12 juillet 2022
Magie à Minuit, tome 3 : la dernière heure
Le tome 3 et la fin de cette trilogie éblouissante à dévorer pour rêver et réfléchir sur l'importance de l'engagement et de la fidélité. Merveilleux tome final pour souhaiter la bienvenue chez Nathan jeunesse à Valentine L
❤️❤️❤️❤️❤️
Trois petits tours et puis s’en vont : voici venu le temps du dernier tome de cette trilogie merveilleuse. Emily n’est plus la bienvenue au Royaume magique de Minuit et elle l’apprendra bientôt pas plus que les siens les Pokas, ni tous ses anciens amis, qui ont été soit tués, emprisonnés ou se sont cachés quelques part dans la salle des objets perdus. Elle enrage de ne plus pouvoir franchir les portes mais un jour une créature du Royaume vient la chercher tant la situation est urgente. Revenue dans la place, elle découvre l’étendue des dégâts et un certain nombre de ses amis. Mais l’heure n’est pas à fêter les retrouvailles, des forces sombres sont à la manoeuvre, et le livre en filigranne montre combien les foules peuvent être flattées, manipulées et encouragées dans leurs instincts les plus bas en leur promettant « aux crédules de leur rendre fierté et grandeur ».
Partout dans un Londres de Minuit méconnaissable c’est la panique et je ne vous parle même pas du moment où la Chasse débarque à la poursuite d’Emily et de son cher Tarkus.
Le retour de personnages qu’on a beaucoup aimé, la découverte de la famille de Tarkus, les allez et retour du départ avec les deux mondes avant l’affrontement central ou des forces ancestrales vont entrer en jeu, dans le monde réel, du jour, avant la catastrophe finale. Ce troisième tome tient toutes ses promesses, accélère et nous embarque avec lui pour un final éblouissant et étonnant (quel bel épilogue). Une série désormais terminée à ne surtout pas manquer et à dévorer avec passion.
Jean-Luc
Magie à Minuit, tome 3 : la dernière heure
Benjamin Read et Laura Trinder
Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) : par Anne Guitton
Editions Nathan jeunesse, 12 mai 2022, 13,95 €
D'un clic sur les visuels ci-dessous , retrouvez les chroniques des tomes précédents.
11 juillet 2022
Amour (s)
Le temps d'un été avec les Sandales jeunesse, découvrir ces textes forts qui parlent d'amour, de diversité, de sentiments, de joie, de peur, de rejet et d'incompréhension... A lire et offrir ❤️❤️❤️
Il y a Imane, Lise, Gaël, Cléo, Fatia, Maïa, Marco, Nine, Safia, Rebecca, Joshua, Solal, Jo. Tous ont ou voudraient connaître des situations amoureuses diverses et variées. Tous ont un problème avec la société qui les entoure, parfois leur propre famille. En effet alors que nous pourrions espérer vivre dans une société moderne, vivante et ouverte, bien des blocages, des stéréotypes et des rejets existent encore. Avoir des relations hors mariage, être homosexuel ou lesbienne, avoir une identité sexuelle différente de celle hétéronormée, ne pas ressentir d’envie sexuelle, se faire insulter, humilier, se sentir pris au piège, soulagé de pouvoir en parler à un proche qui comprend et reste ouvert, parler de l’envie d’être mère et de le faire comprendre aux siens alors qu’on est lesbienne, vivre l’enfer au collège parce qu’on est homosexuel, tenter le poly-amour et se faire prendre au piège de l’enfer de la jalousie… tous ces textes sont forts, beaux et touchants. Ils couvrent une grande partie du spectre des ressenti et des types de relations auxquels les adolescents et jeunes adultes peuvent être confrontés. Ils nous parlent de nous aussi, parents et de nos réactions, de peur panique, de blocage face à ces enfants devenus adultes et être sexués et qu’on ne comprend plus d’un coup parce que notre éducation nous bloque, parce que la société à laquelle ils vont être confrontés nous panique. Des textes qui peuvent être lus par tous, sans provocation, tout à l’écoute de l’autre et des sentiments des héros qui prennent la parole.
Les illustrations douces et belles accompagnent avec presque discrétion les textes et apportent une touche de couleur et d’identification pour les lecteurs. Ces textes sont ciselés, et indispensables, à glisser sur le coin d’un lit, le bord d’une bibliothèque en évidence ou offrir directement pour dire je t’aime. Magnifique
Jean-Luc
Amour (s)
Tess Alexandre
Illustrations Camille Deschiens
Editions les éléphants, 19 mai 2022, 13,5 €
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Vampyria tome 1
Vénéneux à souhait, inquiétant et trépidant ! Passez un bel été avec les Sandales jeunesse
Le nouveau Victor Dixen nous entraîne dans un univers sombre et inquiétant. Louis XIV n’est plus, mais n’est pas mort non plus. Diverses expériences l’ont amené à transmuter et à devenir un vampire tout puissant. A sa suite dans la plupart des royaumes européens, les souverains se sont transformés aussi et sont devenus des vassaux du Roi Soleil transmuté en Roy des ténèbres. C’est dans cette société transformée par les nouveaux maîtres tout puissants que des règles strictes se sont mises en place. Prélèvement régulier de sang frais pour les maîtres, interdiction formelle de sortir après la tombée de la nuit (malheur à celui ou celle qui ne peut se réfugier à l’abri), et division même au plus haut sommet de l’Etat entre la noblesse vampirique et celle qui les côtoie. Le peuple sert désormais de réserve alimentaire à une partie de la noblesse vampirique soumise à des quotas de transmutation drastiques.
