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10 janvier 2011

Hommage à Catherine Gendrin

Catherine Gendrin nous a quitté en décembre dernier, le jour où son ami et conteur Pierre Delye signait aux Sandales... Elle est une amie de Pierre et nous apprécions ses histoires, alors nous souhaitons lui rendre hommage ensemble. La parole est à Pierre...

 

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Catherine Gendrin.

 

Catherine est toujours mon amie. Ce n’est quand même pas parce qu’elle est morte que cela va s’arrêter et puis, on ne va pas se fâcher pour si peu. Mais elle ne m’a jamais manqué comme maintenant.

 

 Catherine Gendrin est une des conteuses qui a tracé une voie singulière, personnelle. Elle fait partie de ces artistes qui ont su faire vivre le conte non pas comme une activité de musée, une animation lénifiante, un passe-temps pour enfants ayant des parents consciencieux. Pour elle, le conte était et est toujours un art de la parole, un art du spectacle vivant qui méritait qu’elle s’y engage pleinement. Et Catherine était tout sauf une artiste dégagée. Son répertoire donnait le tournis : « les jardins d’Al Zahra », « Khirghizes, récits âpres et sauvages » ou le dernier pour les adultes « Algéria, de miel et de braise » avec aussi des fantaisies légères et acidulées comme « t’as mis où ta tête » avec son complice Christophe Waïss. Elle racontait le monde sans jamais considérer les cultures des autres d’un point de vue touristique, cherchant l’humain partout où il est et le trouvant à chaque fois. 

 

 

  Active artistiquement, humainement, socialement, elle fut même à l’origine du premier salon du livre de Montreuil. Elle n’a jamais écrit un livre, créé un spectacle qui n’ait eu sa dose de sagesse et de révolte, d’espoir et d’indignation avec chaque fois aussi, sa part de fantaisie et de drôlerie.

 

Ses contes et ses livres étaient à son image, exigeante et belle. Juste trois petits extraits.

 

Dans une histoire qu’elle racontait,voilà qu’arrive le lion et pour le décrire, ces quelques mots : « le lion, roi autoproclamé… » et cela suffit pour que l’on sache tout de lui.

 

« Dieu s’était créé créateur, alors il créait… » et ainsi commence « Comment sont nées les histoires ».

 

« C’est banal à dire, toujours unique à vivre. Jaazyâa a rencontré l’amour, Pedro a rencontré Jaazyâa » quelle belle phrase pour dire le coup de foudre, quelle phrase terrible où l’on sent le drame à venir. 

 

Voilà c’est beau et simple. C’est du grand art, le sien.

 

Ses recueils de contes chez « Rue du Monde », ses deux albums chez « Didier Jeunesse » donnent à lire et à entendre, il suffit de lire en ouvrant ses oreilles. Ils  étaient le tout début d’une œuvre littéraire qui allait prendre de l’ampleur. Il reste à venir quelques inédits. Trop peu.

 

Catherine était porteuse de voix, haut-parleuse. Il va nous manquer tout ce qu’elle allait dire, tout ce qu’elle allait écrire. Il va nous rester ses livres, sa parole profonde et belle nichée au creux de nos souvenirs, le plaisir et la joie de l’avoir connue.

 

 La mort, c’est la vie, soit. Mais de temps en temps, on aimerait que la mort fasse preuve de plus de discernement, de retenue ou d’un peu d’amnésie.  

 

Catherine est mon amie et mes pensées vont à sa famille et à la grande cohorte de ceux qui se sentent un peu plus seuls maintenant. N’oublions pas qu’elle nous aurait fait remarquer, en se marrant, qu’être nombreux à être seul, cela peut se soigner en s’unissant. 

 

Pierre Delye

 

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Retrouvez également l'hommage rendu par Rue du Monde sur Citrouille , ses livres et la chronique de Jazyâa  la Tapageuse dans lire la suite. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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27 décembre 2010

L'arbre rouge

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L'arbre rouge ; Shaun TanTraduit de l’anglais (Australie) : Anne Krief ; Editions Gallimard Jeunesse, octobre 2010, 13,9 €

 

Un texte simple, minimaliste pour accompagner l’histoire de cette petite fille qui se réveille un matin dans sa chambre triste bien vite envahie par de feuilles mortes. L’auteur nous invite ensuite à suivre cette petite fille au fil des pages, dans différents tableaux, alternant mélancolie, tristesse, peur, et espoir, avant le retour dans la chambre et la découverte finale pleine de vie et d’espoir. Un univers fabuleux, Shaun Tan  nous entraine de nouveau dans son monde si spécial rempli de créatures étranges, de formes, de techniques différentes qui nous permettent d’imaginer, de suivre l’héroïne au fil des pages. Un univers fantastique, foisonnant, un voyage merveilleux à découvrir. Les fans savent déjà combien cet auteur australien est doué !

