29 août 2022
Le Sang des Parangons
Pierre Grimbert est de retour et on ❤️❤️❤️❤️❤️❤️
Le Sang des Parangons marque le retour de Pierre Grimbert à la Fantasy. Le monde s’effondre peu à peu et la civilisation et le monde des humains semble arriver à son terme. Les dieux ont-ils abandonné cette terre ? Sont-ils endormis ? Chaque groupe, royaume, confrérie religieuse va alors envoyer un dernier groupe de héros chargés d’entrer dans la montage sacrée afin d’aller à la rencontre des divinités, de les réveiller si besoin et surtout de les supplier de remettre le monde en ordre de marche avant qu’il ne soit trop tard. Les premiers chapitres nous entraînent au pied de la montagne juste avant que les héros n’y pénètrent et nous permettent de faire la connaissance d’un certain nombre d’entre eux. Peu à peu les esprits s’échauffent, tous s’accusant ou presque de complots, de dessins peu recommandables de chercher la gloire éternelle. Les abords de la montage sont cependant peu attirants et rassurant sur le sort éventuel qui pourrait les attendre à l’intérieur avec un charnier que personne n’ose bouger est constitué des corps des anciens parangons rejetés desséchés par la montagne où on ne sait quelle force obscure. Malgré ces conditions peu engageante alors que le monde se meurt, le dernier groupe s’engage en ayant auparavant discuté ferme pour savoir qui devait rentrer le premier. Dès l’entrée Adan qui remplace son vieux maître mort au pied de l’épreuve, Uanahu reine de l’île du Bord-du-Monde ; Borj ; Loneil et Sehiris ; Naën la petite accusée de détrousser les cadavres alors qu’elle cherche son frère disparu dans la montagne depuis deux ans ; le prince Vidrien IV et bien d’autres encore dont vous ferez pour certains la connaissance au fil des épreuves qui les attendent se retrouvent dans un monde sombre, inquiétant, terrifiant à l’ambiance oppressante. Car quelle route mène au palais des dieux ? Comment s’y rendre le plus vite possible ? Dès les premières pages les querelles reprennent, les clans se renforcent et divisent pour savoir si une cheminée découverte peut être le meilleur moyen de rejoindre le centre de la montage. Les Parangons vont ainsi se diviser et prendre des chemins différents. Vous raconter les détails n’aurait pas d’intérêt et vous priverait du plaisir de la découverte. Juste vous dire que Pierre Grimbert crée tout un monde qui court à sa perte (on n’en a pas les détails), des candidats à la gloire résignés ou excités à l’idée du pouvoir et de la richesse envisagées, les plans et les divisions des uns et des autres, les jeux d’alliances, de rivalités, et ce coeur de montagne terrifiant qui suinte la mort et le désespoir. Rien dans ces salles ou ces couloirs ne sera épargnés aux Parangons qui pour certains sombreront dans la folie, d’autres connaitront une fin tragique car les couloirs et les grottes sont habitées par des créatures toutes plus cruelles et affamées les uns des autres, sans parler de phénomènes étranges et mortels.
On découvre au fil des chapitres et des destins d’autres personnages que ceux aperçus au départ, on s’attache à certains et on craint pour leur vie. Les derniers survivants parviendront-ils au coeur de la montage ? Les dieux sont-ils là ? Encore là ? Existent-ils vraiment ?
Pierre Grimbert tisse une toile prenante, angoissante qui révèle les caractères, les angoisses, les questions qui se posent désormais aux uns et aux autres et apportent un final étonnant. Un excellent titre particulièrement difficile à lâcher une fois qu’on est entré dans le récit. Un excellent roman à dévorer et partager.
Jean-Luc
Le Sang des Parangons
Pierre Grimbert
Illustration de couverture : Matteo Bassini
Editions Mnémos, 26 août 2022, 21 €
Les Monstres de Rookhaven, tome 1
Coup de coeur pour un tome 1 particulièrement bien écrit et étonnant ! Le plus c'est que la suite arrive le 8 septembre prochain ! Foncez ❤️❤️❤️❤️❤️❤️
Attention : petit bijou en vue. Le tome 1 de Padraig Kenny sorti fin janvier dernier est une excellente surprise d’autant plus agréable qu’il ne nous faudra pas attendre longtemps pour la suite qui est annoncée pour le 8 septembre prochain. Ce roman est un régal pour de nombreuses raisons. La première est la qualité de sa publication sa couverture douce avec son manoir, la typographie, la mise en page, les illustrations qui surgissent des pages ou deviennent noir d’encre lorsque certains monstres s’expriment ou rêvent : tout fonctionne et tout pousse à une lecture agréable et visuelle.
Le roman en lui même très bien écrit qui plonge les lecteurs dès les premières pages dans une ambiance très particulière dans laquelle on se sent bien et le bienvenu. L’histoire enfin de ces créatures qu’on appelle la Famille qui ont conclu un pacte il y a bien longtemps avec les habitants du village et qui vivent dans un espace protégé par un enchantement qui s’est déchiré au début de l’histoire permettant vous le verrez l’arrivée de deux jeunes intrus bien particuliers.
Cette Famille est composée de ce qu’on appellerait des monstres qui aiment se nourrir de chaire fraiche et qui ont tous des particularités physiques et/ ou psychologiques différents, certains passent à Traver les murs, d’autres peuvent se déplacer d’un endroit à l’autre, d’autre sont télépathes, d’autres vampires … .la première que vous rencontrerez c’est Mirabelle l’un des plus jeunes du manoir en train de nourrir les Fleurs de la Déchéance divine, ou plantes carnivores à l’appétit solide qui sont chargées de défendre les abords de la demeure. Au fil des pages on rencontre les autres membres de la Famille, assiste à l’arrivée du petit dernier, et puis à celles de deux petits humains perdus dans tous les sens du terme, orphelins et entrés par la déchirure de l’Enchantement.
Lors de leur arrivée, les membres résidents s’affrontent pour savoir si’l faut les aider, s’il faut les laisser partir, les chasser… Mirabelle tient tête à tous et la suite de l’histoire montrera qu’elle a finalement bien fait. Parce que comme souvent les monstres ne sont pas forcément ceux qu’on croit et que parfois de mauvais surprises peuvent arriver comme la guerre et le voile de tristesse et de désespoir qui s’est emparé du village voisin au fur et à mesure des décès des soldats partis au front. Aventures, frayeurs, découvertes, arrivées de funestes personnages, tout concourt à nous accrocher et nous envouter. Ce roman parle de vie, de différences, de blessures profondes, d’origines, d’amitiés et nous offre avec son cadre fantastique un cadre émouvant, étonnant et brillant d’aventures pas comme les autres. Il émane de ce roman un charme fou par l’écriture et l’histoire qu’il nous conte. On entre un peu par effraction dans le domaine de Rookhaven, on s’y attache et on ne regrette qu’une chose c’est que l’aventure s’achève. A dévorer, sans mauvais jeu de mots, et à suivre donc très vite. Une suite très attendue qui on l’espère sera à la hauteur du premier tome.
