17 avril 2017
No pasaran, endgame
On a attendu longtemps la fin de cette trilogie magistrale alors profitez également du dernier tome de la trilogie de Christian Lehmann. Coup de coeur évident pour une série fondamentale
pour les jeunes et moins jeunes !
« Et si l’Expérience ultime n’était pas seulement un jeu vidéo mais un moyen de remonter le temps ? » : c’est ainsi que début la quatrième de couverture, c’est ce qu’ont découvert Eric, Thierry, Andreas, Gilles… dans les tomes précédents, plongés dans l’Histoire, confrontés aux pires cauchemars du XXème siècle. Andreas a refait surface dans le tome précédent, mais dans le jeu, dans la France de l’Occupation, et vous vous doutez dans quel camp vu ses penchants politiques. Eric et Thierry sont désormais hors jeu, Gilles le frère d’Eric sait désormais qu’il est leur seul chance de l’arrêter. Pourtant le destin va en décider autrement.
Toujours aussi puissant, fort, ce dernier tome nous entraine entre l’Histoire et la réalité. Gilles, son métier de reporter de guerre, ceux dont l’histoire se développe : Nita Salaun la mère d’Andreas, Khaled, ses parents et son père notamment qui mène l’enquête, ses cousins… L’auteur fait le lien entre les courants politiques du XXème et notre société d’aujourd’hui, il dénonce ces réseaux fascistes qui gangrènent la société et tentent de faire ressurgir d’une manière plus ou moins acceptable leurs idées, leur vision de la société.
Difficile de raconter, les histoires qui se croisent, les destins brisés, les révélations qui émaillent ce dernier tome. Juste vous dire que ce tome est impossible à lâcher, impossible de ne pas vibrer, s’indigner, sourire, souffrir avec les personnages. Notre cœur cogne, saigne, s’emballe et notre cerveau est sans cesse en ébullition. Politique, engagé, vibrant plaidoyer pour la démocratie, le respect et l’intelligence, ce dernier tome tient toutes ses promesses et on le referme exsangue vivant et éveillé.
Une trilogie marquante, qui donne à lire aux ados et à tous ceux qui se passionneront pour cette trilogie, autre chose que ce que peut parfois nous proposer la production ambiante. Sous son prétexte de jeu vidéo, elle est ancrée dans le monde, la vraie vie et nous confronte à la réalité.
Indispensable pour grandir, salutaire !
Jean-Luc
No pasaran, endgame ; Christian Lehmann ;
L’école des loisirs, Médium, 16 novembre, 19,5 €
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No pasaran, le jeu suivi de Andreas, le retour : à lire et faire lire !
En ces temps troublés et parfois inquiétants, peut-être est-il temps et utile de relire et de faire découvrir à la génération montante ce titre exceptionnel !
Paru en 1996, il a fallu attendre 2005 pour avoir la suite et novembre 2012 pour l’ultime tome. Comme vous peut-être j’en avais entendu parler, le livre me narguait dans un coin de la bibliothèque et puis l’annonce de l’arrivée d’une version revue par l’auteur de la première partie et de la dernière partie de la trilogie a précipité les choses. Et là c’est la claque : comment peut-on passer à côté de ces livres ? Thierry, Eric, Andreas, trois potes pas forcément tous fréquentables, des accros aux jeux vidéos. Le roman commence par une virée de potaches, de lycéens en voyage scolaire à Londres. Les trois amis, s’échappent de leurs groupes respectifs pour se rendre dans une boutique de jeux vidéos, le must !
Quand ils le trouvent, c’est la surprise, ils s’attendait à de vieux jeux, des secondes mains, mais ici tout semble neuf et il y a même des titres qu’ils ne pensaient pas sortis : le bonheur. L’autre surprise c’est le vieil homme qui tient la boutique et sa réaction face à une des insignes du blouson d’Andreas. Et là tout va basculer, bouleversé le vieil homme va donner une disquette aux garçons en leur ordonnant d’y jouer.
Rentrés en France, les trois garçons vont découvrir un jeu tout sauf ordinaire, un jeu qui happe ses joueurs, qui semble animé d’une vie propre, qui vous embarque dans la période historique dans laquelle vous avez choisi de jouer. Mais attention, ce n’est visiblement pas simplement un jeu, et les trois amis vont l’apprendre à leurs dépens : leur vie peut être menacée et va en tout état de cause en être bouleversée.