Dans ce monde cruel, dominé par la peur, certains ont décidé de résister cependant. Et un rien peut dans cet univers, faire basculer une vie. C’est ce qui va arriver à la famille de Jeanne Froidelac, jeune fille choyée par son père et sa famille qui vont être assassinés par les envoyés de l’Inquisition. C’est en essayant de se réfugier chez ceux qui l’ont trahie, quelle va trouver le salut et faire la connaissance d’Alexandre de Mortange, vampire qui, lui, voit dans l’arrestation et le meurtre de la famille de Jeanne une occasion de revenir en grâce à Versailles.
Quand à elle, désormais appelée Diane de Gastefriche, elle monte à Versailles avec le bourreau de sa famille, vers l’école de la Grande Ecurie qui accueille des enfants de la noblesse mortelle et notamment ceux qui comme Jeanne/Diane se retrouvent seuls pour cause de service rendu au Roy.
Diane, va entrer dans un univers de soupçon de trahison, de luttes intestines, dans l’antichambre de la cours de Versailles par l’épreuve de la Gorgée du Roy.
Victor Dixen tisse sa toile patiemment, une fois son cadre en place, il en creuse les détails, fait apparaître peu à peu les pièces de son échiquier cruel et géant. S’appuyant sur l’Histoire et le Versailles du Roi Soleil, il en crée une version sombre et ténébreuse, venimeuse aussi car tant de ses protagonistes sont dangereux qu’ils soient humains ou vampires. Des humains aux côtés des vampires, ceux qui subissent de leur plein gré ; les traîtres portés par l’envie de reconnaissance ultime : la transmutation ; ceux qui ploient sous le joug ; des nobles devenus ivres de pouvoir et d’ambition…
Amis, ennemis, alliés, difficile de ne pas se faire piéger par les faux semblants créés par l’auteur qui sait se jouer des apparences et nous entraîner vers un final étonnant qui ouvre sur une suite attendue désormais avec impatience.
Ce tome 1 de Vampyria est une sorte de fleur vénéneuse et fascinante à la fois. Dès les premières lignes vous serez happés par l’intrigue et les personnages. Tout au long de l’histoire, vous serez surpris par les méandres de l’intrigue et ses retournements. Désormais, Jeanne devenue Diane par la force des choses tente de reprendre son destin en main et vise la vengeance.
Un premier tome passionnant et excitant. A découvrir de toute urgence
Jean-Luc
Vampyria , Livre 1 : la cour des ténèbres
Victor Dixen
Illustration de couverture © Nekro / Médaillons © Loles Romero / Lettrage : © Tarwane
Editions R’, 15 octobre 2020, 16 €
L’été d’une autre
Parfois l'été on fait des bêtises ... ou pas ❤️❤️
Deux adolescentes qui ne se connaissent pas ! l’un rêve de retrouver son père pour les vacances mais, elle doit aller à Londres rejoindre ce qui ressemble beaucoup à une future belle-mère : c’est Alice.
L’autre C’est Willa, fille de stars de séries américaines fraichement divorcés elle est envoyé chez une mystérieuse tante en Italie dont elle ne connait rien.
Elles vont se rencontrer par hasard dans l’avion qui les emmène à Londres et décider d’un coup de tête, pleines de rancoeur contre le monde entier, d’échanger leur place.
Risqué ? Un peu car même si celles qui doivent les accueillir ne les connaissent pas vraiment, il y a des blancs et des erreurs étranges comme lorsque Willa restée à Londres poste une photo de Londres sur son compte Instagram ou lorsqu’elle rencontre Hal le seul garçon capable d’identifier Alice.
Peu à peu les deux filles se fondent dans leur rôle, s’adaptent, se surprennent à trouver cela agréable et échanges régulièrement par sms pour se raconter tout ce qui se passe et de mettre d’accord. Mais à trop tirer sur le fil, elles vont finir par se bruler les ailes et risquer de provoquer une catastrophe.
Les deux ados vont donc le temps que quelques jours vivre la vie d’une autre, jouant le jeu plus ou moins bien et se dévoilant peu à peu. Cet été sera aussi pour elles un moyen de se découvrir d’aller au-delà de leurs blessures et de leurs attentes comme pour le personnage d’Alice notamment.
Au départ on se dit qu’on va se retrouver face à deux ados sans intérêt et vivre une histoire banale d’échanges, de vacances plus ou moins réussies, matinées d’amourettes adolescentes. C’est bien au-delà en fait et c’est une excellent surprise avec notamment un dernier tiers du livre particulièrement réussi. Un livre d’été et de vacances oui, mais qui parle aussi de famille, de deuil, d’absence, de gens formidables et de la vie qui permet des rencontres formidables ! A dévorer .
Jean-Luc
L’été d’une autre
Katy Cannon
Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Sarah Dali
Editions Milan jeunesse, 9 juin 2021, 13,9 €
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Âge tendre
Pour passer l'été en beauté il faut du Clémentine Beauvais ❤️❤️❤️❤️
Clémentine Beauvais est de retour avec un roman tendre, drôle qui vous mènera du rire au larme, une sorte de petit plaisir doux amer extraordinairement lucide et cruel aussi parfois comme la vie.