Jean-Luc
Les Monstres de Rookhaven, tome 1
Padraig Kenny
Traduit de l’anglais (Irlande) : Julie Lafon
Illustrations : Edward Bettison
Editions Lumen, 20 janvier 20222, 16 €
A paraitre le 8 septembre 2022
Le réveil du feu, tome 1 : Douze et la Forêt des Froidures
Très gros coup de coeur pour un roman passionnant et trépidant ! A lire ❤️❤️❤️❤️
« Je fais le serment de ne jamais baisser les armes face à l’obscurité, et de ne pas laisser régner la tyrannie ».
C’est le très gros coup de coeur de cette sortie du début d’été. Un roman sombre qui débute lentement sur les premières pages de manière classique pour ce genre d’univers et qui peu à peu aiguise notre curiosité et se met littéralement à vibrer et à nous embarquer au fil des chapitres.
Il fait froid dans la Loge de chasse, les novices sont en plein entrainement et comme à son habitude Douze est isolée. Douze parce qu’en arrivant à la Loge les novices renoncent à leur nom. Cet univers hiérarchisé dominé par les Aînés est sans pitié avec les écarts et les réfractaires. Lassés de leur énième dispute, Douze et Cinq sont envoyés au cachot mais pendant leur punition la catastrophe impensable arrive et la Loge est attaquée par les sous-sols par un groupe de Gobelins venus kidnapper l’une des novices Sept. La lutte et la course poursuite qui vont s’engager alors sont pleines de chausses-trapes, de pièges, de monde magies et de rencontres avec des créatures étonnantes et terrifiantes. Un gardien de pierre nommé Chien, des blattes de roche, des génies du Feu, la forêt des Froidures inquiétante et mouvante à souhait, les urges ou autres fileuses de mort surgissent des pages comme des être aux pouvoirs non répertoriés par le bestiaire fantastique dont s’est munie Douze en partant (bien utile pour évaluer les dangers et les chances de lutte contre telle ou telle créature). La rencontre avec Querceroc, l’Arbre-Coeur vous fera frémir. Au fil des pages les novices embarqués dans l’aventure se dévoilent peu à peu, de lourds secrets sont percés à jour et des surprises attendent nos héros comme les lecteurs.
Ce roman palpitant, chaleureux et étonnant est particulièrement bien écrit, l’intrigue bien menée et l’univers créé est suffisamment original dans son utilisation pour passer un excellent moment de lecture et de découverte. A lire dans tarder pour ensuite s’armer de patience puisque le tome suivant n’est pas annoncé avant 2023. Un très bon titre à lire absolument.
Jean-Luc
Le réveil du feu, tome 1 : Douze et la Forêt des Froidures
Aisling Fowler
Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) : Anne Delcourt
Editions Nathan jeunesse, 7 juillet 2022, 16,95 €
Il était ma légende
Puissant et bluffant ! Un court roman formidable à dévorer sans tarder ! ❤️❤️❤️
« Je me souviens du jour où j’ai rencontré pour la première fois mon héros.
Je me souviens du jour où je l’ai trahi.
Je me souviens du jour où il est mort. » © Nathan.
C’est ainsi que début ce court roman qui va nous entraîner près du corps des marches, où des chevaliers sont les gardiens des Monts frontières, là où se trouve un héros, une légende, celui qui autrefois fut capable de sauver les Royaumes contes les démons d’ombre : Elok d’Endar. Elle aurait pu continuer à vivre riche et choyée, profiter de ses 17 ans à Orcian la riche cité , pourtant elle est partie pour retrouver Elok. En route elle fera la connaissance d’un changeforme, un elfédien du nom de Sélis qui la fait prisonnière et l’emmène au corps des Marches.
La situation est grave, la porte de la grotte millénaire, où le corps du Roi des Cendres vaincu autrefois et enfermé dans un cercueil, scellée par de puissants mages est en train de se lézarder et les démons des Ombres menacent de nouveau. Quels secrets cachent donc Elok et son mystérieux renoncement au pouvoir et à la gloire promises autrefois ? On est pris dès les premières lignes et on vibre au prix des trahisons, des compromissions et des dangers. Un court roman qui se lit d’une traite et à la fin duquel on se retrouve à bout de souffle avec un goût amer au bord des lèvres. Absolument passionnant et magique !
Jean-Luc
Il était ma légende
Estelle Faye
Editions Nathan jeunesse, collection court toujours, 9 juin 2022, 8 €
Aurora Squad : Episode 01
Coup de ❤️❤️❤️❤️ pour un premier épisode rythmé et passionnant ! Foncez le tome 3 sort le 8 septembre prochain
Si parfois comme nous vous êtes en retard et que vous regardez vos PAL d’un oeil mi septique, mi désespéré, courage. Et puis surtout il ne faut jamais désespérer parce que comme dans ce cas avec l’arrivée du tome 3, vous allez vous lancer et découvrir une petite pépite.
Cet épisode 1 est génial : superbement écrit, avec beaucoup d’humour, des personnages creusés et attachants, irritants, énervants, drôles et qui au final collent si bien ensemble. Le pauvre Tyler Jones est l’un des élèves les plus brillants de de l’académie Aurora et promis par ses résultats à pouvoir choisir le jour de l’Affectation une équipe brillante et prometteuse. Mais rien ne va se passer comme il l’espérait, lui qui marche avec sa jumelle Scarlett dans les pas de son père, n’arrive pas à dormir la nuit précédent la cérémonie. Il obtient d’un de ses supérieur de pouvoir faire un tour dans l’Ellipse. Ce qui devait être une promenade de santé va se transformer en mission d’abord car un vaisseau y est signaler en perdition avec quelqu’un cryogénisé mais vivant à bord et parce qu’il rentrera trop tard pour assister à la cérémonie de l’Affectation et ne pourra donc pas faire valoir ses droits.
Pauvre Tyler, Alpha brillant qui baisse la tête et accepte son destin. Heureusement sa soeur Scarlett (négociatrice), sa meilleure amie Cat (l’as pilote) ont demandé à lui être affecté rejoignant ceux qui n’ont pas été choisis : Finn le mécano à l’humour 180ème degré, un Traskien, Mal le gros bras guerrier Syldrathis, et Zila (la cellule grise) scientifique sociopathe à la réputation détestable. Viendra les rejoindre dans leurs aventures, celle qu’il a sauvé, endormie depuis plus de 200 ans dans son vaisseau perdu dans l’Ellipse, qui s’est réveillée intacte ou presque de son long voyage : Aurora dite Auri.