 

 Joseph

 

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23 décembre 2010

Albums

 

Dernière Sélection pour les albums

 

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Des oublis ? En retard ? Les libraires et les lutins vous proposent de cliquer sur la couverture pour découvrir dans cette catégorie nos envies, nos coups de coeurs.Belles découvertes ! 
clic de Noël sur la couverture...

 

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20 décembre 2010

La maison

Coup de coeur de Claire La libraire !

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La maison ; J. Patrick Lewis ; Traduit de l’anglais par : , Jean-François Ménard ; Illustrations : Roberto Innocenti ; Editions Gallimard Jeunesse, septembre 2010, 15,9 €

 

Une maison qui prend la parole pour nous compter son histoire et celle du XXème siècle, son siècle et celui de son Histoire. Tout commence en 1900, trouvée par des enfants, et peu à peu la voilà qui renaît, qui reprend vie et est de nouveau habitée. Et tout au long du siècle, des guerres, des bonheurs, des misères, une vie de maison, mais une vie d’hommes également de ceux qui font battre son cœur. Jusqu’au jour où ce cœur cesse de battre et la voilà de nouveau seule et abandonnée avant de renaître à nouveau vers de nouveau horizons, ceux du siècle suivant. Un texte court, très bien construit, poétique et les illustrations puissantes de Roberto Innocenti qui accompagnent le texte, le devancent tout à la fois et nous entrainent avec cette maison qu’on aimerait un peu la nôtre. Un superbe album. Coup de coeur de l'équipe.

 

 Joseph

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Bruit blanc et autres merveilles

Coup de coeur et choix des lutins pour Noël !

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Le cinquième et dernier titre d’une série de livres animés absolument fantastiques. Et le petit dernier ne déroge pas à la règle et termine même celle-ci en beauté. Ce  Bruit Blanc est une pure merveille de formes, de couleurs, de construction et le petit plus, chaque page invite le curieux à découvrir la forme et le son qu’il provoque en ouvrant la page. De page en page, du crépitement au grincement en passant par le crissement… un mégaphone en 3D ou un chevalet de sculpteur, vous irez de surprise en surprise, de découverte en découverte.

 

 

Une petite merveille digne de la hotte du Père Noël ! Si vous avez des amateurs de « pop-up » dans votre entourage ou si vous voulez faire un beau cadeau, c’est le moment !

 

 

Bruit blanc ; David-A CarterGallimard Jeunesse, septembre 2010, 22 €

 

un petit clic sur lire la suite ou sur la couverture et bon voyage...

 

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19 décembre 2010

Moby Dick - Gérard Lo Monaco et Joëlle Jolivet

La sélection des libraires pour Noël !

 

 

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un petit clic magique de Noël et retrouvez l'interview de Gérard Lo Monaca et de Joëlle Jolivet et la présentation du livre.
Indispensable dans la hotte !

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Les musiciens de la Nouvelle-Brême

la sélection des libraires pour Noël !

 

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Retrouvez le plus merveilleux, le plus gentil et le plus drôle des conteurs (parole de lutin !). Et en plus c'est un magicien : clic magique de Noël sur la couverture


 

 

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Haut les pattes !

La sélection des libraires pour Noël !

 

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clic magique sur la couverture et ...


 

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La fée coquillette...

La sélection des libraires pour Noël !

 

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Clic de Noël sur le couverture... et si comme nous vous êtes fous de coquillette, n'hésitez pas, les lutins vous proposent d'assouvir votre faim en cliquant sur le lien ci-dessous

 

 

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16 décembre 2010

La belle lisse poire du prince de Motordu - Un livre pop-up

Sélection des libraires pour Noël !

 

 

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La belle lisse poire du prince de Motordu - Un livre pop-up; Pef ; Editions Gallimard Jeunesse ; septembre 2010, 20 €

 

clic de Noël sur la couverture ...

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Le pompon du Père Noël

Le choix des lutins pour Noël !