Une société qui ressemble à la notre, un peu, une décision politique de stage d’un an de service civique obligatoire et voilà Valentin Lemonnier 15 ans, pas bien dans sa peau, parents séparés envoyés d’Albi à un centre Mnémosyne destiné aux personnes atteintes de la maladie d’ Alzheimer. Installé dans une maisonnette typique du nord, il va partager son année avec quatre autres pensionnaires deux garçons et deux filles ainsi que leur éducateur surveillant Serge.
Valentin va devoir apprendre à sortir de sa coquille, se projeter dans le monde des adultes, apprendre et accepter certaines réalités; même si elles ne lui conviennent pas trop… Il va surtout découvrir tout un univers et rencontrer ces personnes âgées, perdues dans un autre temps, qui vous oublient parfois aussi vite qu’elles vous ont découvert. Valentin, lui fait son stage dans l’unité des années 1960. Avec les pensionnaires, il va découvrir cet univers avec en toile de fond notamment Françoise Hardy et ses chansons vous le verrez, un vrai juke-boxe.
L’autrice sait comme personne faire parler ses personnages, titiller là où cela fait mal, gratter dans le passé, faire surgir des sentiments et mener son héros et tout ceux qui gravitent autour d’eux vers l’avenir, même si parfois la tentation est grande de rester enfermé et de tout figer un peu comme les pensionnaires de l’unité, à la différence qu’eux ne l’ont pas choisi.
Une balade dans l’adolescence, avec un héros qui grandi de pages en pages et s’ouvre au monde et en ressort prêt à franchir le cap et à foncer.
Trop de choses dans ce roman, à la fois bulle protectrice et ouverture sur des mondes si différentes, sachez juste que dès les premières lignes vous serez comme happés dans un espace temps à la fois le notre et à la fois l’autre côté du miroir et que votre coeur va battre au rythme de celui de Valentin et des autres. Formidable roman, lucide et optimiste à la fois ! Foncez !
Jean-Luc
Âge tendre
Clémentine Beauvais
Editions Sarbacane, 19 août 2020 , 17 €
existe aussi en version j'ai lu
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Les chimères de Vénus
On avait adoré cette nouvelle série alors pour que l'été soit lumineux et imaginatif on vous la repropose
Coup de ❤️❤️❤️❤️ pour le début d'une série brillante et prometteuse.
Plusieurs ambiances dès le départ, plusieurs théâtres de l’aventure qui se croisent et s’emboitent les uns dans les autres. Un navire qui semble perdu aux abords d’une île magnétique ; Paris où la belle Hélène Martin va séduire le rustre duc de Cbouvigny alors qu’à l’opéra dans les alcôves des balcons on discute politique et intérêt de nouvelles colonies ; un bagne quelque part sur une autre planète où celui qu’Hélène aime vraiment est en train de changer son destin et c’est parti pour un voyage extraordinaire. On aime ces images prises entre une technologie impressionnante et le décor et l’ambiance très XIXème siècle, et ode voyage en direction de Vénus. Vénus sur laquelle cohabitent désormais au sein d’une végétation luxuriante les nouveaux arrivés qui s’installent peu à peu et d’anciens propriétaires des lieux : des dinosaures.
Enfin les voici arrivés à Eugénia le coeur administratif, militaire et industriel de la ville. Puis le voyage extraordinaire sur des rails qui serpentent en hauteur au dessus de la forêt géante et de ses occupants d’un autre âge, alors qu’Hélène n’en finit pas de chercher Aurélien déclaré mort. A leur bord Chouvigny ivre de puissance décide alors de chasser ces animaux fantastiques, se sentant hors de porté lui qui fil au dessus de la forêt. Pourtant au deuxième tir c’est un mégalosaure qui est blessé et celui-ci n’a aucun complexes, ni doutes de sa supériorité face à ceux qui sont désormais devenus ses proies.
Peu à peu dans cette nouvelle série inventée à la suite du Château des Etoiles, les auteurs inventent tout un monde étonnant de prouesses scientifiques mêlées de choses plus anciennes tout aussi inquiétantes. La planète Vénus est-elle une planète vierge, où ne circulent que des êtes préhistoriques dans une nature vierge et riche de promesses permettant aux Anglais et aux Français de poursuivre leur éternelle rivalité, où recèle-t-elle d’autres secrets ?
Tout un univers steampunk étonnant et brillant qu’on va adorer suivre dans les prochains épisodes.
Jean-Luc
Illustrations © Rue de Sèvres. tous droits réservés. Merci
Les chimères de Vénus, tome 1
Scénario : Alain Ayroles
Dessin : Etienne Jung
Editions Rue de Sèvres, 24 mars 2021, 15 €
08 juillet 2022
Femmes de science : rencontres avec 14 chercheuses d’hier et d’aujourd’hui
En ce début d'été, nous prenons le temps de vous parler de tous ces formidables documentaires pour enrichir vos bibliothèques, vos CDI et rayons de médiathèques avec des superbes ouvrages essentiels pour beaucoup
Très bel été avec les Sandales jeunesse ❤️❤️❤️❤️
Quatorze destins de femmes préfacées par Aurélie Jean qui vous permettront de remonter dans le temps et de comprendre que les femmes aussi sons essentielles dans l’univers des sciences trop longtemps reconnu comme étant, à tord, celui de l’excellence masculine.