La première mission du nouvel escadron semble bien terne et peu glorieuse à nos jeunes amis : porter secours à un groupe de réfugié Syldrathis fuyant la guerre aux frontières de leur univers. Mais c’est là que tout va basculer parce qu’ils sont sept à bord et non six. La hiérarchie de Tyler s’est arrangée pour qu’Auri soit à bord ; la mauvaise volonté des réfugiés ; l’arrivée d’un navire des Invaincus faisant craindre le pire avec à leur bord le Fléau des étoiles et surtout à la surprise totale de tout le monde un vaisseau de la Force de défense terrestre (FDT) avec des membres de l’AMR (agence mondiale de renseignement). A partir de là tout bascule, tout se complique et tout s’enchaine.
On adore l’intrigue, ses rebondissements et ses vraies surprises. On adore les personnages, leur rencontre, leur confrontation au groupe et aux épreuves. Le style est enjoué, l’histoire complexe et très bien écrite. Le livre est une belle publication avec des pages de rappel sur les personnages et leur fonction, certaines situations dans un décor et une couleur différente du récit. Ce premier épisode est un vrai petit régal. Une série à entamer sans hésiter et tarder pour ceux qui sont en retard, le tome 2 est déjà paru (on vous en parle bientôt) et le tome 3 final sort le 8 septembre prochain. Foncez c’est excellent !
Jean-Luc
Aurora Squad : Episode 01
Amie Kaufman / Jay Kristoff
Traduit de l’anglais (Australie) : Emmanuel Gros
Illustration de couverture : Charlie Bowater
Editions Casterman jeunesse, 5 février 2020, 17,9 €
16 août 2022
L’enfance des héros : Persée et Héraclès
Toujours pour nos jeunes amis retrouvez les héros de la mythologie ❤️❤️❤️❤️
Après les quatre premiers tomes sur l’enfance des dieux, Evelyne Brisou-Pellen, autrice prolifique embarque nos jeunes lecteurs férus de mythologie dans l’enfance des héros.
Le premier concerne Persée et la conception magique de sa maman Danaée par une pluie d’or. Le petit garçon avant de savoir que son père est Zeus va connaitre bien des aventures protégé par sa soeur Athéna et son frère Hermès les deux dieux qui vont lui permettre de tuer Gorgonne et de sauver sa maman qu’il a mis dans un beau pétrin. L’oracle a été très précis autrefois quand son grand-père lui avait demandé s’il aurait un fils. La réponse avait été non seulement négative mais il lui avait prédit également qu’il mourrait de la main de son petit-fils.
On suit avec bonheur les détails de l’enfance de ce petit héros qui va devenir grand. Les dieux qui ne sont jamais très loin, à comploter, se mêler de tout et la force du destin. Les illustrations sont très réussies également en couleur sur la couverture en dégradé de noir et blanc à l’intérieur pour aller plus loin encore dans l’histoire et dans l’imaginaire transmis par l’autrice. Un tome qui se lit d’une traite, formidable.
Jean-Luc
L’enfance des héros : Persée
Evelyne Brisou-Pellen
Illustrations : Thierry Christmann
Editions Pocket Jeunesse, 3 février 2022, 8 ans+, 5,5 €
Héraclès un enfant hors-norme promis à un destin étonnant ! ❤️❤️❤️
Encore une drôle d’idée de Zeus le roi des dieux, pour créer davantage de lien entre le monde des dieux et celui des humains, il ne trouve rien de mieux que de se dire qu’un être mi homme, mi dieu pourrait faire l’affaire. Et c’est parti pour cet incorrigible coureur de jupon qui va séduire la belle Alcmène sans qu’elle s’en rende compte. Ammphytrion étant à la guerre, il en profite pour prendre son apparence et ainsi devenir papa juste avant que le mari légitime ne revienne. Mais très vite le doute s’installe chez lui qui ne comprend rien à ce qui lui raconte son épouse et chez elle qui trouve étrange ce mari revenu deux fois du combat en si peu de temps.
Le futur Héraclès est en route et déjà il va devoir affronter la colère de la divine Héra qui à entendu son mari en parler à son frère Poséidon venu se plaindre du roi L’enfance des héros : Héraclès de Crète. Les aventures vont alors se succéder très vite pour ce bébé pas comme les autres qui très vite devient un dieu complet. Là encore les illustrations en noir et blanc ouvrent sur l’imaginaire de ce héros petit avant que l’histoire à la fin n’ouvre sur les aventures et le terrible destin d’Héraclès adulte.
Très réussi ce deuxième tome de l’enfance des héros nous plonge de la plus belle des manières dans la mythologie et nous transporte entre complots, malédictions et erreurs divines. A découvrir et offrir.
Jean-Luc
L’enfance des héros : Héraclès
Evelyne Brisou-Pellen
Illustrations : Thierry Christmann
Editions Pocket Jeunesse, 3 février 2022, 8 ans+, 5,5 €
L’enfance des dieux tome 1/2/3/4
Revisiter la mythologie pour les 8 ans et plus avec Evelyne Brissou-Pellen,
c'est l'assurance d'un excellent moment ❤️❤️❤️❤️
Les deux premiers tomes de cette Enfance des dieux embarquent les jeunes lecteurs à leur hauteur ou presque avec des dieux de l’Olympe au début de leur longue carrière. D’abord survivre avec le premier tome et Zeus. En effet, avant de régner sans partage, la génération des olympiens, doit régler un petit problème : leur père Cronos. Celui-ci a des fâcheuses manies et à cause d’une fichue prédiction, il avale ses gosses à la naissance pour se prémunir de l’avenir annoncé. Mais un jour … l’un d’entre eux va échapper à sa gloutonnerie et ainsi changer la donne.
Dans le second, tome la première génération des olympiens a grandi et la famille va s’élargir avec l’arrivée d’Athéna. Et rien que la description de sa naissance vaut le détour. Fureur d’Arès, furie d’Héra et conséquences en chaînes. Il faut dire que Zeus n’est pas très fidèle et n’hésite pas à tromper la pauvre Héra. La petite Athéna en grandissant va avoir fort à faire.
On aime le rythme des histoires, leur mise à portée des plus jeunes mais tout en restant remplies de détails et proches de l’original. On aime les arbres généalogiques de la fin ainsi que les quelques mots de vocabulaire qui permettent de comprendre l’ensemble. (Mots grecs, termes précis impossibles à transformer) .