 

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Le pompon du père Noël - Avec un bonnet ; René Gouichoux , Mélusine Allirol ; Editions Nathan, octobre 2010, 10 €

 

Panique chez les lutins à la veille de Noël. Au moment de ressortir le costume du Père Noël de son armoire, catastrophe. Tout mité, tout fripé, plein de trous, et un bonnet tout vieux avec un pompon tout râpé. Comment faire ? Car ce costume est fait à partir de matériaux bien précis. Alors les lutins font appel à la lune qui leur envoie chacun un rayon qui va les emmener en Afrique, en Inde, en Amérique, et en France pour le petit dernier à la recherche de la vieille dame capable de filer le fameux pompon.

Une très jolie histoire originale qui vous vous en doutez se terminera bien. Un beau voyage qui nous entraîne autour de la planète et fait jouer à plein ce que devrait toujours être l’esprit de cette fête de fin d’année. Le Père Noël aura son bel habit tout neuf pour sa tournée. A découvrir avec en prime, un bonnet !

 

 

Jean-Luc

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13 décembre 2010

Rébecca Dautremer répond à nos questions sur Alice au pays des Merveilles

Le choix des libraires et des lutins pour Noël !

Merveille en vue !

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La couverture renvoie à la chronique qui elle même renvoie aux films montrant Rébecca Dautremer au travail... 

 

1. Pour moi Rébecca Dautremer, ce sont des princesses merveilleuses, loin de sentiers battus et des nuages roses ; une Baba Yaga d’anthologie à la tête de l’établissement « au bambin qui rissole » ; et un Petit Poucet mélancolique et fantastique qui a perdu ses petits cailloux, mais gagné en profondeur… une petite fille sur pellicule au secours des personnages de contes (Kerity) et des couleurs, des ambiances… comment vous définiriez vous, vous présenteriez vous aux lecteurs qui ne vous connaissent pas encore (il en reste deux ou trois pas plus !)

 

Bon là on a commencé fort, parce qu’à vrai dire j’avais un doute, mais bon les Princesses : « me pèsent un peu, je n’ai rien d’une princesse ! Cela fait quinze ans que j’illustre des livres pour les gens, des univers éloignés de la réalité. Je n’ai pas besoin forcément de merveilleux, par exemple le Petit Poucet est plus noir. J’aime ce qui est à double facette, à double tranchant, trop de douceur m’effraye ! » RD

 

Bon moi je peux vous dire que l’accueil a été chaleureux, la disponibilité immédiate et totale et que j’ai pu poser toutes les questions que je voulais, tout simplement (et pourtant je n’en menais pas large au départ). J’ai même appris des choses que je ne vous répèterai pas : privilège de l’interviewer !

 

2. Vous avez choisi d’illustrer un texte plus que célèbre et plus qu’illustré : un défi ? Un rêve ? Comment est né ce projet ?
Alice est brune désormais : un moyen en restant fidèle au texte de s’affranchir du poids de la légende ?
Qui est cette Alice  aux cheveux bruns et aux yeux rieurs, rêveurs : vous ?

 

 

RD : Le projet a été proposé par l’éditeur. Au départ, je n’en avais pas forcément envie. Car je n’ai jamais été séduite par la version Disney. Pourtant le personnage de l’auteur  Lewis Carroll est fascinant, l’époque victorienne… et puis j’ai trouvé des photographies de l’Alice qui a inspiré l’histoire. Ces portraits m’ont beaucoup frappée : donc Alice serait brune avec une frange. (voir la photographie à la fin de l’album).

C’est un texte illustré des milliers de fois, avec de multiples versions, donc c’est le summum de la difficulté. Je me suis dit que c’était donc un défi. J’aime les challenges, la compétition. Il fallait proposer sa propre version sans forcément vouloir en faire absolument trop, sans vouloir à tout prix faire différent. Et puis j’avais envie de me faire plaisir et il n’est pas non plus nécessaire de tout révolutionner pour cela.

 

Donc non Alice ce n’est pas moi et elle ne pouvait pas être blonde, dans mon univers et dans mon entourage, les petites filles ne sont pas blondes.

 

5. Le choix du texte intégral : une évidence ?

 

RD : Oui, c’était une évidence pour l’éditeur et moi dès le départ. Le texte intégral ou rien. Et d’ailleurs je n’ai pas voulu non plus d’un texte qui soit remis au goût du jour. J’aime le texte de Carroll, l’histoire est fantastique, difficile. Il fallait respecter ce texte.

 

6. L’image traditionnelle, véhiculée par Disney notamment est celui d’un monde lisse, chatoyant de couleurs vives : dans l’univers que vous avez créé, on en est très loin, comme dans cette page fabuleuse où Alice qui a grandi est bloquée dans la maison du lapin pressé.  Pourquoi avoir fait, ce choix, votre imaginaire, votre vision d’Alice ?