Passionnant et étonnant : car l’autrice a pris le parti-pris de faire parler ces femmes en leur donnant la parole sous forme d’une interview. Ainsi juste après une courte présentation de la scientifique en question, on va retrouver leur avis sur leurs travaux… on trouve aussi avec grand intérêt des questions qui permettent de comprendre les lieux et le monde qui les entoure.
La mise en page, les choix des typographie, des couleurs et des illustrations sur papier épais glacé, en font de plus un ouvrage particulièrement beau et riche d’une iconographie forte et efficace. C’est une vraie réussite qui permettra à tous ceux qui les découvrent de s’enrichir et de comprendre leur force, l’évidence et l’importance de leurs travaux. A offrir à toutes les jeunes femmes de votre entourage, à mettre dans tous les rayon des bonnes bibliothèques. Riche, savant, passionnant et magnifique. Coup de coeur
Jean-Luc
Femmes de science : rencontres avec 14 chercheuses d’hier et d’aujourd’hui
Annabelle Kremer-Lecointre
Préface d’Aurélie Jean
Editions de la Martinière , 5 mars 2021, 19,9 €
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Nos droits, leurs combats
L'été des docs avec les Sandales jeunesse pour prendre le temps de lire, de découvrir et de grandir ! Bel été avec les Sandales jeunesse ❤️❤️❤️❤️
Pour vous présenter ce superbe documentaire, j’aimerais citer une partie de la quatrième de couverture : « Ces droits ont été durement, chèrement obtenus, par des femmes et des hommes qui les ont parfois payés de leur sang. Restons vigilantes et vigilants : dans notre démocratie, ces droit sont chaque jour menacés, remis en question, fragilisés. A nous de les protéger, de les défendre. »
Ce riche documentaire nous propose de passer à la loupe les thèmes suivants : l’abolition de l’esclavage, le droit à l’école laïque et gratuite, le droit de vote pour les femmes, le droit aux congés payés, le droit au logement, le droit à l’avortement, l’abolition de la peine de mort, le droit d’aimer librement, le droit de grève, le droit de manifester. On aime la construction du documentaire : tous les thèmes commencent par un peu d’histoire qui permet de revenir sur l’évolution de ce qui est évoqué. Ensuite une courte BD rythmée et qui résume bien les enjeux, en noir et blanc plus ocre ou autres couleurs mettent en avant un personnage célèbre comme Toussaint Louverture, ou Olympes de Gouge par exemple. Tous se terminent par un point sur le présent et ce qui s’y passe : nul doute que l’autrice qui évoquait déjà les problématiques des Etats-Unis concernant l’avortement doivent se dirent qu’il faudrait compléter et malheureusement réécrire la fin. On y retrouve aussi en fin de chaque partie la présentation d’un personnage essentiel comme Louise Weiss, Jules Ferry, Victor Schoelcher ou Robert Badinter.
Riche, passionnant, extrêmement bien mis en page, ce documentaire est particulièrement réussi et efficace. Une fois de plus un must à avoir dans toutes les bonnes bibliothèques publiques ou privées pour transmettre le gout de la lutte, rappeler que rien n’est décidément définitivement acquis et que la lutte et la vigilance sont nécessaires pour protéger les droits de tous de manière collective.
Excellent
Jean-Luc
Nos droits, leurs combats
Irène Cohen-Janca
Illustrations Edith Chambon
Editions des éléphants, Amnesty International, 18 février 2021, 18 €
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Naître fille
L'été des docs avec les Sandales jeunesse pour prendre le temps de lire, de découvrir et de grandir ! Bel été avec les Sandales jeunesse ❤️❤️❤️❤️
Elles s’appellent Kaneila, Jade, Mahnoosh, Makena, Luisa et ont été choisies par l’autrice de ce documentaire pour parler du tabous des règles ; de l’image corporelle et de la grossophobie ; du poids des sociétés patriarcales ; du mariage forcé et de l’excision et enfin des féminicides et de la révolte.
Pour le premier, on suit cette jeune femme qui doit lutter contre les tabous, les stéréotypes, es superstitions qu’on colle sur elle et qu’elle absorbe elle même de part son éducation et parfois le manque de possibilité d’être informées correctement. Pour la suivante se pose le problème de la grossophobie, des images stéréotypées que nous imposent nos sociétés et les réseaux par exemple et des connaissances que cela peut avoir sur ces jeunes femmes. Dans la partie suivante naître la troisième fille de sept et provoquer le désespoir de ses parents au point de de venir bacha Posh. Ce chapitre est particulièrement passionnant et pose la question des sociétés patriarcales, de l’instruction données aux filles et des possibilités de contourner l’ensemble. Viennent ensuite deux autres parties toutes aussi réussies qui évoquent les mariages forcées et les coutumes hors d’âge et monstrueuses et enfin avec l’exemple du Mexique, le harcèlement et la violence faites aux femmes.
Ce documentaire est passionnant dans la façon dont les chapitres sont construits avec un exemple particulier à chaque fois et bout de la planète et permet ensuite de poser des questions essentielles sur chacun des thèmes abordés. Un coup de coeur particulier pour le travail de mise en page, de typographie et surtout d’illustrations : malgré les thèmes graves abordés, l’exposition de couleurs, le choix des représentations, des détails partout en font un moment privilégier de lecture et de découverte. Bravo !