C’est un très bon moment et une jolie découverte que cette nouvelles collection qui débute. A savourer vraiment sans modération.
Jean-Luc
L’enfance des dieux
Zeus tome 1 / Athéna tome 2
Evelyne Brissou-Pellen
Illustrations Thierry Christmann
Editions Pkj à partir de 8 ans, 18 février 2021, 5,5 €
Le tome 3 de l’enfance des dieux nous entraine à la découverte des deux jumeaux Artémis et Apollon. De leur naissance difficile (leur mère Léto étant condamnée à ne pas accoucher par la fureur d’Héra, aux premières aventures on suit avec grand plaisir ces deux petits dieux vivants et étonnants. Des erreurs commises, de la violence, de la vengeance comme partout dans la mythologie qui peu à peu permettent de voir de grandes pages de la mythologie, de futures histoires … ou de lieux fantastiques créés à la suite de ces deux divinités. C’est frais, intelligent, ces deux dieux enfants qui grandissent peu à peu sont intelligents et pétillants même s’ils ont les caractéristiques désagréables de leur statut. Evelyne Brisou-Pelllen permet avec ce tome 3 à nos jeunes amis à partir de 8 ans de se faire plaisir en enrichissant leur imaginaire et leur culture générale. Que du bonheur.
Jean-Luc
L’enfance des dieux, tome 3, Apollon et Artémis
Evelyne Brisou-Pelllen
Illustrations : Thierry Christmann
Editions PKJ, 24 juin 2021, 5,5 €
C’est Hermès qui est la divinité héroïne de ce tome 4 de l’enfance des dieux. Petit dieu malicieux et insupportable petit voleur et menteur dès sa naissance, nous le suivons avec plaisir dans sa confrontation avec son demi frère Apollon avec qui il fera rapidement la paix, puis lorsqu’il sauve la mise à son Zeus de père…
Vivant, étonnant et joyeux, il n’échappe cependant pas au destin qui est en marche comme lui rappellera son frère Apollon après qu’il ait servi d’entremetteur dans l’histoire de la pomme qui va déclencher la guerre de Troie dit la légende.
Une fois de plus une réussite. C’est frais ! Intelligent, on s’amuse à découvrir les détails de la naissance, la rancoeur d’Héra prise au piège par ce petit filou et toutes ces histoires fantastiques. Une collection attachante et passionnante pour nos jeunes amis à partir de 8 ans
Jean-Luc
L’enfance des dieux, tome 4, Hermès
Evelyne Brisou-Pelllen
Illustrations : Thierry Christmann
Editions PKJ, 24 juin 2021, 5,5 €
18 juillet 2022
Vampyria, Livre 2 : la cour des miracles
Un tome 2 envoutant et une héroïne qui trace sa route dans un monde noir et toujours étonnant ❤️❤️
Bel été avec les Sandales
Diane de Gasterfriche ou Jeanna Froidelac peu importe ou presque le nom que vous allez lui donner. Peu importe ? Pas si certain, car peut-on vivre à la cour de l’Immuable sans en subir les conséquences, loin des siens, loin de ses alliés. Dans ce deuxième tome qui nous prend tout autant aux tripes que le précédents, on retrouve notre jeune héroïne en proie avec les complots, les cabales et un danger mortel qui semble même faire trembler le pouvoir du vampire suprême : les goules qui infestent les bas fonds et la nuit qui semblent s’être organisées et être guidées par une ennemie du souverain celle qui se fait appeler Hécate ou la Dame des Miracles.
C’est ainsi, alors qu’elle a faille se faire surprendre en plein complot par un des gardes du palais, qu’elle va se voir confier une mission de la plus haute importante : relever le défi de la Dame des Miracles, la localiser et la ramener à son maître qui espère ainsi mettre la main sur son pouvoir qui gouverne aux goules et ainsi rendre le sien quasi invincible.
On va ainsi se retrouver lancé dans les rues d’un Paris revisité par l’Immuable et les siens (sublime carte de Paris), courir les rues devenues mortelles à la tomber de la nuit, éviter les complots, rencontrer d’autres vampire comme Sterling Raindust, diplomate au service de la cour d’Angleterre , faire la connaissance d’une groupe de bandes nommés les Lacrymal et leur Dame qui rêvent de vengeance (parfois les vengeances portent toutes vers les mêmes personnes et créent ainsi des liens étonnants) ; l’hospice des Incurable et autant de lieux étonnants et revisites par un auteur très au fait de l’histoire réelle de la ville et par sa création. (Le gibet de Monfaucon, la cour des Miracles…)
Retrouvailles, anciens amis qui se rejoignent, secrets jalousement gardés, nouveau personnages et une héroïne qui malgré la noirceur de ce monde, ses dangers et ses désillusions reste un petit point d’espoir et de lumière avec une pointe de mystère savamment distillée par un auteur décidément très en verve.
Jean-Luc
Vampyria, Livre 2 : la cour des miracles
Victor Dixen
Illustration de couverture © Nekro / Médaillons © Loles Romero / Lettrage : © Tarwane © Pen de Paris Misty Beee
Editions R’, 17 juin 2021, 17 €
12 juillet 2022
Magie à Minuit, tome 3 : la dernière heure
Le tome 3 et la fin de cette trilogie éblouissante à dévorer pour rêver et réfléchir sur l'importance de l'engagement et de la fidélité. Merveilleux tome final pour souhaiter la bienvenue chez Nathan jeunesse à Valentine L
❤️❤️❤️❤️❤️
Trois petits tours et puis s’en vont : voici venu le temps du dernier tome de cette trilogie merveilleuse. Emily n’est plus la bienvenue au Royaume magique de Minuit et elle l’apprendra bientôt pas plus que les siens les Pokas, ni tous ses anciens amis, qui ont été soit tués, emprisonnés ou se sont cachés quelques part dans la salle des objets perdus. Elle enrage de ne plus pouvoir franchir les portes mais un jour une créature du Royaume vient la chercher tant la situation est urgente. Revenue dans la place, elle découvre l’étendue des dégâts et un certain nombre de ses amis. Mais l’heure n’est pas à fêter les retrouvailles, des forces sombres sont à la manoeuvre, et le livre en filigranne montre combien les foules peuvent être flattées, manipulées et encouragées dans leurs instincts les plus bas en leur promettant « aux crédules de leur rendre fierté et grandeur ».
Partout dans un Londres de Minuit méconnaissable c’est la panique et je ne vous parle même pas du moment où la Chasse débarque à la poursuite d’Emily et de son cher Tarkus.