 

RD : En fait l’histoire d’Alice est tout sauf lisse, l’histoire met mal à l’aise, aucun personnage n’est réellement sympathique.

Alors comme j’aime tordre les choses par rapport au rêve, je me suis mise au travail. Au départ j’ai voulu une atmosphère mouillée, humide (la couverture, la maison sur pilotis, il y a de l’eau sur de multiples images). Mais dessiner de la pluie est difficile et donc c’était trop difficile à tenir.

J’ai voulu mettre en scène mes illustrations comme par exemple avec la scène de la maison qui craque sous le poids d’Alice avec les pilotis qui ploient, qui vont craquer…

J’aime les couleurs vives mais cassées par une couleur sale. Dans la première double page, on retrouve le lapin pressé : c’est une image qui m’accompagne partout, l’une de mes préférées. Les graminées sont celles de mon pays, des Hautes Alpes, elles montrent cette flore en péril.

Je pense que le dessin n’aurait pas la même valeur sans le petit tuyau avec le compteur qui symbolise le temps.

 

NDLR : Sans lui Rébecca pense que cette page serait simplement jolie.

 

7. Les couleurs montent en puissance dans l’album, avec une double page notamment qui semble de transition lorsqu’on retrouve les flamands roses, comment avez vous géré la mise en page, en couleur ? De la même manière, l’alternance de pages colorées et de crayonnés donnent de la légèreté à l’album, permettent les respirations… ce choix s’est il imposé rapidement ?

 

RD : Ce n’est pas tellement le problème du choix de couleur. Je cherche un ton, une couleur pour sa lumière, sa luminosité. J’aime bousculer le côté habituel. Par exemple la page du lézard qui tombe : le lézard est habillé de couleurs qui crient, qui jurent entre elles (page 47). Je ne fais pas les images dans l’ordre. Les harmonies sont différentes selon chaque scène.

 

Ce n’est pas facile en fait de réaliser une image, il faut se forcer, affronter la difficulté. Certaines illustrations se sont imposées naturellement : La Reine par exemple est dans un fauteuil roulant (je n’avais pas envie de la représenter de manière traditionnelle), j’ai un vieux fauteuil comme celui là à la maison ; le lapin est venu tout seul, tout simplement.

 

 

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D’autres images ont été impossibles à réaliser par exemple la scène de départ que tout le monde à en tête dans laquelle Alice tombe dans le puits au début de l’histoire. Ce que j’ai fait était très laid, pas montrable, c’est le seul dessin de l’album que j’ai jeté.

J’ai voulu aller au bout des illustrations, en multipliant les détails.

 

Quand aux crayonnés, ils sont venus un peu par hasard. Heureusement j’ai manqué de temps pour tout illustrer avec de la couleur, alors ils se sont imposés, ils permettent une respiration dans le texte. Le dessin au crayon est un vrai plaisir, rapide, précis. Parce qu’en fait je suis très complexée par rapport au dessin, j’ai toujours besoin de progresser, de m’améliorer. (NDLR : bon, là il faut bien avouer que j’ai du répéter plusieurs fois la question tellement j’étais surpris de cet aveu, de cette remarque).

 

J’avais déjà travaillé de cette façon sur un album  Le grand courant d’air

 

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8. Comment avez vous choisi d’illustrer cette histoire? Qu’est-ce qui a guidé vos choix ? Bon là j’avoue, je me suis « gauffré » sur la question qui était ratée, à cause du chat que j’avais zappé (et pourtant : page 71, était-il possible de manquer un sourire pareil ?). Voilà du coup, Rébecca m’a tout expliqué et je suis revenu à la raison.

Parole à la pro :

 

RD : il y a douze chapitres dans le livre. Pour chaque chapitre j’ai décidé de faire un portrait et une grande scène.  Alice au pays des Merveilles c’est une histoire à séquence, à sketche. Je me suis donc organisée avec le scénario, avec ma liste des personnages, des scènes qui devaient être représentées.

 

Et puis, il y a le texte : j’ai besoin de savoir quelle tête va avoir le livre. Impossible de lâcher mes images sans savoir comment elles vont être utilisées. Nous étions d’accord sur le fait qu’il serait un grand livre, qu’il y aurait de grandes marges blanches, des arabesques. Je dois commencer par la typographie en fait quand j’illustre un album pour pouvoir ensuite me mettre au dessin. Je suis très heureuse du résultat final (nous aussi !)