Jean-luc
Illustrations © Editions du Ricochet. Tous droits réservés. Merci
Naître fille
Alice Dussutour
Editions du Ricochet, dès 13 ans, 4 mars 2022, 22 €
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Tout nu ! Le dictionnaire bienveillant de la sexualité
L'été des docs avec les Sandales jeunesse pour prendre le temps de lire, de découvrir et de grandir ! Bel été avec les Sandales jeunesse ❤️❤️❤️❤️
Il est grand temps de vous parler de ce superbe et indispensable dictionnaire. L’introduction très belle et émouvante de l’autrice donne le ton de ce qu’elle a voulu faire et de ce que doit être ce dictionnaire, un allié, un confident, celui vers qui on se tourne adolescent ou autre quand on n’ose pas demander ou qu’on ne sait pas à qui s’adresser. On aime la charte graphique qui nous permet de passer de lettres de l’alphabet en lettres de l’alphabet sur fond noir (presque toutes les lettres sont concernées) avec la liste des thèmes abordés comme par exemple avec le A : adolescence, ange, agression sexuelle, alcool, alexithymmie, amitié, amour, anal, androgyne, anorexie, anxiété, application mobile, aromantique, asexualité, attirance, avortement. Les articles ensuite sont passionnants, des références, des encarts qui évoquent des faits graves ou ayant besoin de précisions avec des retors dans le temps … tous les thèmes sont abordés sans tabous et permettent de mettre clairement les choses au point et de lutter (on l’espère) contre les stéréotypes. Formidable outil documentaire à faire acheter à tous les CDI, médiathèques et bibliothèques de France et de Navarre. Excellent !
Jean-Luc
illustrations © éditions du Ricochet. tous droits réservés. merci
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Elles ont été les premières ! : 100 femmes exceptionnelles
L'été des docs avec les Sandales jeunesse pour prendre le temps de lire, de découvrir et de grandir ! Bel été avec les Sandales jeunesse ❤️❤️❤️❤️
Il ne faut pas faire l’économie de la préface et de l’introduction comme trop souvent nous avons tendance à le faire. Elles nous rappellent à juste titre que chaque génération doit reprendre le combat comme des vagues successives tant les forces conservatrices au sens négatif du terme sont constamment à l’action contre les droits et les acquis des femmes (il n’y a qu’à regarder ce qui se passe dans notre monde contemporain) y compris de la part d’autres femmes. Suivent plus de quatre-vingt portraits de femmes pionnières dans leur domaine plus ou moins connues. Beaucoup connaissent Emmeline Pankhurst, Olympe de Gouges, Marie Curie ou Louise Michel mais les autres qui les connait ? Toutes celles qui dans les sciences par exemple ont été effacées au profit des hommes de leur entourage comme Ada Byron la première à créer un programme informatique en 1842 . Saviez vous qu’il a fallu attendre 2014 pour que Maryam Mirzakhani obtiennent la médaille Fields, prix le plus prestigieux en mathématiques ? Ce documentaire est passionnant, il se lit en fonction des centres d’intérêts, des envies ou tout simplement au fil des pages pour les découvrir et se passionner pour leur vie, leurs découvertes. Un documentaire formidable pour fair progresser la connaissance et la cause des femmes.
Jean-Luc
Elles ont été les premières ! : 100 femmes exceptionnelles
Textes : Mélina Gazsi / Suzanne Kestenberg
Illustrations : Gomargu
Préface Julie Gayet
Editions de la Martinière, 4 mars 2021, 19,95 €
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C’est beau le rouge : pour briser le tabou des règles
L'été des docs avec les Sandales jeunesse pour prendre le temps de lire, de découvrir et de grandir ! Bel été avec les Sandales jeunesse ❤️❤️❤️❤️
Un beau livre à la couverture cartonnée, qui aborde frontalement un sujet souvent tabous et/ou passé sous silence, parce qu’on ne parle pas de ce genre de chose, dit-on ! Et pourtant quand on sait le nombre de jeunes filles et femmes perturbées parce que rien n’est adapté, que rien n’est pris en compte par rapport à cet évènement mensuel et surtout qui parfois découvrent épouvantées qu’elles saignent et qui sont terrifiées, il serait grand temps que cela devienne normal d’en parler et de permettre ainsi à ce moment de la vie des femmes d’être connu de tous. C’est à cela que Lucia Zamolo s’attelle avec maestria et de façon directe. Son documentaire permet aux jeunes femmes en devenir de faire le tour des stéréotypes, des remarques idiotes et de la réalité des règles. Un petit tour dans l’histoire et dans les différentes civilisations pour se rendre compte des siècles d’ignorance qui aboutissent à la situation où encore trop de femmes sont mises à l’écart parce que considérées comme impures, intouchables, infréquentables ! La dernière partie est consacrée aux conseils qui permettent de mieux vivre, de relativiser les choses notamment en quantité de sang perdu et de tenter de vivre mieux ces quelques jours souvent douloureux et désagréables pour les femmes. Un documentaire au ton franc, formidablement illustré de manière à suivre l’humeur du texte et des faits relatés, direct à mettre dans toutes les bibliothèques et CDI notamment à portée de main des filles mais aussi des garçons pour en finir avec les stéréotypes et les remarques et attitudes sexistes une bonne fois pour toute. Formidable !