No Pasaran c’est un jeu mais pas uniquement. Dans ces deux premiers tomes, Christian Lehmann nous emmène à réfléchir, penser et nous confronter à nos peurs, nos réactions face aux dangers, face au racisme, au fascisme. Du chemin des Dames, en passant par Guernica et le Paris de l’occupation dans le premier tome, il nous entraine aussi dans la Guerre du Golfe dans le réel avec l’histoire des familles des amis proches, de Gilles notamment le frère d’Eric. Deux tomes à lire d’une traite le souffle court, la boule au ventre. Entre fantastique et réalité assumée une histoire pour grandir, réfléchir dont on sort sonné dans le bon sens du terme, certain qu’il reste des batailles à mener et que la démocratie, la connaissance et la culture sont les seuls chemins de l’humanité vers la paix.
Indispensable à tous les CDI, bibliothèques et pour les ados et tous les autres plus vieux capables d’en comprendre les enjeux. Excellent dans tous les domaines
Jean-Luc
No pasaran, le jeu suivi de Andreas, le retour ; Christian Lehmann ;
Editions L’école des loisirs, collection Médium, 16 novembre 2012, 19,5 €
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11 mars 2017
Au revoir Amandine
C'est le dernier jour de notre Amandine ! Elle file vers d'autres aventures. Les lutins du coup trop tristes sont en relâche quelques jours avant de repartir de plus belle avec Natacha qui sera aux commandes dès lundi . Nous voulions dire un grand MERCI à notre libraire préférée
et lui rappeler toute notre amitié et notre affection !
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08 mars 2017
Journée internationale des droits des femmes 8 mars 2017 : Elles ont réalisé leur rêve - 50 portraits de femmes célèbres
Il se présente comme un hebdomadaire ou un mensuel de mode que l’on peut trouver dans les kiosques. Il en a le format, la couverture et la mise en page. Mais à l’instar des meilleurs de ses confrères, il est une véritable mine d’informations. Cinquante portraits de femmes qui « ont réalisé leur rêve ».
Ces femmes photographes, actrices, chanteuses, politiques, philosophes, scientifiques… ont marqué l’imaginaire collectif, fait avancer la cause des femmes, fait évoluer notre société contre les préjugés, les intolérances, la bêtise, parfois victimes du monde ou de l’époque dans laquelle elles vécurent ou abandonnant la partie comme Diane Arbus. Icones de la mode, femmes écrivains, philosophe de renoms elles ont toutes en commun d’être femmes et d’avoir du à un moment ou un autre aller contre ce qu’on attendait d’elles, ne pas faire ce que la société imaginait à leur place au risque de choquer, déranger de se faire attaquer, couverture d’ailleurs en citant Kat Moss donne le ton : « je ne suis jamais les tendance… » . Toutes ont su s’imposer, faire bouger les lignes, avancer la cause des femmes et donc de l’humanité. Marie Curie déjà estimait que « les femmes devaient avoir les mêmes droits, et d’ailleurs les mêmes devoirs, que les hommes » et d’après sa fille Irène était d’une intransigeance absolue dans ce domaine. Et Marie Curie c’est la fin du XIXème siècle et la première moitié du XXème siècle !
On trouve ainsi côte à côte des mannequins, des philosophes, des résistantes, qu’on pourrait être surpris de trouver rassemblées (voir ici) . Pourtant l’alchimie fonctionne. Les textes sont brillants, efficaces (avec des références, des renvois, sites, films, livres…), la mise en page et les photographies sublimes.
Ce documentaire ne se raconte pas, se feuillette, se dévore, pour y revenir encore et encore au gré des humeurs et des envies de découvertes. A offrir à tous sans distinction de sexe pour grandir et s’ouvrir au monde.
Jean-Luc
Elles ont réalisé leur rêve - 50 portraits de femmes célèbres
Philippe Godard, Jo Witek
Editions de la Martinière Jeunesse, 25 septembre 2014, 21,5 €
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Journée internationale des droits des femmes 8 mars 2017 : En avant les filles ! - Débats et portraits
Un documentaire sur les filles absolument indispensable à découvrir de toute urgence
Coup de coeur !
S’il est un documentaire passionnant, formidable et totalement nécessaire c’est bien celui-là ! De la naissance, en passant par les chefs d’Etats, l’éducation, les femmes d’affaires, la maîtrise de leur corps… pas moins de vingt-trois entrées sous forme de double page et bien plus encore. Fondus dans les illustrations et les pages de couleurs, les textes permettent la mise au point en fonction des différents thèmes abordés.