 

9. De livres en livres, il y a bien évidemment votre patte, votre marque de fabrique, mais on est toujours surpris et emporté dans un autre univers, vers une autre facette de vos talents et de votre imaginaire : comment faites vous pour nous surprendre et nous enchanter à chaque fois ?

 

RD : Une question qui  fait plaisir ! J’essaye de me renouveler, de m’améliorer. J’ai plus de pression qu’avant de la part de l’éditeur, qui est plus regardant, on m’attend au tournant. Alors avec Alice, j’ai voulu aller le plus loin possible dans le détail, la facture, dans ce que je savais déjà faire. Mes dessins sont précis, je dois par exemple avec les personnages toujours prendre garde de me renouveler, de ne pas faire toujours les mêmes personnages. J’ai beaucoup travaillé par rapport à l’idée du rêve, en déformant les lignes de fuite, en travaillant les détails.

 

NDLR : On sent la volonté de toujours vouloir se renouveler, d’aller plus loin, de ne  pas se reposer sur ses lauriers. Une très grande exigence par rapport à elle même, par rapport à son travail.

 

10. En visitant votre site, j’ai eu le plaisir de trouver deux petites vidéos, vous montrant au travail. Vous nous avez d’ailleurs autorisés à les mettre en ligne (bon là je les renverrai au lien de la chronique). J’ai trouvé cette initiative formidable de vous voir colorer, de voir les dessins prendre vie… les enfants de mon entourage qui les ont vus en sont encore baba ! Qui a eu cette idée ?

 

RD : Les films c’est moi qui les ai voulus. C’est ma fille (Mona 13 ans) qui les a réalisés. (bravo Mona !)

 

 

Donc forcément, vous n’y échapperez pas : comment travaillez vous ? Variez vous les techniques, les matériaux…

 

RD : Je travaille sur des grands formats environ 140% plus grands : crayonnés, calques, replacés sur ordinateur si nécessaire (parfois déformés) puis réimprimés, reportés au propre et terminés à la gouache.

 

Pour moi varier les matériaux n’est pas forcément utile, ce n’est pas très important. Ce qui compte c’est la composition, le contenu. Je trouve qu’on peut très vite tomber dans la décoration, que les images ont moins de poids, moins d’émotion. Pour moi un portait est plus fort émotionnellement.

 

11. Quels sont vos projets, vos envies pour la suite ? Si cela ne relève pas du secret d’état ? Vous aviez l’année dernier sorti un book plus adulte. Des envies de vous partager entre les deux univers ?

 

RD : j’ai plusieurs projets en chantier !

-       le premier est une collaboration avec mon ami et complice Philipe Lechermeier , chez Thierry Magnier. Il s’appellera : « Une Bible ». Philippe s’est approprié le texte pour le réécrire avec ses mots, mais attention sans réinventer le texte, par de la poésie, du théâtre, des dialogues…. Ce n’est absolument pas une parodie. C’est très fidèle au texte, et je dois me charger des illustrations. Il fera 350 pages environ ! Il va falloir que je mette les bouchées doubles. Il est prévu pour l’automne prochain.

 

-       Pour 2012, j’ai un projet qui est celui d’illustrer un roman adulte : celui d’Alessandro Baricco  Soie.  J’ai prévu de faire des peintures, des objets.

 

 

-       Enfin j’ai un nouveau projet de film d’animation avec Taï-Marc Le Thanh. Une sorte de road movie. Mais contrairement à Kerity, je serai associée pleinement à la mise en scène. La base est le personnage d’Elvis (issu de notre album). Un travail sur le long terme.

 

Pour ce qui est d’aller vers l’adulte, la question ne se pose pas ainsi. Oui c’est intéressant, mais je ne fais pas de livres pour les enfants ou les adultes. Je fais des livres pour les gens. Les albums jeunesse ont un côté plus détendu. D’ailleurs quand je fais des dédicaces, nombreux sont les adultes qui viennent pour eux-mêmes. Les images peuvent être lues par n’importe qui.

 

12. Rébecca Dautremer : plus facile de s’imposer maintenant ?

 

RD : Bien évidemment cela facilite les choses. Le succès des princesses par exemple a entrainé celui des autres. Je suis plus libre de mes projets, et je pourrais travailler probablement partout aujourd’hui. Mon éditeur (Gautier Languereau) attend beaucoup de Rébecca Dautremer aujourd’hui peut-être davantage que pour les premiers albums. Pourtant cela reste difficile malgré la notoriété de s’imposer en toute liberté.