Le retour de personnages qu’on a beaucoup aimé, la découverte de la famille de Tarkus, les allez et retour du départ avec les deux mondes avant l’affrontement central ou des forces ancestrales vont entrer en jeu, dans le monde réel, du jour, avant la catastrophe finale. Ce troisième tome tient toutes ses promesses, accélère et nous embarque avec lui pour un final éblouissant et étonnant (quel bel épilogue). Une série désormais terminée à ne surtout pas manquer et à dévorer avec passion.
Jean-Luc
Magie à Minuit, tome 3 : la dernière heure
Benjamin Read et Laura Trinder
Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) : par Anne Guitton
Editions Nathan jeunesse, 12 mai 2022, 13,95 €
D'un clic sur les visuels ci-dessous , retrouvez les chroniques des tomes précédents.
11 juillet 2022
Vampyria tome 1
Vénéneux à souhait, inquiétant et trépidant ! Passez un bel été avec les Sandales jeunesse
Le nouveau Victor Dixen nous entraîne dans un univers sombre et inquiétant. Louis XIV n’est plus, mais n’est pas mort non plus. Diverses expériences l’ont amené à transmuter et à devenir un vampire tout puissant. A sa suite dans la plupart des royaumes européens, les souverains se sont transformés aussi et sont devenus des vassaux du Roi Soleil transmuté en Roy des ténèbres. C’est dans cette société transformée par les nouveaux maîtres tout puissants que des règles strictes se sont mises en place. Prélèvement régulier de sang frais pour les maîtres, interdiction formelle de sortir après la tombée de la nuit (malheur à celui ou celle qui ne peut se réfugier à l’abri), et division même au plus haut sommet de l’Etat entre la noblesse vampirique et celle qui les côtoie. Le peuple sert désormais de réserve alimentaire à une partie de la noblesse vampirique soumise à des quotas de transmutation drastiques.
Dans ce monde cruel, dominé par la peur, certains ont décidé de résister cependant. Et un rien peut dans cet univers, faire basculer une vie. C’est ce qui va arriver à la famille de Jeanne Froidelac, jeune fille choyée par son père et sa famille qui vont être assassinés par les envoyés de l’Inquisition. C’est en essayant de se réfugier chez ceux qui l’ont trahie, quelle va trouver le salut et faire la connaissance d’Alexandre de Mortange, vampire qui, lui, voit dans l’arrestation et le meurtre de la famille de Jeanne une occasion de revenir en grâce à Versailles.
Quand à elle, désormais appelée Diane de Gastefriche, elle monte à Versailles avec le bourreau de sa famille, vers l’école de la Grande Ecurie qui accueille des enfants de la noblesse mortelle et notamment ceux qui comme Jeanne/Diane se retrouvent seuls pour cause de service rendu au Roy.
Diane, va entrer dans un univers de soupçon de trahison, de luttes intestines, dans l’antichambre de la cours de Versailles par l’épreuve de la Gorgée du Roy.
Victor Dixen tisse sa toile patiemment, une fois son cadre en place, il en creuse les détails, fait apparaître peu à peu les pièces de son échiquier cruel et géant. S’appuyant sur l’Histoire et le Versailles du Roi Soleil, il en crée une version sombre et ténébreuse, venimeuse aussi car tant de ses protagonistes sont dangereux qu’ils soient humains ou vampires. Des humains aux côtés des vampires, ceux qui subissent de leur plein gré ; les traîtres portés par l’envie de reconnaissance ultime : la transmutation ; ceux qui ploient sous le joug ; des nobles devenus ivres de pouvoir et d’ambition…
Amis, ennemis, alliés, difficile de ne pas se faire piéger par les faux semblants créés par l’auteur qui sait se jouer des apparences et nous entraîner vers un final étonnant qui ouvre sur une suite attendue désormais avec impatience.
Ce tome 1 de Vampyria est une sorte de fleur vénéneuse et fascinante à la fois. Dès les premières lignes vous serez happés par l’intrigue et les personnages. Tout au long de l’histoire, vous serez surpris par les méandres de l’intrigue et ses retournements. Désormais, Jeanne devenue Diane par la force des choses tente de reprendre son destin en main et vise la vengeance.
Un premier tome passionnant et excitant. A découvrir de toute urgence
Jean-Luc
Vampyria , Livre 1 : la cour des ténèbres
Victor Dixen
Illustration de couverture © Nekro / Médaillons © Loles Romero / Lettrage : © Tarwane
Editions R’, 15 octobre 2020, 16 €
Les chimères de Vénus
On avait adoré cette nouvelle série alors pour que l'été soit lumineux et imaginatif on vous la repropose
Coup de ❤️❤️❤️❤️ pour le début d'une série brillante et prometteuse.
Plusieurs ambiances dès le départ, plusieurs théâtres de l’aventure qui se croisent et s’emboitent les uns dans les autres. Un navire qui semble perdu aux abords d’une île magnétique ; Paris où la belle Hélène Martin va séduire le rustre duc de Cbouvigny alors qu’à l’opéra dans les alcôves des balcons on discute politique et intérêt de nouvelles colonies ; un bagne quelque part sur une autre planète où celui qu’Hélène aime vraiment est en train de changer son destin et c’est parti pour un voyage extraordinaire. On aime ces images prises entre une technologie impressionnante et le décor et l’ambiance très XIXème siècle, et ode voyage en direction de Vénus. Vénus sur laquelle cohabitent désormais au sein d’une végétation luxuriante les nouveaux arrivés qui s’installent peu à peu et d’anciens propriétaires des lieux : des dinosaures.
Enfin les voici arrivés à Eugénia le coeur administratif, militaire et industriel de la ville. Puis le voyage extraordinaire sur des rails qui serpentent en hauteur au dessus de la forêt géante et de ses occupants d’un autre âge, alors qu’Hélène n’en finit pas de chercher Aurélien déclaré mort. A leur bord Chouvigny ivre de puissance décide alors de chasser ces animaux fantastiques, se sentant hors de porté lui qui fil au dessus de la forêt. Pourtant au deuxième tir c’est un mégalosaure qui est blessé et celui-ci n’a aucun complexes, ni doutes de sa supériorité face à ceux qui sont désormais devenus ses proies.
Peu à peu dans cette nouvelle série inventée à la suite du Château des Etoiles, les auteurs inventent tout un monde étonnant de prouesses scientifiques mêlées de choses plus anciennes tout aussi inquiétantes. La planète Vénus est-elle une planète vierge, où ne circulent que des êtes préhistoriques dans une nature vierge et riche de promesses permettant aux Anglais et aux Français de poursuivre leur éternelle rivalité, où recèle-t-elle d’autres secrets ?
Tout un univers steampunk étonnant et brillant qu’on va adorer suivre dans les prochains épisodes.
