14 septembre 2026
Artepolis
Juliette Baron va vous embarquer dès les premières lignes, dans un roman foisonnant. Inventions, steampunk, magie, romance tout y passe et nous on devient accro ❤️❤️❤️❤️❤️
C’est d’abord la couverture qui m’a interpellé. Allez savoir pourquoi ? Dans mes choix de lectures, parfois, une pile attire mon attention et sa couverture me force à retourner le livre, de très vite arrêter de lire la quatrième de couverture pour ne pas trop en savoir (parfois on se demande quel démon ou troll malveillant a fait le résumé qui dévoile tout), même si celle-ci est plutôt bien faite.
Et c’était parti, il est passé au dessus de la pile, je l’ai ouvert et j’ai souri parce que la police était petite et que les marges courtes : de quoi lire, beaucoup.
Reste à savoir ce que je peux, ou doit vous raconter. Une ambiance steampunk totalement réussie (rien de lourdingue comme trop souvent), Artepolis, capitale de la Francia ou flotte un parfum étrange de machines étonnantes et d’une inventivité folle ainsi que de la magie. (cryptocode ; stylisions ; grimord ; écornifleur ; carnets vierges inépuisables ; dirigeambulance…) . Des humains, des féériques, des hybrides, peuplent ce monde.
On l’aime dès les premières lignes, elle, son retard, son souffle court, le bazar de son bureau de stagiaire dans un coin de l’Institut d’histoire de arts et des sciences d’Artepolis. Elle, c’est Elvire Gratice et elle va vous embarquer. Petite stagiaire maladroite et confuse, méprisée par la haute société et pourtant meilleure amie d’une fille de duc, Eleonore d’Argiles. Toutes deux en stage, l’une à l’Institut et l’autre au commissariat, elles vont vivre une expérience extraordinaire.
Alors pour faire simple : complots politiques autour d’un homme qui a tenté un coup d’Etat Rodjen Mertempuil ; de ses disciples qui poursuivent son oeuvre dans l’ombre et cherchent à se venger ; d’un meurtre ancien non résolu ; d’un sujet d’étude dont personne ne veut (et qui va atterrir on ne sait comment entre les mains de la stagiaire) sur un certain Solveig Mirkkenslav, botaniste de son état, assassiné en pleine rue qui se passionnait pour une petite fleur blanche en apparence insignifiante et sans réels pouvoirs magiques : la « Libelius arcanisa ».
Deux enquêtes celle de la police menée par le second du commissariat central Achille Mosquero qui va devoir canaliser Eleonore et cette d’Elvire qui part de rien et dont l’enquête va s’épaissir peu à peu croisant celle de son amie et multipliant les dangers. Car ceux qui convoitent le savoir caché et perdu sont prêts à tout pour les arrêter.
C’est dense, passionnant, cela monte en puissance avec brio. On s’attache aux personnages, à leurs forces, leurs blessures, leur folie et l’autrice s’ingénie à nous embarquer dans des quartiers mal famés, de vieux manoirs, des bibliothèques extraordinaires avec des Narcys totalement insupportables que vous allez adorer rencontrer.
C’est une sorte de polar mâtiné de magie et de fantastique qu’on adore dévorer. L’une des pépites de la rentrée d’août 2026, à ne manquer sous aucun prétexte. Excellent.
Jean-Luc
Artepolis
Juliette Baron
Illustrations de couverture : Misha Chernow
Editions Mnémos, Naos YA, 26 aout 2026, 23 €
Âge tendre
Un roman tendre, drôle qui vous mènera du rire au larme, une sorte de petit plaisir doux amer extraordinairement lucide et cruel aussi parfois, comme la vie. ❤️❤️❤️❤️❤️ de retour en Pôle Fiction le 17 septembre prochain.
Une société qui ressemble à la notre, un peu, une décision politique de stage d’un an de service civique obligatoire et voilà Valentin Lemonnier 15 ans, pas bien dans sa peau, parents séparés envoyés d’Albi à un centre Mnémosyne destiné aux personnes atteintes de la maladie d’ Alzheimer. Installé dans une maisonnette typique du nord, il va partager son année avec quatre autres pensionnaires deux garçons et deux filles ainsi que leur éducateur surveillant Serge.