Je suis fidèle aux équipes avec lesquelles je travaille, et qui m’ont donné la possibilité de m’exprimer.

Et puis malgré tout, malgré le succès, il ne faut jamais s’endormir, toujours se renouveler…

 

 

 

Très sincèrement , un grand merci à Rébecca Dautremer d’avoir pris le temps de répondre à ces questions. D’avoir spontanément accepté l’entretien, d’avoir répondu aux demandes, plus ou moins bien formulées… L’entretien fut chaleureux et fort instructif. J’espère que cette retranscription vous apportera autant de plaisir que j’ai eu à la faire et vous permettra de découvrir un peu mieux encore cette illustratrice de talent totalement investie et passionnée.

 

Jean-Luc Clerc

 

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L'oiseau magique

Le choix des lutins pour Noël !

 

 

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 L'Oiseau magique ; Yveline Féray , Anne Romby ; Editions Picquier Jeunesse,
septembre 2010, 16,5 €

 

Cet album est tout d’abord une vraie histoire, une de celle dans laquelle on entre pas à pas, charmé dès les premières pages et pour laquelle on voudrait que le temps s’arrête pour la savourer jusqu’au bout sans interruption. Ces trois princesses qui épousent le même roi (leur père avait bien prévenu celui-ci que cela serait problématique, mais en vain) et dont le destin va s’emballer sur le Toit du monde. Un mariage fastueux, une vie de rêve où pourtant le poison de la discorde et de la jalousie va se glisser le jour où la plus jeune tombe en ceinte. Elle aura trois enfants, deux garçons et une fille qui seront sacrifiés par leurs tantes jalouse de leur mère. Pourtant, comme souvent dans les belles histoires, leur destin sera tout autre que la mort et après de multiples aventures ils retrouveront leurs parents. Cette histoire nous fait penser à Moïse sauvé des eaux, aux histoires de malédictions, de magie de notre enfance. Elle est superbement écrite et magnifiquement illustrée. Car les illustrations font également le sel de ce grand album au format qui permet aux dessins de prendre du volume, aux couleurs d’éclater. Une palette de couleurs magiques et tout un bestiaire fabuleux qui entoure nos trois héros, nous emporte dans un conte merveilleux et fantastique à la fois.

 

Un magnifique album. Indispensable !

 

Jean-Luc

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Soeurs et frères

Le choix des lutins pour Noël !

 

 

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Sœurs et frères ; Claude Ponti ; Editions l’école des loisirs, 9 novembre 2010, 21,5 €

 

Sœurs et frères : sujet dangereux s’il en est ! Après nous avoir bien prévenu sur les dangers, avantages mais surtout inconvénients de la sorofrérie : « la sorofrérie, c’est le vol ! », Claude Ponti nous entraine dans un joyeux bestiaire divisé en grands groupes. Tout d’abord les frères et sœurs, les demi-frères et demi-sœurs, les sœurs et frères morts et les traces et les laisses.

A partir de là libre à vos de reconnaître, d’envier, d’adopter un des spécimens représentés. Le tout nous entraine dans un univers totalement déjanté aux illustrations particulièrement réussies et décapantes (la couverture vous donne un petit aperçu de la chose je pense).

On aime particulièrement le Kili-Toultan-Partout («  Esprit de lectaventure. Féru.Vive imagination. Subtilité. Vivre avec : aisé si … Sinon, non. ») ; le Lagitttté-Detouteur : « Esprit vibratile à balayage. Energique. Incontrôlable.Anti-poussière. Vivre avec : à utiliser en agitateur. Ou vibro-marreur ») ; le Noukasse-Lébon : « esprit de harcèlement abusif. Eclapatouillement des noix. Vivre avec : gants de boxe ou tapette à mouche".

A savoir également qu’il existe en plus des sœurs et frères entiers ou que les quatre-quarts, des sœurs et frères et sœurs morts : ils sont toujours présents, « car l’esprit du sœur ou frère mort habite une petite maison insible dans la maison familiale ».

Toute une série donc de personnages bien sentis, tous plus vrais ou invraisemblables les uns que les autres. Des formes familières (les fanatiques de Ponti) seront accros, pour les autres il est grand temps de tomber dans la marmite !

 

Un grand album de Claude Ponti à savourer sans modération, comme on aime, par petites touches ou immersion totale. Un univers et un imaginaire toujours fantastique. On ne s’en lasse pas !

 

Jean-Luc

 

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