Jean-Luc
Illustrations © Rue de Sèvres. tous droits réservés. Merci
Les chimères de Vénus, tome 1
Scénario : Alain Ayroles
Dessin : Etienne Jung
Editions Rue de Sèvres, 24 mars 2021, 15 €
04 juillet 2022
Leur sang coule dans tes veines
Coup de ❤️❤️❤️❤️❤️ de l'équipe ! Un roman puissant et addictif ! Génial !
L’un des premiers romans de la rentrée et déjà le coeur qui tape et le plaisir de lire un très bon roman.
Matha est tombée d’un arbre dans son jardin. Cet accident lui a couté un oeil et depuis elle se replie sur elle même parce qu’elle a le sentiment d’être devenue un monstre aux yeux des autres et puis surtout parce qu’elle peut lire leurs émotions et leurs souvenirs au simple contact de leur vêtement de manière plus ou moins intense en fonction de la matière du vêtement porté.
Paniquée, n’obtenant pas de réponse ou ne pouvant en avoir de ses parents divorcés qui la prennent en tenaille, elle décide de rejoindre l’île de Skjebne, l’ile de son enfance où pense-t-elle sa grand-mère sera la seul à pouvoir lui répondre.
Dès les premières pages Martha est littéralement en fuite vers ce qu’elle pense être son refuge, dès les premières lignes l’autrice comme par magie happe le lecteur et le tient désormais pris au piège des lignes qui dansent sous ses yeux.
Là-bas, le suspens tombe vite, elle arrive trop tard, sa grand-mère est morte et c’est seule pense-t-elle qu’elle devra affronter le mystère de ses nouveaux pouvoirs. C’est sans compter le hasard. Stig jeune homme perdu comme elle, a rejoint l’île et s’est réfugié dans la maison qu’il pensait abandonnée. Les deux vont devoir cohabiter et plus encore. Mais surtout il faut faire vite, car en mourant sa grand-mère a du abandonner son rôle de veilleuse, celui échu depuis tant de générations aux femmes de la famille qui consiste à arroser avec l’eau du puit l’arbre étrange qui se trouve derrière la maison, Ygdrasil selon la mythologie nordique. Et sans ces attentions journalière, l’arbre se meurt et ouvre peu à peu la porte au royaume des morts dont les âmes affolées s’échappent en même temps qu’une créature redoutable assoiffée de sang et de mort. Il faut faire vite, la bête rôde, elle a déjà tué et sa prochaine cible semble évidente. Au fil des pages, en même temps que l’évolution menée au pas de charge de l’histoire, se greffe celle de la famille de Martha. On découvre ainsi ses liens avec la mythologie nordique, les explications liées à ces pouvoirs étranges, ce lien avec le royaume des morts, et l’urgence qu’il y a à ce que les choses retrouvent leur situation ancestrale pour que le monde puisse de nouveau fonctionner ou couler dans le chaos.
C’est absolument bluffant, c’est très bien écrit, c’est totalement addictif et on sort quasi épuisé et à bout de souffle de cette lecture (plaisir bien évidemment) qui nous entraîne entre mythologie et horreur et surtout qui est écrit de telle manière que nous aussi lecteurs avons le sentiment d’avoir reçu les mêmes pouvoirs que l’héroïne et d’être devenus des éponges à émotions et à sentiments étranges et passionnés.
Un très bon premier tome qu’il faut dévorer sans attendre. Un seul défaut la suite n’arrive qu’à l’automne, mais vraiment c’est formidable.
Jean-Luc
Leur sang coule dans tes veines
Rachel Burge
Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) : Corinne Daniellot
Editions Casterman Jeunesse, 5 janvier 2022, 16 €
La malédiction de Highmoor : douze soeurs s’en allaient au bal …
Eulalie est morte ! Encore une fille Thaumas qui est morte. Partout la rumeur commence à circuler que les douze filles seraient maudites. Poisseuse, rampante, elle gagne du terrain. Au manoir la panique gagne les filles aînées qui déjà voient s’envoler leurs rêves de mariage et de futur. Mais Annaleight la soeur qui raconte l’histoire est peu à peu persuadée que quelque chose cloche, que non sa soeur ne s’est pas jeté du haut de la falaise : et si … ?
Progressivement la vie doit reprendre et leur père 13 ème Duc des îles Salann s’est remarié après la mort de sa femme chérie lors de son douzième accouchement. Et puis ses filles ont commencé à mourrir.
Alors comme pour conjurer le sort, il est désormais marié à Morella une jeune femme enceinte qui doit lui apporter qui sait un fils tant attendu. Oh pas que cela pose un problème d’héritage, non car dans ces contrées reculées, les filles lorsqu’elles sont les aînées reprennent le titre et héritent du domaine pas de problème avec cela, non, mais quand même : un fils !
Morella la jeune femme venue de loin, étouffe sous le poids des traditions, comprend brutalement que quelque soit le sexe de son enfant ce ne sera pas lui l’héritier et obtient la fin du deuil et la reprise des fêtes et des tenues colorées. Officiellement il faut passer à autre chose, laisser la vie reprendre ses droits et faire s’éloigner la tristesse et la mort.
Au fil des pages, l’histoire se densifie, comme si nous étions entre deux mondes, comme si une mince frontière séparait le monde classique des humains bruyant de la civilisation moderne et l’autre plus ancien emprunt du poids des croyances dans les anciens dieux. Les filles qui n’en peuvent plus semblent au fil des pages prises d’une frénésie, d’une boulimie de vie. Elles veulent danser et s’amuser, rencontrer des prétendants sérieux, pas de ces mauviettes qui semblent ne plus pouvoir ou vouloir les approcher relayant cette histoire de malédiction.
Pourtant les rumeurs ont la vie dure et celle-ci semble coller aux pages comme aux esprits des soeurs qui toutes se posent des questions et angoissent à l’idée que l’une d’entre elle puisse à nouveau mourir.
Annaleight semble voler de page en page, de soeur en soeurs, de rencontres en rencontres, tantôt hostile, tantôt amicale avec sa jeune belle mère elle tente par tous les moyens de comprendre ce qui la dérange, quelque chose de confus et d’étrange qui la pousse à croire que sa soeur aurait été assassinée.
L’autrice joue à semer le trouble à jeter le chaud et le froid et nous offre des pages où la magie ancestrale l’emporte et où les soeurs Thaumas s’envolent dans des bals endiablés vêtues de robes sublimes en ruinant leur précieux souliers sur les parquets des salles de bal. Puis d’un coup quelque chose se crispe, s’enraye et finit par troubler le lecteur qui ne sait plus trop où est la frontière entre la réalité, la magie, le rêve, le cauchemar. Parce ce que c’est bel et bien vers une forme de cauchemar que ces robes tourbillonnants nous embarquent, aidées par la rudesse du climat, par le milieu rigide qui dicte ses lois. Et si Annaleight avait raison ? Et si Eulalie n’était pas morte d’un accident ou d’un suicide ? Et si un danger bien plus grand planait sur la famille Thaumas ?