Valentin va devoir apprendre à sortir de sa coquille, se projeter dans le monde des adultes, apprendre et accepter certaines réalités; même si elles ne lui conviennent pas trop… Il va surtout découvrir tout un univers et rencontrer ces personnes âgées, perdues dans un autre temps, qui vous oublient parfois aussi vite qu’elles vous ont découvert. Valentin, lui fait son stage dans l’unité des années 1960. Avec les pensionnaires, il va découvrir cet univers avec en toile de fond notamment Françoise Hardy et ses chansons vous le verrez, un vrai juke-boxe.
L’autrice sait comme personne faire parler ses personnages, titiller là où cela fait mal, gratter dans le passé, faire surgir des sentiments et mener son héros et tout ceux qui gravitent autour d’eux vers l’avenir, même si parfois la tentation est grande de rester enfermé et de tout figer un peu comme les pensionnaires de l’unité, à la différence qu’eux ne l’ont pas choisi.
Une balade dans l’adolescence, avec un héros qui grandi de pages en pages et s’ouvre au monde et en ressort prêt à franchir le cap et à foncer.
Trop de choses dans ce roman, à la fois bulle protectrice et ouverture sur des mondes si différentes, sachez juste que dès les premières lignes vous serez comme happés dans un espace temps à la fois le notre et à la fois l’autre côté du miroir et que votre coeur va battre au rythme de celui de Valentin et des autres. Formidable roman, lucide et optimiste à la fois ! Foncez !
Jean-Luc.
Âge tendre
Clémentine Beauvais
Editions Sarbacane, 19 août, 17 € ; Pôle Fiction, 17 septembre 2026, 8,50 €
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11 septembre 2026
CRAINS QUE L’OMBRE NE TE CROQUE. A paraître
" Il parait qu’il y a très, très longtemps, vampires et sorcières concluaient régulièrement de petits arrangements ensemble. Sauf que depuis quelques siècles, plus rien : les sorcières ont tiré leur révérence. Jusqu’à aujourd’hui…" © Lilltle Urban
En octobre les éditions Little Urban vont nous rendre fous ❤️❤️❤️❤️❤️
Alex Aster bientôt de retour
Est-ce qu'on vous a dit qu'Alex Aster revenait le 1 octobre avec une nouvelle série pour jeunes adultes ? Alors avant, petite séance de rattrapage avec une série et un titre estival dont on ne se lasse pas. ❤️❤️❤️❤️❤️
Starside parution premier octobre 2026
Un été à New York : Eté de tous les dangers pour Ella et Parker, quand sensualité et sentiments se mêlent pour en faire une romance addictive ❤️❤️❤️❤️❤️
L’introduction est réjouissante et déjà vous saurez que vous n’allez plus lâcher ce roman. Ella avait accepté d’accompagner sa meilleure amie dans une soirée, où elle s’était fait lourdement draguer et avait très mal pris la situation envoyant bouler le superbe jeune homme qui l’avait abordé. Deux ans plus tard, en panne d’inspiration, elle vient à New York pour l’été surveiller les travaux dans l’appartement de sa soeur partie en vacances en Europe. Là, elle espère retrouver des idées pour l’écriture de son scénario d’un futur film. Ella en effet est l’une des scénaristes les plus en vue d’Hollywood mais reste très secrète, absente des réseaux et peu connue en personne du grand public.
A peine arrivée, une surprise l’attend, là haut dans un immense building, elle va rencontrer son nouveau voisin Parker Warren, jeune milliardaire en train de vendre son entreprise d’informatique. Le lourdaud d’il y a deux ans c’était lui ! Va commencer alors un drôle de chassé-croisé entre deux être solitaires qui se cherchent. Les choses se compliquent encore lorsqu’il lui propose un marché inattendu : être sa fausse petite amie le temps d’un été, pendant les négociations de vente de son entreprise. Que faire ? La haine qu’elle ressent envers lui, l’humiliation subie il y a deux ans, remontent à la surface. Ella va pourtant accepter.
Ce roman est une très bonne surprise, il nous embarque le temps d’un été new-yorkais dans le monde du luxe et des soirées mondaines car les connaissances et la fortune de Parker lui ouvrent toutes les portes ce qui a le don de taper sur les nerfs d’Ella.
