de l'anglais par Hélène Collon
Editions Albin Michel, Collection Wiz, 2 septembre 2009, 17€
« Prêtez-moi l'oreille et je vous conterai à nouveau la bataille du Roc. Mais cessez de vous tortiller ainsi ou je m'arrête avant même d'avoir commencé. »
Comme beaucoup de garçons turbulents de la vallée, Halli le héros de ce roman aime à entendre les exploits de son héros d'ancêtre Svein. Pourtant, du haut de ses quatorze ans, la vie réelle lui semble bien fade. En effet, il est loin le temps des faits héroïques et des prises de risques contre les redoutables Trâles, ces monstres sanguinaires, assoiffés de sang humain.
Désormais, la vallée est bien organisée entre les différentes maisonnées, issues des héros d'origine. Chaque groupe est dirigé par un conciliateur, ici Arnkel le père d'Halli et d'un ou d'une légifère comme sa mère Astrid.
La vie est rude dans cette vallée où vivent ces communautés, protégées par le mur aux Trâles et les cairns protecteurs des ancêtres.
Ainsi, Halli a bien du mal à rentrer dans le moule qu'on lui destine, tout comme son amie Aud Arnesson : comment échapper à un destin de dernier de la famille et à celui de seule fille destinée à un mariage arrangé ?
Suivez Halli de voyages en voyages, de découvertes en découvertes. Cette saga scandinave nous entraine dans un monde où le code de l'honneur est omniprésent, les traditions lourdes à porter. Mais les héros sont-ils vraiment ce qu'en racontent les légendes ?
Un roman haletant, dont le rythme s'accélère peu à peu pour arriver vous le découvrirez à un final ébouriffant. Jonathan Stroud a su se renouveler et nous faire oublier Barthiméus son héros précédent. Il nous livre ici l'un des meilleurs romans jeunesse de l'année et certainement le meilleur de la rentrée. Dense, formidablement bien écrit, vous devriez tout arrêter pour vous consacrer à la lecture des Héros de la vallée.
Jean-Luc Clerc
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Corydon et l'île aux monstres (Tome I)
Tobias Druitt
Traduit de l'anglais par Stan Barets
Editions Tourbillon, mai 2009, 13€95
« Corydon, un jeune berger grec, a été banni de son village pour être né avec un pied de bouc. Abandonné de tous, il est un jour capturé par une bande de pirates que se fait de l'argent en exhibant des créatures comme le Minotaure, l'Hydre ou la gorgone Méduse. Grâce au dieu Pan, Corydon réussira à les libérer et à s'enfuir. Mais ce n'est que le début de leurs épreuves, car l'armée de Persée approche... »
Corydon est un jeune berger particulier vous l'aurez compris : c'est ce que les paysans du coin appellent un « mormoluke » : un démon.
Son destin presque tranquille va être perturbé par sa capture et sa libération et il va se réfugier avec les trois gorgones Sthéno et Euryale (les deux immortelles) et Méduse enceinte qui désormais ne le quitte plus.
Mais Corydon doit accomplir son destin et notamment découvrir qui il est vraiment et quel dieu est son père. Cette découverte va l'amener à découvrir quel est son véritable destin, lui que les paysans autrefois avaient désigné sous le nom de « pharmakos » : le bouc émissaire, mais ce qui signifie également soit le poison soit le remède. Mais le remède à quoi ?
Car ce petit monde des monstres est menacé par l'ennui du héros Persée, véritable caricature du héros grec suffisant et lâche qui pour redorer son blason va se lancer dans la chasse aux monstres.
Ce livre exigeant sous des abords faciles entre de plein pied dans la mythologie grecque. Avec ses mystères, ses légendes, ses contradictions. Le tout est remanié en partie pour rendre les héros bien vivants avec des aventures en partie inédites. C'est ce qui fait d'ailleurs le charme de ce roman, le mélange entre ce que l'on retrouve de la mythologie et les inventions qui permettent de rendre les héros plus attachants plus présents.
Beaucoup d'humour également dans l'écriture avec notamment quelques passages hilarants comme celui ou Persée débarque dans le bureau de son père Zeus, présenté en partie comme un homme d'affaires totalement débordé et qui ne se souvient d'ailleurs jamais du nom de son fils. La liste des héros qu'il lui remet et les commentaires qui sont accolés aux différents personnages sont savoureux : « Œdipe : Sans utilité pour qui que ce soit ».
Une plongée dans un monde de magie, de dieux, d'un temps qui n'est plus le notre avec les croyances différentes (les dieux, leurs caprices leur suffisance et les monstres en tout genre). Une belle histoire qui se tisse également autour de Corydon et de ses amis les gorgones, liens d'amitié et d'amour quasi filial entre notre héros et la gorgone Méduse. Un destin particulier que celui de Corydon qui va devoir entrer dans le jeu dangereux des divinités et descendre au royaume des morts pour y trouver en partie la clef de leur destin à tous.
Un très bon roman et un très bon moment de lecture dont on attend la suite avec impatience. Vous apprécierez surtout si vous êtes passionné de légendes anciennes et de mythologie. (à signaler seulement que le départ notamment vous paraitra peut-être d'un abord un peu compliqué parce qu'il faudra se remettre dans l'ambiance de cette mythologie pour profiter pleinement du roman et de ses ressorts.)
Il est toujours difficile de donner un âge de lecture mais ici une évidence s'impose : il faut être bon lecteur.
A suivre :
Corydon et la chute de l'Atlantide.
Corydon et le siège de Troie.
Jean-Luc Clerc
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