Difficile de vous en dire davantage sans trahir l’histoire et ses secrets, nous vous laissons au plaisir de cette lecture envoutante, et presque vénéneuse à la fois. Comme le sous titre l’indique ceux dont l’imagination galope entendront de drôles de musiques et verront s’envoler le bas des robes de douze soeurs qui s’en allaitent au bal !
Magistral ! Un des meilleur titre de cette fin d’année. A lire absolument pour les plus grands qui savent plonger et rêver dans les intrigues bien tissées aux éclats multiples comme les facettes lumières des bals qui brillent de mille feu pour oublier la douleur, la peur, la souffrance et la mort.
Jean-Luc
La malédiction de Highmoor : douze soeurs s’en allaient au bal …
Erin A. Craig
Traduit de l’anglais (américain) : Elsa Pellegri
Editions Casterman jeunesse, 22 septembre 2021, 18,95 €
La nuit des reines
Baton Noir, ville qu’on verrait bien quelque part en Louisiane dans le bayou, où règne la magie au service d’une élite. Jude Lomax, l’héroïne du roman vit dans les bas-fonds de la ville, trainant sa misère, son désespoir et survivant grâce à ses talents de musicienne. Pourtant la jeune trompettiste a bien du mal à joindre les deux bouts et refuse toute aide magique que ce soit, refusant obstinément les artifices proposés par la magie Cojoue.
Refuser c’est facile à dire parce que le jour où elle joue avec sa fanfare pour l’enterrement de l’une des femmes les plus puissantes de la ville, sa vie va basculer définitivement. Ivory Monette, la reine Cojou a été assassinée. Mais elle avait prévu son assassinat visiblement et une poupée ensorcelée va permettre à son esprit d’échapper à la mort et de prendre possession du corps et de l’esprit de la pauvre Jude.
Cadeau empoisonné ? Oui et non parce que non seulement, la vieille reine va lui révéler bien des secrets, l’emmener là où elle n’aurait jamais pu ou imaginé mettre les pieds, et rencontrer ou approfondir ses relations avec des individus qu’elle n’aurait jamais voulu voir d’aussi près. André Majstro son patron du Moonfleet pour qui elle joue de la trompette ; Etienne Malloy le vampire ancien amant de la jadis belle Ivory, legbas dangereux et pervers… et quelques amis surs et fiables sans qui elle ne serait rien comme Sharkey. Elle va en servant les intérêts de son hôte qu’elle supporte bien involontairement en apprendre aussi bien plus sur sa famille et la mort de son frère. Le temps presse la nuit des Reines approche et Ivory sait que son sort tient à peu de chose désormais et qu’elle a peu de chance d’échapper au legba de la mort a qui elle a échappé provisoirement.
Jude plonge ainsi dans tout ce qu’elle a essayé de fuir et d’éviter depuis des années et va côtoyer, créatures étranges, sortilèges dangereux, menaces maléfiques, complots, manipulation … on plonge dans la Nuit des reines comme on entre en transe dans un monde étrange où résonne dès les premières lignes des notes de jazz, l’ambiance du bayou, la magie qui transpire des pages et tout un univers changeant et mouvant qui s’offre à nous au travers de ceux de Jude.
La fin étonnante et particulièrement réussie va vous scotcher et surtout pour les fans vous laisser espérer une suite prochaine, les jeux sont ouverts.
Un roman envoutant qui nous embarque dans un univers très bien maîtrisé et nous donne le sentiment le temps de le refermer qu’on est parti loin au bord du bayou alors que le gombo mijote et que les crocodiles glissent doucement sous l’eau. A découvrir sans tarder.
Jean-Luc
La nuit des reines
Alex Bell
Traduit de l’anglais (Grande Bretagne) : François Nagel
Illustration de couverture : shutterstock
Editions Bayard Jeunesse, 25 aout 2021, 14,9 €
Les véritables aventures d'Homère, premier des poètes
Le souffle de la légende, de la mythologie et des caprices divins glisse sur ce roman merveilleux ! Très gros coup de coeur ❤️❤️❤️❤️ Très bel été avec les Sandales jeunesse
Ce roman est fabuleux. Il nous entraîne dès les premières pages dans le sillage d’Homère. De la découverte de ses origines, à son apprentissage, il ne cesse de nous surprendre et de nous entraîner à sa suite. Fantasque, étonnant, il va apprendre à chanter sans provoquer totalement les dieux, mais sans les ménager pour autant. Le problème de ce roman, c’est qu’une fois ouvert, on peine à le refermer et on se laisse envouter et entrainer de pages en pages. Que ce soit les humains, les divinités, la nature, tout nous amène à aller de découvertes en découvertes, d’hymnes en hymnes.
Le rythme est soutenu, les mots filent légers et étonnants pour nous décrire celui que nous connaissons, premier des poètes, personnage légendaire ou pas, peu importe. Sous la plume de Louise Guillemot il prend chair et vie et nous offre un moment étonnant et stimulant de lecture. Les illustrations de Clara Dupré émaillent le roman de formes souples et belles et emplissent parfois les pages de couleurs.
Un roman passionnant, rythmé, inventif, empli de poésie et de joie de vivre, on ne peut qu’aimer ce titre formidable ! A découvrir
Jean-Luc
Les véritables aventures d’Homère premier des poètes
Louise Guillemot
Illustrations de Clara Dupré
Editions les petits Platons, romans, 19 novembre 2021, 19 €
27 juin 2022
Les saisons de la tempête
Bel été 2022 avec les Sandales Jeunesse et Amandine votre libraire. Pour débuter l'été et avant le rush des vacances, des titres passés qui ouvrent sur des lectures formidables avant les suites les nouveautés tout l'été !
On reste avec vous cet été !
Coup de coeur pour un roman dense entre magie et mythologie ancestrale et technologie de pointe actuelle. Surtout un roman sur de jeunes gens qui se cherchent entre la vie et la mort ! Bluffant ! ❤️❤️❤️
Jacob Mathew Sullivan glisse un soir de neige, froid et glacial… vers la mort. Pourtant à l’arrivée, un phénomène étrange se produit : il rencontre une certaine Gaïa qui va lui donner le choix : mourrir vraiment ou devenir quasi immortel en devenant une saison. En choisissant ce destin, il sauve quelqu’un avec lui qui va devenir son superviseur.