La page commence par une citation (masculine et misogyne) contre laquelle les auteurs prennent systématiquement le contre-pied preuve et noms à l’appui.
Que vous dire de plus qu’il est absolument génial et que nous avons craqué ! Moi je l’offre à ma fille aînée sans aucun état d’âme et vous ?
A se procurer de toute urgence
Jean-Luc
En avant les filles ! - Débats et portraits ; Sandrine Mirza, Isabelle Maroger ;
Editions Nathan Jeunesse, 7 juin 2012, 16,9 €
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Journée internationale des droits des femmes 8 mars 2017 : Précieuses, pas ridicules
Un documentaire de la collection, Et Toc !, pour le moins corrosif et décalé. Et vu le thème abordé, il fallait bien toute l’énergie et l’insolence de Charlotte Bousquet associée dans son œuvre de remise des pendules à l’heure par Stéphanie Rubini aux illustrations.
Charlotte Bousquet nous entraine dans une revue de détails de ces femmes, luttes, moments, choses importants pour la vie des femmes (et des hommes aussi, oui ceux qui ont un cerveau !).
L’auteure à succès que l’on connaît et que l’on aime beaucoup (si on peut le dire !) dont les héros sont des héroïnes (comme c’est étrange !) nous embarque donc dans un tour d’horizon passionnant et passionné de Marian Anderson en passant par la contraception, Olympe de Gouges ; la Kahina ; les mécènes : la Marquise de Merteuil et tant d’autres connues ou (oui je sais je suis un cancre, mais j’ai beaucoup appris en lisant ce doc.) moins qui ont fait progresser et font encore bouger la cause des femmes et celle des êtes humains, tant il ne peut être acceptable qu’en 2012 il y ait encore tant de différences, de mépris et de condescendance dans le traitement entre les hommes et les femmes.
Des textes courts, explosifs et mordants qui nous posent question, nous accrochent pour découvrir, réfléchir et bouger. (bon parfois Charlotte se laisse emporter par sa fougue et le passage et surtout la chronologie sur Vichy est un peu confus p.56, mais bon on lui pardonne aisément, tant son texte est de qualité et pose les vrais problèmes).
Donc c’est un documentaire essentiel, que je ne peux pas vous raconter par le menu . Je peux simplement vous dire qu’on aime le ton vrai, facile d’accès, les références multiples (c’est une vraie mine d’information, avec à la fin encore plus de renvois vers des sites, des infos en tout genre…) et bien évidemment les illustrations et la mise en page formidables. Deux femmes donc pour nous conter la cause de ces Précieuses, pas ridicules qui ont réussi leur pari et nous livrent un excellent documentaire qui n’est pas à mon avis exclusivement destiné aux filles mais bien évidemment à leurs petits camarades d’en face qui devraient y apprendre beaucoup de choses sur la réalité de la vie. Nécessaire à toute bonne bibliothèque (publique ou privée) , CDI de lycée et autres lieux de perdition qui diffusent de la culture !
Jean-Luc
PS : Si Charlotte et Stéphanie ont du temps, (oui un jour) moi qui suis un mec j’aimerais bien qu’elles nous fassent un doc aussi réussi sur nous les mecs (les vrais, enfin pas les cromagnons bas de plafond : si ça existe, même qu’on sait lire et qu’on est au côté des filles dans leur lutte…)
Précieuses, pas ridicules ; Charlotte Bousquet ; Illustrations : Stéphanie Rubini ; Editions Gulf Stream, Collection Et Toc !, 23 février 2012, 12,5 €
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Journée internationale des droits des femmes 8 mars 2017 : Les trois soeurs et le dictateur
Un roman fort qui raconte la vie et le destin tragique de trois soeurs qui se sont battues pour vivre dans la dignité et la liberté !
Connaissez vous l’origine du « 25 novembre, journée internationale de lutte
contre la violence faite aux femmes ? »
Une île paradisiaque, où tout pousse, où le soleil brille, une vraie carte postale de vacances. Et pourtant lorsque Mina jeune californienne met les pieds pour les première fois en République dominicaine, le pays natal de son père, elle ne se doute pas que c’est toute l’histoire de sa famille qu’elle va découvrir et celle de son peuple, de ses origines.