Jean-Luc
C’est beau le rouge : pour briser le tabou des règles
Lucia Zamolo
Traduit de l’allemand : Rita Lamontagne
Editions de la Martinière jeunesse, 19 février 2à21, 12,9 €
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07 juillet 2022
Sauvage ?
Brillant, intelligent dans le propos et illustré avec une maestria bluffante ❤️❤️❤️❤️ Très gros coup de coeur
La couverture déjà donne le ton : ce cercle où pénètre la lumière surprend et attire et pour cause. Qu’est ce qu’un sauvage ? C’est à cette question bien expliquée en introduction que tente de répondre cet album grand format absolument bluffant. Quatre grandes parties qui s’ouvrent sur une double page de présentation avec cet oeil qui lui prépare la suite composée d’une double page sublimée par les illustrations de Delphine Jacquot : Les sauvages des légendes / des « sauvages » pour l’Occident / la nature sauvage / les sauvages masqués.
Pour chaque thème des faits connus, d’autres beaucoup moins qui font le tour du monde et nous ouvre l’esprit, nous permettent de comprendre, d’approcher cette idée du sauvage . Dans chaque partie des présentations de cas particuliers sur fond blanc illustrés avec là encore une belle virtuosité et des textes courts et efficaces qui donnent à penser, et à se projeter différemment à l’avenir.
On aime le ton de l’album documentaire qui remet un certain nombre d’idées en places et permet d’avoir une vision de l’autre à travers le temps très intéressante et lucide : la partie sur des « sauvages » pour l’Occident, est particulièrement brillante et réussie montrant les erreurs et horreurs du passé. On pourrait vous en parler pendant des heures tant ce livre est riche et intelligent. Les illustrations de Delphine Jacquot montrent une belle maturité dans le dessin et font merveille tant en images isolées que dans les grandes illustrations en double page. Un albubm-documentaire excellent et brillant à se procurer de toute urgence.
Jean-Luc
Illustrations © LE Seuil jeunesse. tous droits réservés.
Sauvage ?
Alexandre Galand
Illustrations : Delphine Jacquot
Editions du Seuil jeunesse, 4 mars 2022, 20,9 €
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04 juillet 2022
Leur sang coule dans tes veines
Coup de ❤️❤️❤️❤️❤️ de l'équipe ! Un roman puissant et addictif ! Génial !
L’un des premiers romans de la rentrée et déjà le coeur qui tape et le plaisir de lire un très bon roman.
Matha est tombée d’un arbre dans son jardin. Cet accident lui a couté un oeil et depuis elle se replie sur elle même parce qu’elle a le sentiment d’être devenue un monstre aux yeux des autres et puis surtout parce qu’elle peut lire leurs émotions et leurs souvenirs au simple contact de leur vêtement de manière plus ou moins intense en fonction de la matière du vêtement porté.
Paniquée, n’obtenant pas de réponse ou ne pouvant en avoir de ses parents divorcés qui la prennent en tenaille, elle décide de rejoindre l’île de Skjebne, l’ile de son enfance où pense-t-elle sa grand-mère sera la seul à pouvoir lui répondre.
Dès les premières pages Martha est littéralement en fuite vers ce qu’elle pense être son refuge, dès les premières lignes l’autrice comme par magie happe le lecteur et le tient désormais pris au piège des lignes qui dansent sous ses yeux.
Là-bas, le suspens tombe vite, elle arrive trop tard, sa grand-mère est morte et c’est seule pense-t-elle qu’elle devra affronter le mystère de ses nouveaux pouvoirs. C’est sans compter le hasard. Stig jeune homme perdu comme elle, a rejoint l’île et s’est réfugié dans la maison qu’il pensait abandonnée. Les deux vont devoir cohabiter et plus encore. Mais surtout il faut faire vite, car en mourant sa grand-mère a du abandonner son rôle de veilleuse, celui échu depuis tant de générations aux femmes de la famille qui consiste à arroser avec l’eau du puit l’arbre étrange qui se trouve derrière la maison, Ygdrasil selon la mythologie nordique. Et sans ces attentions journalière, l’arbre se meurt et ouvre peu à peu la porte au royaume des morts dont les âmes affolées s’échappent en même temps qu’une créature redoutable assoiffée de sang et de mort. Il faut faire vite, la bête rôde, elle a déjà tué et sa prochaine cible semble évidente. Au fil des pages, en même temps que l’évolution menée au pas de charge de l’histoire, se greffe celle de la famille de Martha. On découvre ainsi ses liens avec la mythologie nordique, les explications liées à ces pouvoirs étranges, ce lien avec le royaume des morts, et l’urgence qu’il y a à ce que les choses retrouvent leur situation ancestrale pour que le monde puisse de nouveau fonctionner ou couler dans le chaos.
C’est absolument bluffant, c’est très bien écrit, c’est totalement addictif et on sort quasi épuisé et à bout de souffle de cette lecture (plaisir bien évidemment) qui nous entraîne entre mythologie et horreur et surtout qui est écrit de telle manière que nous aussi lecteurs avons le sentiment d’avoir reçu les mêmes pouvoirs que l’héroïne et d’être devenus des éponges à émotions et à sentiments étranges et passionnés.