Jack a choisi et est devenu l’un deux, une saison, un hiver. Ainsi vous venez de pénétrer dans le secret des saisons, réparties sur la surface de la terre avec chacun une zone de contrôle et comme les vraies saisons un rite de passage qui fait mourrir l’un au moment où l’autre en puissance ascendante s’impose au monde.
Ce petit jeu étrange dur depuis si longtemps, Gaïa et Chronos maitres du temps et des saisons contrôlent ainsi le temps et mettent en concurrence des jeunes gens bloqués désormais entre la nécessité d‘être les meilleurs pour éviter d’être reconditionnés ou pire encore.
Tout un monde géré par l’Observatoire centre aménagé sous terre, insoupçonnable, indétectable et véritable merveille de technologie de pointe. Tout aurait pu rouler et fonctionner ainsi encore et encore pendant des siècles et des millénaires qui sait.
Pourtant Jack, Julio (l’été), Ambre l’automne, et surtout Fleur le printemps qui le tue tous les ans pour relancer le monde et la vie sur terre vont peu à peu dérégler la machine. Jack se rend compte peu à peu que certaines choses, certaines ordres ne fonctionnent pas, comme celui de ne pas se toucher entre saisons. Pourquoi ont-il besoin d’hibernation entre la fin de leur saison sur terre et leur reprise ? A quel dessin de Chronos cela correspond-t-il ? Jack très vite est persuadé qu’il y a une voie de sortie et que Chronos cache le passé et les manipule;
La fuite qu’ils vont organiser avec la complicité de certains hauts responsables qui eux aussi tentent de tirer leur épingle du jeu pourrait bien tout changer.
Elle Cosimano nous entraîne dans un univers mêlant magie ancestrale et mythes fondateurs avec haute technologie actuelle. Le monde qu’elle créée est à la fois fascinant et glaçant, le destin de ces jeunes gens quelque part déjà mort va peu à peu nous être dévoilé comme leur passé et une bonne partie de leurs secret. Des personnages attachants, un récit divisé en trois parties qui embarque loin avec le sentiment de rien pouvoir lâcher et on passe vraiment un très bon moment de lecture intelligente, étonnante, rempli de découvertes et d’inventions qui font pulser notre imagination pour le meilleur. A découvrir
Jean-Luc
Les saisons de la tempête
Elle Cosimano
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) : Adrienne Derrier
Editions de Saxus, 25 mars 2021, 18,9 €
La Cité des livres qui rêvent
Bel été 2022 avec les Sandales Jeunesse et Amandine votre libraire. Pour débuter l'été et avant le rush des vacances, des titres passés qui ouvrent sur des lectures formidables avant les suites les nouveautés tout l'été !
On reste avec vous cet été !
Et oui il y a des moments où on vibre davantage que d'autres, la semaine prochaine vous le savez maintenant, Oscar revient mais cette semaine c'est d'une toute autre histoire que nous aimerions vous parler : La cité des livres qui rêvent de Walter Moers publié à l'origine chez les Grandes Personnes à été repris par les éditions Gallimard Jeunesse. Et c'est tout simplement une merveille !
Il s'appelle Hildegunst Taillemythes c'est un dragon et ... et qui mieux qu'Arthur pouvait parler de cette merveille ?
Peut-être connaissez-vous déjà Walter Moers, grâce au livre Les treize vies et demies du capitaine Ours Bleu, son premier ouvrage traduit en français ? Vous savez sans doute alors que cet écrivain allemand n'est pas seulement un auteur de bandes dessinées, ni un simple homme de lettres, mais qu'il est aussi et surtout le traducteur d'histoires zamonniennes, en particulier celles du célèbre Hildegunst de Taillemythes !
Si vous vous sentez le cran de découvrir la Zamonie, ce monde démoniaque et merveilleux, onirique et cauchemardesque, cet univers bouillant d'une imagination fantastique, fantasque et fantasmagorique, n'hésitez pas à vous laissez happer et cliquez sur Lire la suite. Dans le cas où le courage et la détermination risqueraient de vous faire défaut, n'hésitez pas non plus à passer votre chemin, voire à fuir en prenant vos jambes à votre cou, de peur que ce livre ne se révèle être un livre dangereux...
La cité des Livres qui rêvent rapporte l'histoire d'Hildegunst Taillemythes, ou du moins son premier épisode, racontée par lui-même. Ce jeune dragon écrivain (de seulement 77 ans, comme le prouve son portrait sur la couverture) se rend à Bouquinbourg à la mort de son parrain en écriture, lancé par son mentor en quête de l'auteur du manuscrit parfait. Mais, si cette extraordinaire cité recèle quantité de prodiges, tels que des milliers de profondes librairies, des tartines aux abeilles démoniques, des concerts de trombonnette ou les traces du canidon Colophonius Clairdepluie, explorateur émérite de ce qui se tapit sous la surface de la ville, elle dissimule également d'effroyables dangers, notamment celui d’un mystérieux libraire, qui, peu enthousiasmé par les recherches d'Hildegunst, empoisonne notre héros et l'abandonne au fin fond des catacombes de Bouquinbourg (une mise en scène livresque d'anthologie).
Là, vous y apprendrez que les livres peuvent être mortels, bien plus dangereux que les Tiqxxxxes, les Harpyres, Détritrou ou les chasseurs de livres qui rôdent dans ce labyrinthe ; vous y découvrirez la voie ferrée des Gnomes Rubiginieux, la vérité sur le dernier Géant des souterrains, les résultats de certaines manipulations biblalchimiques, le secret des (effroyables ?) Rongelivres, les mystères de l'inspiration, ainsi que des lieux comme la Forêt de Cristal ou le Château du Roi des Ombres.
Servi par un rythme haletant et des illustrations exécutées de main de maître – hommage à la clé rossignolette de l'impossibilité –, porté par un humour désopilant combiné à un jaillissement effréné d'idées toutes plus délirantes les unes que les autres et pleines d'une profonde sagesse, cet ouvrage exceptionnel vous plonge dans un monde d'une force et d'une densité incroyable, dont vous ressortirez (ou pas) pantelant et émerveillé. Et, qui sait ? Peut-être le souffle de l'Orm s'emparera-t-il de vous ?
Arthur Jeannot
La Cité des livres qui rêvent
Un roman de Zamonie par Hildegunst Taillemythes
Traduit du zamonien et illustré par : Walter Moers
Traduit de l’allemand par François Mathieu , Dominique Taffin-Jouhaud
Editions Gallimard jeunesse, folio junior, 13 mai 2021, 9,3 €
et pour les nostalgiques l'édition la plus ancienne