Accueillie chaleureusement par le bel Antonio son cousin qui découvre très surpris, que son père ne lui a jamais rien raconté de l’histoire familiale, il décide de lui faire rencontrer Abela sa grand-tante qui elle va lui dévoiler ce passé si douloureux et glorieux à la fois.
Car la grand-mère de Mina, celle dont son père ne parle jamais, est en réalité Minerva Mirabal l’une des figures emblématiques de la lutte contre la tyrannie.
Abela fait ainsi la connaissance de la jeune fille les larmes aux yeux tant elle ressemble à sa sœur aînée disparue trop tôt. Elle va alors lui conter la mémoire de la famille, de tout un peuple en lutte.
Elle lui parle alors du dictateur Trujillo, des horreurs qu’il a commises et de son intérêt pour les jeunes et belles femmes. Elle lui raconte comment Minerva est tombé sous son regard et comment cela a entrainé la catastrophe pour toute la famille, l’entrée dans la résistance et la lutte pour les trois sœurs aînées de la famille Mirabal…
Elise Fontenaille nous embarque ici presque sur la pointe des pieds dans un récit qui au départ pourrait nous sembler léger. Mais très vite avec la rencontre entre ces deux générations de femmes c’est tout un pan tragique de l’histoire de la République dominicaine qui s’ouvre devant nous, toute une histoire de lutte et de courage.
C’est un court mais fort récit que nous livre ici l’auteure, sur le courage, l’engagement et la place des femmes. Une histoire « formidable » qui emporte, émeut et pose bien des questions essentielles. Un roman à lire absolument
Jean-Luc
Les trois soeurs et le dictateur
Elise Fontenaille
Editions le Rouergue jeunesse, collection doado, 8 janvier 2014, 8,7 €
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Journée internationale des droits des femmes 8 mars 2017 : Calpurnia
La chaleur étouffante d'un été au Texas, une héroïne formidable, un roman éblouissant à ne manquer sous aucun prétexte. Calpurnia de Jacqueline Kelly est tout simplement une petite merveille !
Imaginez : la chaleur étouffante d’un été, où même l’air vibre et ondoie. Fermez les yeux… ouvrez les maintenant : il fait chaud, les chiens de l’extérieur n’ont même plus la force d’aboyer et de se ruer vers vous. Vous êtes quelques part à quelques kilomètres d’Austin, aux Etats-Unis, en plein Texas en 1899, sur la propriété des Tate, entre deux mondes (l'ancien qui s'efface lentement et le nouveau porté et poussé par la modernité et les inventions) . Cet été va être mémorable pour Calpurnia Tate l’héroïne de ce roman magnifique. Par sa voix, par ses aventures et mésaventures nous allons découvrir celle d’une famille (elle a six frères), des parents, un grand-père… de l’évolution d’une société. Car si la chaleur étouffe et assomme tout au dehors, le monde bouge cependant et si vite. En pleine révolution industrielle, les découvertes se multiplient et Calpurnia se désespère bien souvent d’être une fille, elle qui rêve de devenir une scientifique, alors qu’on la destine à la couture, au tricot et à la cuisine. Mais a onze ans, on a encore la chance surtout quand on a un grand-père aussi merveilleux que le sien de pouvoir se dire que tout n’est pas perdu et qu’il reste peut-être un moyen de partir ailleurs pour se construire autrement.
Jacqueline Kelly nous offre ici un instantané de la société américaine dans un XIXème siècle finissant, à l’aube d’un XXème qui offre tous les espoirs. On rentre chez les Tate sur la pointe des pieds à la suite de Calpurnia, et on découvre : les premiers émois amoureux de ses frères ; les gaffes d’une petite sœur curieuse et aimante ; une société figée sur ses principes et les conventions mais qui sent qu’elle se transforme peu à peu ; mais une société dans laquelle le doute s’insinue avec les progrès techniques (le premier téléphone de la région, quel émoi ! ) les livres de Darwin, les sociétés de géographie de naturalistes à la recherche de nouvelles espèces ; les ballades au bord de cette rivière toute simple entre une petite fille et son grand-père. Au fil du temps, des pages on s’attache totalement à Calpurnia et on vibre avec elle de ses espoirs, ses déceptions, on rit et pleure avec elle. Ce roman est éblouissant et magique. Si vous ne deviez en lire qu’un cet été : permettez nous de vous conseiller celui-ci.