Un très bon premier tome qu’il faut dévorer sans attendre. Un seul défaut la suite n’arrive qu’à l’automne, mais vraiment c’est formidable.
Jean-Luc
Leur sang coule dans tes veines
Rachel Burge
Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) : Corinne Daniellot
Editions Casterman Jeunesse, 5 janvier 2022, 16 €
My Dear F°°°ing Prince
Un roman étonnant, qui file à cent à l'heure et nous entraine sur les traces de deux jeunes hommes faits pour se rencontrer et s'aimer ! ❤️❤️❤️
Alex et sa soeur June sont les enfants de la présidente des Etats-Unis et leur règle de base est : ne jamais se faire prendre. Et c’est plus que nécessaire quand on est les enfants d’Ellen Claremont présidente démocrate, divorcée qui est en pleine campagne électorale pour sa réélection. D’ailleurs, ses deux enfants (enfin 21 ans quand même pour Alex) étudiants, sexe symbole pour le premier qui fait rêver toutes les riches héritières ou non du pays. Leur beau père Léo qui gère le quotidien, les deux enfants, même leur père vont se lancer dans la campagne pour soutenir Ellen qui doit faire face à un candidat redoutable et toxique (une petite inspiration version Trump ?). Au cour d’une rencontre officielle Alex va faire la connaissance d’Henry prince héritier de la couronne d’Angleterre. La fougue du jeune américain et le flegme apparent du jeune prince britannique vont provoquer une rencontre explosive. De prime abord les deux garçons n’ont rien en commun ou presque et vont se détester mutuellement. Pourtant par la force des choses, du temps … ils vont commencer à se suivre sur les réseaux sociaux et même se mettre à échanger de manière de plus en plus intime, se confiant sur leurs doutes, leurs envies … C’est lors de la nuit du nouvel an à la Maison Blanche, alors qu’Henry fait partie des invités prestigieux, qu’un premier baiser va être échangé entre les deux garçons. Panique à bord, plus personne ne sait où il en est, surtout pas Alex qui ne comprend pas qu’il ait pu embrasser un garçon aussi beau soit-il, et qui ne comprend plus rien à ce qu’il ressent, d’autant plus que le prince rentre en urgence juste après et ne donne plus signe de vie nulle part.
Commence alors un chassé croisé amoureux entre Londres, Washington où les deux garçons vont tout tenter pour cacher leur secret et finir par s’aimer avec fougue et passion. Les détails de la romance, les rebondissements, nous vous laissons le plaisir de les découvrir. Le livre se lit d’une traite, il est rythmé et une vraie bonne surprise. Loin d’une histoire de plus à l’eau de rose, l’autrice nous embraque dans un maelström de sentiments mêlés au rythme effréné de la campagne électorale, des surprises, des fuites. Elle évoque aussi la difficulté de s’assumer homosexuel aujourd’hui encore même ou peut être encore plus pour deux têtes d’affiches, gendres idéaux qui vont défrayer la chronique, devoir lutter contre les attaques et les préjugés de la société étasunienne, de la famille pour Henry notamment. Les personnages sont formidables, particulièrement travaillés, notamment les deux héros dont l’autrice nous amène progressivement à suivre l’évolution, les questions, les tentatives de se conformer à ce qu’on attend d’eux ou pas. Les personnages secondaires eux sont géniaux et donnent au livre une petite vie lumineuse et agréable supplémentaire. Des salons du pouvoir présidentiel américain aux châteaux plus feutrés de la monarchie britannique, on survole l’Atlantique dans les deux sens avec bonheur.
Ce roman est un réel plaisir de lecture qui nous montre comment deux jeunes hommes peuvent et vont s’aimer en passant outre le monde qui les entoure. Un très bon roman à partager et découvrir.
Jean-Luc
My Dear F°°°ing Prince
Casey MacQuiston
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) : Céline Morzelle et sarah Dali
Editions Lumen, 23 septembre 2021, 17 €
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La malédiction de Highmoor : douze soeurs s’en allaient au bal …
Eulalie est morte ! Encore une fille Thaumas qui est morte. Partout la rumeur commence à circuler que les douze filles seraient maudites. Poisseuse, rampante, elle gagne du terrain. Au manoir la panique gagne les filles aînées qui déjà voient s’envoler leurs rêves de mariage et de futur. Mais Annaleight la soeur qui raconte l’histoire est peu à peu persuadée que quelque chose cloche, que non sa soeur ne s’est pas jeté du haut de la falaise : et si … ?
Progressivement la vie doit reprendre et leur père 13 ème Duc des îles Salann s’est remarié après la mort de sa femme chérie lors de son douzième accouchement. Et puis ses filles ont commencé à mourrir.
Alors comme pour conjurer le sort, il est désormais marié à Morella une jeune femme enceinte qui doit lui apporter qui sait un fils tant attendu. Oh pas que cela pose un problème d’héritage, non car dans ces contrées reculées, les filles lorsqu’elles sont les aînées reprennent le titre et héritent du domaine pas de problème avec cela, non, mais quand même : un fils !
Morella la jeune femme venue de loin, étouffe sous le poids des traditions, comprend brutalement que quelque soit le sexe de son enfant ce ne sera pas lui l’héritier et obtient la fin du deuil et la reprise des fêtes et des tenues colorées. Officiellement il faut passer à autre chose, laisser la vie reprendre ses droits et faire s’éloigner la tristesse et la mort.