Enorme coup de cœur pour un roman totalement maîtrisé qui donne l’espoir d’une société meilleure, éduquée et intelligente toujours plus forte que la bêtise et la bassesse.
Jean-Luc
Calpurnia
Jacqueline Kelly
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) : Diane Ménard
Editions l’école des loisirs, Médium, 19 mars 2013, 19 €
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Journée internationale des droits des femmes 8 mars 2017 : Filles d'album - Les représentations du féminin dans l'album
Un documentaire fort, passionnant et d'une richesse incroyable à lire sans tarder !
Nelly Chabrol Gagne nous offre avec ce superbe livre/documentaire une réflexion passionnée et passionnante sur les représentations du féminin dans l’album. A partir d’argumentaires solidement étayés s’appuyant sur de exemples concrets, maîtrisant plus que bien son sujet et la littérature notamment jeunesse, elle nous amène à nous poser des questions sur les habitudes sexistes qui perdurent souvent encore dans nos représentations, dans certains albums, documentaires et les efforts salutaires d’autres éditeurs, auteurs, illustrateurs pour sortir de ce carcan et surtout en sortir les jeunes générations par le biais du livre.
Divisé en six grands chapitres qui pose des questions aussi variées que où sont les nouvelles-nées ? Des fillettes de moins en moins modèles mais sont-elles porteuses d’espoirs ? Ménopause, rides et vieilles dentelles ? Les oubliées et les rescapées… l’auteure nous invite en découvrant ses propos à nous interroger nous même sur l’état des lieux, sur ce que l’on nous a transmis et ce que nous avons envie de transmettre.
La conclusion ouvre le champ des possibles en posant la question de ce qu’il reste à écrire à produire.
Ce texte est à la fois un état des lieux et un plaidoyer pour une représentation plus normale et cohérente des filles dans les albums. Intelligent il nous le rend (à mon sens) davantage, on en sort grandi, interrogatif et conscient de pouvoir faire encore évoluer et bouger les lignes.
On aime également le format à l’italienne de ce livre et sa mise en page alternant texte et représentations d’albums avec à propos. Très bien construit de la table des matières à la bibliographie sélective de la fin, il saura enrichir la réflexion et le débat sur ce thème riche et porteur et faire le bonheur des plus exigeants d’entre vous.
Un titre fort, érudit, intelligent et dense. Une belle réussite.
Jean-Luc
Filles d'album - Les représentations du féminin dans l'album ; Nelly Chabrol Gagne ;
Editions l’Atelier du Poisson Soluble, octobre 2011, 38 €
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Journée internationale des droits des femmes 8 mars 2017 : 92 albums jeunesse pour bousculer les stéréotypes fille garçon
Depuis sa création, l'Atelier des Merveilles édite une sélection annuelle de ses albums préférés, établie collectivement au fil de séances de travail denses, sérieuses et copieusement alimentées en gâteaux maison. Organisées thématiquement, ces sélections font notamment la part belle aux albums œuvrant à l'égalité filles/garçons. En 2009, la chargée de mission de la Délégation aux Droits des Femmes et à l'Egalité Drôme-Ardèche, tombant sur ces documents, a sollicité l'Atelier des Merveilles pour la réalisation d'une bibliographie qui s'attacherait uniquement à cette thématique. Fruit de mois de collectage, lectures, discussions passionnées, cette bibliographie dont le professionnalisme impressionne s'intitule Pour l'égalité entre filles et garçons, 100 albums jeunesse; elle paraît en septembre 2009 et connaît une diffusion nationale par le réseau des Délégations aux Droits des femmes. Cette bibliographie est unique en son genre par sa méthodologie, puisqu'elle a été établie par les familles qui ont plébiscité leurs titres préférés, en ont défini l'organisation par chapitres (Identité; des mamans et des papas; la claque aux clichés…) et en ont rédigé les notices. Renversant l'ordre habituel, c'est l'expertise des récepteurs et non des prescripteurs qui est mise en avant. Après cette première expérience menée avec enthousiasme, deux autres bibliographies de commande suivront: Pour vivre ensemble, riches de nos différences, 100 albums jeunesse en 2011 et Pour bousculer les stéréotypes fille garçon, 92 albums jeunesse en mars 2013, toujours aussi pertinentes.
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Journée internationale des droits des femmes 8 mars 2017 : Les deux vies de Ning - De la Chine à Paris-Belleville
Un album-documentaire riche divisé en deux parties. D’abord la première qui nous raconte la vie du héros et de sa maman. Ning va être confronté à la réalité des sans-papiers car sa maman en est une. Aux problèmes de la langue, de la découverte d’un nouveau pays, de personnes qu’il ne connaît pas, Ning comprend rapidement qu’il va devoir mentir et taire sa véritable identité pour protéger sa mère. En effet, Ning doit absolument être considéré comme un mineur isolé étranger (voir explications dans le dossier final du livre) pour ne pas être reconduit à la frontière.
Au fil des pages, on se retrouve confronté à cette réalité de vie difficile et compliquée. Car Ning devenu Jiang va devoir s’habituer, progresser dans sa classe de français langue étrangère… Son histoire qu’il nous raconte à la première personne est forte, emplies de sensations presque visibles, de souvenirs de sa Chine qui lui manque tant. Ce qu’il y a d’intéressant aussi c’est la confrontation entre les deux mondes, comme par exemple la scène où les élèves de français langue étrangère rencontrent des sixièmes qui ont fait des exposés notamment sur la Chine. A ce moment Jiang/Ning bouillonne et se révolte presque à entendre les poncifs et les lieux communs que rapportent naïvement les jeunes élèves. Quand il prend la parole, il leur explique les différences entre les différents Chinois du Nord et du Sud, il leur raconte la réalité de l’alimentation en Chine, loin de l’image d’Epinal véhiculée en France… au risque de se trahir auprès de son professeur sur ses origines, lui qui n’a jamais rien voulu dire jusqu’à présent.
Ce qu’on aime aussi, c’est l’espoir qui pointe le bout de son nez avec le travail trouvé par sa mère qui laisse espérer une régularisation administrative et les progrès en Français de Ning qui lui permettent de passer dans la classe supérieure avec des élèves français.
Bien évidemment, le discours n’est pas manichéen au point de vouloir nous faire croire que tu vas être facile et que tout ira bien au moins. Il donne cependant une vision différente et tellement plus humaine et intelligente des populations étrangères qui s’installent dans notre pays. A savourer également les illustrations, les choix de mises en pages très réussis. On apprécie également le dossier de la fin du livre qui fait le point sur l’immigration chinoise en France, une chronologie et un lexique bien faits. Un nouveau titre de cette collection une fois de plus particulièrement réussi, traité avec intelligence et humanité. A découvrir. Bien évidemment utile et nécessaire dans toutes les bonnes bibliothèques et dans tous les CDI d’école primaire et de collège notamment.
Jean-Luc
Les deux vies de Ning - De la Chine à Paris-Belleville
Valentine Goby, Philippe de Kemmeter
Editions Autrement, 11 septembre 2013, 14,5 €
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Journée internationale des droits des femmes 8 mars 2017 : Boucle d'ours
Un album drôle et tendre pour apprendre la tolérance
Et vous qu'allez vous mettre pour le carnaval de la forêt ?
Ce soir c’est le carnaval de la forêt. Chez les ours tout le monde, papa, maman et fiston, se prépare. Tout se passe bien jusqu’au moment où petit ours décide de se déguiser en boucle d’ours et là papa ours s’en étouffe de… comment vous dire ? Son fils déguisé en boucle d’ours avec des couettes blondes et une jupe ? Jamais ! C'est alors que le loup s’en mêle. Stéphane Servant est un conteur né, il sait, en mélangeant les contes et les références, nous embarquer, l’air de rien, en riant vers un questionnement intéressant ! Et oui, pourquoi petit ours ne pourrait-il pas se déguiser en fille ? Qu’est-ce qui l’interdit ? Qu’est-ce que cela va lui enlever ?
Un conte drôle pour accepter la différence, et savoir que l’identité n’est pas forcément affaire d’habitudes et de coutume et que l’habit ne fait pas le moine. Un album intelligent formidablement illustré par Laetitia Le Saux avec des personnages hauts en couleurs, malicieux et drôles. On aime beaucoup ce bel album intelligent qui dérange nos habitudes et nous fait rire en apprenant la différence. Chouette comme tout ! Ce boucle d’ours risque fort de faire de la concurrence à une certaine Boucle d’or… et toc !