Au fil des pages, l’histoire se densifie, comme si nous étions entre deux mondes, comme si une mince frontière séparait le monde classique des humains bruyant de la civilisation moderne et l’autre plus ancien emprunt du poids des croyances dans les anciens dieux. Les filles qui n’en peuvent plus semblent au fil des pages prises d’une frénésie, d’une boulimie de vie. Elles veulent danser et s’amuser, rencontrer des prétendants sérieux, pas de ces mauviettes qui semblent ne plus pouvoir ou vouloir les approcher relayant cette histoire de malédiction.
Pourtant les rumeurs ont la vie dure et celle-ci semble coller aux pages comme aux esprits des soeurs qui toutes se posent des questions et angoissent à l’idée que l’une d’entre elle puisse à nouveau mourir.
Annaleight semble voler de page en page, de soeur en soeurs, de rencontres en rencontres, tantôt hostile, tantôt amicale avec sa jeune belle mère elle tente par tous les moyens de comprendre ce qui la dérange, quelque chose de confus et d’étrange qui la pousse à croire que sa soeur aurait été assassinée.
L’autrice joue à semer le trouble à jeter le chaud et le froid et nous offre des pages où la magie ancestrale l’emporte et où les soeurs Thaumas s’envolent dans des bals endiablés vêtues de robes sublimes en ruinant leur précieux souliers sur les parquets des salles de bal. Puis d’un coup quelque chose se crispe, s’enraye et finit par troubler le lecteur qui ne sait plus trop où est la frontière entre la réalité, la magie, le rêve, le cauchemar. Parce ce que c’est bel et bien vers une forme de cauchemar que ces robes tourbillonnants nous embarquent, aidées par la rudesse du climat, par le milieu rigide qui dicte ses lois. Et si Annaleight avait raison ? Et si Eulalie n’était pas morte d’un accident ou d’un suicide ? Et si un danger bien plus grand planait sur la famille Thaumas ?
Difficile de vous en dire davantage sans trahir l’histoire et ses secrets, nous vous laissons au plaisir de cette lecture envoutante, et presque vénéneuse à la fois. Comme le sous titre l’indique ceux dont l’imagination galope entendront de drôles de musiques et verront s’envoler le bas des robes de douze soeurs qui s’en allaitent au bal !
Magistral ! Un des meilleur titre de cette fin d’année. A lire absolument pour les plus grands qui savent plonger et rêver dans les intrigues bien tissées aux éclats multiples comme les facettes lumières des bals qui brillent de mille feu pour oublier la douleur, la peur, la souffrance et la mort.
Jean-Luc
La malédiction de Highmoor : douze soeurs s’en allaient au bal …
Erin A. Craig
Traduit de l’anglais (américain) : Elsa Pellegri
Editions Casterman jeunesse, 22 septembre 2021, 18,95 €
Les premiers plans
Un roman qui parle vrai, d'homosexualité, de la vraie vie avec un héros lumineux et vivant ! très gros coup de coeur ❤️❤️❤️❤️❤️
Il s’appelle Alexis, Aliocha pour les intimes ou en fonction de l’humeur. Aleixis est homosexuel et il le sait depuis longtemps. Au fil des pages et des flash-back avec sa meilleure amie Marylou il va grandir, faire ses premières expériences de sa vie de jeune adulte, passer des vidéos et des images à la vraie vie.
Rémi Giordano évoque sans faux semblants, dès les premières pages la vie de beaucoup de jeunes homos qui se cherchent, se confrontent au porno, tentent de se reconnaitre dans les cases toutes faites proposées par ces plateformes , les réseaux de drague gay et de confronter tout cela à la vraie vie.
Passionnés de cinéma ces deux jeunes adultes affrontent à leur façon le monde d’aujourd’hui et progressivement franchissent les étapes essentielles qui vont faire d’eux qui sait …
Leur premier court métrage en court de réalisation est assez catastrophique et d’un coup tout près de chez eux un film est en tournage avec un jeune réalisateur prometteur et un acteur principal un jeune premier, a acteur italien, qui va bouleverser la vie de jeune adulte d’Alexis. Très vite il vont accéder au tournage et partager ces moments hors du temps.
Raconter dans le détail le roman, est inutile. Juste vous dire que tout fonctionne : les descriptions sentimentales et réelles des jeunes gens ; les parents d’Alexis formidable et complice tout en restant protecteurs et attentifs ; les émois, les envolées et les claques monumentales, les montagnes russes des sentiments du jeune héros…On aime aussi les virées dans le monde du cinéma, les relations complexes de tout la troupe qui se protège, cache des blessures …
Ce roman est étonnant, plein de vie et donne envie de foncer et de vivre à cent à l’heure. Un roman qui parle d’homosexualité de façon normale, sans en faire un monde à part plus qu’il ne doit l’être avec de vrais protagonistes qui vivent des situations qui peuvent être totalement réelles, très bien décrites sans voyeurisme ou volonté d’en faire quelque chose d’extraordinaire : juste la vie , la vrai ! Une réussite.
Jean-Luc
Les premiers plans
Rémi Giordano
Editions Thierry Magnier, collection l’ardeur, +15 ans, 16 juin 2021, 14,9 €
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