Jean-Luc
Boucle d'Ours
Stéphane Servant,
Illustrations Laetitia Le Saux
Editions Didier Jeunesse, 17 avril 2013, 12,5 €
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Journée internationale des droits des femmes 8 mars 2017 : La Barbe Bleue ou conte de l'oiseau d'Ourdi
« Plus je parlerai et plus je mentirai, et plus je mentirai, plus vous me croirez. Car mon conte est un mensonge qui dit une vérité vraie ».
La Barbe Bleue ou conte de l'oiseau d'Ourdi ; Jean-Jacques Fdida ; Illustrations : Claude Cachin ; Editions Didier Jeunesse, contes du temps d’avant Perrault, avril 2011, 14 €
C’est le deuxième tome de cette formidable série dont nous vous avions déjà parlé au moment de la sortie du premier titre : Le Petit Chaperon rouge - ou La Petite Fille aux habits de fer-blanc.
Ici Jean-Jacques Fdida s’empare de la légende de Barbe bleue. La rumeur s’est emparée depuis longtemps du château et de son maître qu’on dit bestial, tant par son attitude que par sa pilosité hors du commun. Une sorte d’homme monstrueux dont les mauvaises langues font et défont le visage au fil du temps. Ce château sombre sinistre qui surplombe la vallée aliment toute les angoisses, toutes les craintes, ne dit-on pas que les femmes du seigneur du lieu n’ont pas vécu très longtemps et qu’il ne serait pas étranger à leur disparition ?
Un jour, le seigneur du lieu frappe à la porte d’une veuve et de sa fille. Et l’homme, n’est pas si monstrueux que cela. Bien au contraire, puissant, viril, attirant, séducteur en diable. La belle s’y laisse prendre malgré les protestations de tout le village et de sa mère. Celle ci lui donne même le moyen de démasquer le monstre, mais la belle n’y veut rien entendre et elle épouse ce noble male qui lui rend la vie si belle si douce, dans son château somptueux où tout lui est acquis sauf une porte mystérieuse.
La suite, vous la connaissez ou je vous la laisse découvrir. En s’appropriant une fois de plus un des contes classiques, Jean-Jacques Fdida, et en utilisant les différentes légendes orales proches du conte, il nous donne ici une version saisissante, troublante de ce conte. Un conte pour mettre en garde sur les dangers de la désobéissance et des dangers de la séduction masculine. Les illustrations de Claude Cachin réaliste, à la limite de la photographie parfois, mettent en valeur et accompagnent l’histoire. A la fin vous trouverez également les explications sur les choix réalisés pour l’écriture de cette histoire et une analyse du conte.
Une fois de plus c’est une réussite. Un conte pour les plus grands où l’on retrouve toute la magie et le côté oppressant et inquiétant de cette histoire troublante.
Jean-Luc
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Journée internationale des droits des femmes 8 mars 2017 : La princesse attaque ! - Un livre dont tu es le héros ou l'héroïne
Après le chevalier courage dont Claire vous avait parlé, voici Delphine Chedru de retour mais cette fois-ci avec une princesse. Elle est décidée à jouer le tout pour le tout pour défendre et surtout libérer son compagnon, le chevalier courage prisonnier de l’ignoble cyclope à l’œil vert. Mais comme à son habitude, l’auteure n’a pas l’intention de nous laisser nous en tirer à si bon compte. Et oui, il va falloir faire marcher vos neurones, vous rendre aux pages indiquées, résoudre les énigmes, repartir en arrière, bondir plus loin avant d’arriver au terme de l’aventure. Un album superbement illustré, aux couleurs et aux ambiances dont on ne lasse décidément pas.
Et puis pour ceux qui râlent déjà en disant qu’ils sont nuls en énigmes et qu’ils ne trouvent et voient jamais rien, rassurez vous, il y a à la fin du livre les réponses (ouf !), mais attention, ce n’est pas une raison pour tricher.
Aller soyez joueurs, foncez ! Un régal pour les yeux et les neurones !
Jean-Luc
La princesse attaque ! - Un livre dont tu es le héros ou l'héroïne ; Delphine Chedru ;
Editions hélium, 7 mars 2012, 14,9 €
Pour Amandine
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Journée internationale des droits des femmes 2017 : Pas assez pour faire une femme
Peu de chose à vous dire sur cette histoire qui en fait ne se raconte pas vraiment, si ce n'est le plaisir de sa lecture. Un choc de générations à la fin des années 1960, la découverte de la liberté, du corps, de la possibilité de séduire, d’exister en dehors du carcan familial, de réfléchir, d’être indépendant, de se révolter pour être soi. Jeanne Benameur nous offre ici un texte à l’écriture sensible et douce qui pourtant nous entraine avec la force d’un fleuve vers l’ailleurs où son héroïne devra se trouver pour devenir totalement femme, adulte. Un très beau roman sensible et fort à recommander.
Joseph
Pas assez pour faire une femme
Jeanne Benameur
Editions Thierry Magnier, 21 août 2013, 12,8 €
Et parce qu'elle part samedi soir : pour Amandine ...
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Journée internationale des droits des femmes 8 mars 2017 : Les mots indispensables pour parler du sexisme
"Le sexisme est plus que jamais d’actualité. Même si notre société a évolué, l’égalité entre les hommes et les femmes, entre les filles et les garçons, est loin d’être réalisée. Nous sommes encore prisonniers de nos clichés, de nos stéréotypes sexistes. Ils peuvent avoir de lourdes conséquences et nous empêchent de nous réaliser pleinement. Parler du sexisme, c’est tenter de le comprendre pour mieux le combattre." Syros
60 mots qui dépotent et font réfléchir ! Amazones / Beauté / Beauvoir (Simone, de) / Blonde / Cerveau / Contraception / Crèche / Davies (Angela) / Discrimination (sexuelle) / Domination (masculine) / Drague / Durand (Marguerite) / Egalité (des sexes) / Eve / Féminisme / Foot / Garçon manqué / Genre (théorie) / Gouges (Olympe) / Harcèlement sexuel / Hip-hop / Homosexualité / Indépendance / Insultes / IVG / Jouets / Jupe / Kilos / LGBT (Mouvement) / Littérature (jeunesse) / Machisme / Manuels scolaires / Mariage / Masculinisme / Mère-Père / Michel (Louise) / Nature / Orientation scolaire / Parité / Précarité / Prostitution / Queer / Rose-Bleu / Rumeur / Seins / Sexualité / Stéréotype(s) / Tâches ménagères / Utérus / Viol / Violence(s) / Virginité / Voile / Wonder Woman / Woolf, Virginia / X (Films) / Y (Chromosome) / Zizi/Zezette.
Pour Amandine
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Journée internationale des droits des femmes 8 mars 2017 : Comment parler de l'égalité filles-garçons aux enfants
Le thème des différences et de l’égalité liée au sexe fait partie du quotidien de tous les enfants et génère de nombreuses questions. Pourquoi dit-on que les garçons sont meilleurs en maths ? Une femme, c’est fait pour avoir des enfants ? Autant d’interrogations auxquelles cet ouvrage propose de répondre, en donnant aux adultes des clés pour mieux comprendre les enjeux de ce débat de société.
Publication : Le Baron perché ! Jessie Magana
Depuis l’après-guerre, les droits des femmes ont incontestablement progressé avec le droit de vote, la parité en politique, l’accès à la contraception et à l’avortement... Malgré ces mesures, de nombreuses inégalités demeurent. Cela est particulièrement visible dans la sphère du travail et dans la vie quotidienne ou familiale avec des disparités salariales tenaces, des inégalités d’orientation professionnelle, de répartition des tâches ménagères... À cela s’ajoutent des préjugés sexistes qui touchent autant les hommes que les femmes : ils apparaissent au détour de publicités, de déclarations médiatiques ou d’articles de presse...
Comment, dès lors, parler de l’égalité filles-garçons dans une société où le débat peut parfois être houleux ? Dans cet ouvrage, l’auteure clarifie les concepts en abordant trois thèmes principaux : les différences entre hommes et femmes, la conquête de l’égalité et les inégalités qui demeurent. De quoi répondre aux questions de chacun... et de chacune !
Jessie Magana a publié deux ouvrages chez Actes Sud Junior dont Gisèle Halimi : « non au viol ». Elle dirige la collection « Français d’ailleurs », sur l’histoire de l’immigration aux éditions Autrement.
Malgré les progrès fait en matière d’égalité depuis l’après-guerre, les inégalités homme-femme et les préjugés sexistes demeurent. Pour apporter des clés de compréhension aux adultes, cet ouvrage fait un point sur les aspects historiques de ce thème, la conquête de l’égalité, les différences entre hommes et femmes. Un sujet d’actualité qui fait naître de nombreuses interrogations chez les enfants et les adultes.
Pour Amandine
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