On aime le côté superficiel tout d’abord de l’aventure dans laquelle l’autrice nous embarque. Cela fonctionne à fond et le style, l’écriture nous séduit d’emblée. Cela fonctionne très bien parce que rapidement, d’autres pièces de l’échiquier entrent en action : leur vie personnelle ; la vie d’Ella, son passé, sa famille, sa soeur, ses luttes, sa volonté d’indépendance ; Parker de son côté dépasse rapidement le côté superficiel du jeune beau gosse, crack en informatique et richissime. On aime aussi les personnages secondaires, notamment Peneloppe, la meilleure amie et les autres filles compagnes des amies de Parker, qui vont contre toute attente faire front et union face à certains de leurs petits amis machos et détestables : la sororité fonctionne à fond. D’aventures, en quiproquo, les deux jeunes adultes vont se rapprocher, s’affronter, avancer, se faire piéger par le système et craquer l’un pour l’autre avec quelques scènes torrides (destinées à un public de jeune adulte…). Ella saura-elle surmonter ses blocages et ses aprioris ? Parker saura-t-il la convaincre qu’il est autre chose qu’un playboy riche, superficiel, qui veut tout contrôler ?
Un vrai régal de lecture par l’autrice de la saga Lightlark qui nous avait déjà embarqués. C’est très bien fait, efficace, feel-good à souhait, prenant, sensuel et surprenant. On aime. Pour les plus grands et les jeunes adultes pour terminer l’été en beauté.
Jean-Luc
Un été à New York ; Alex Aster ; Traduit de l’anglais (Etats-Unis) : Anath Riveline ; Illustrations : Kah NS ; Editions Lumen, à partir de 16 ans +, YA, 10 avril 2025, 18 €
LightLark : la saga Lightlark Livre I Puissant et envoutant, un Livre I à découvrir rapidement, la suite arrive le 18 avril prochain. Foncez c'est brillant ! ❤️❤️❤️❤️❤️
Lorsque vous ferez la connaissance d’Isla Calys, elle sera en pleine transgression en utilisant sa baguette astrale, un artefact qui lui permet de courir des distances folles en une poignée de secondes.
La jeune femme est une héritière, celle du clan des Sauvages dans un monde victime d’une terrible malédiction. Les six royaumes (Sauvage / Stellaire / Sélénite / Azuréen / Solarien / Nocturne) ont en effet été victimes d’un drame absolu qui les a séparés, a provoqué la fuite de la majorité d’entre eux loin du Lightlark et tous ont été frappés d’une malédiction qui a transformé leurs forces en poison. Pour Isla et les siens : tuer ceux dont ils tombent amoureux et ne plus s’alimenter que de coeurs humains.
La reine des Sauvages s’apprête à participer au Centenal, compétition de cents jours sur un archipel condamné à n’apparaître qu’une fois tous les cent ans, qui permettrait de briser les malédictions qui accablent les six royaumes et pour le vainqueur d’acquérir des pouvoirs sans égal. Mais Isla surentrainée, part avec un terrible secret et peu d’alliés : elle est bien une héritière mais sa mère en refusant de tuer celui qu’elle aimait semble ne lui avoir transmis aucun pouvoir. Son entrainement guerrier suffira-il à affronter les ambitions et le désespoirs des souverains des autres royaumes acculés à trouver une solution, tant ils s’affaiblissent et disparaissent peu à peu ? Sur place Isla va rencontrer Azul roi des Azuréens au coeur brisé ; Céleste reine des Stellaires, sa seule alliée qu’elle connait grâce à ses voyages interdits ; Cléo reine des Sélénites qui va d’emblée s’avérer une redoutable et hostile adversaire ; Grim roi des Nocturnes, personnage troublant ; et Oro roi des Solariens et Haut Roi de Lightlark.
Le récit se met peu à peu en place, centré dans un premier temps sur l’organisation progressive de la compétition, ses règles, ses premières épreuves avec en parallèle la quête des deux amies qui en secret tentent de trouver un brise-lien qui les libéreraient elles et leurs peuples de la malédiction. C’est une lutte à mort mais avec des règles : interdiction de tuer un souverain avant le 51ème jour. Lorsqu’au 25ème jour le Haut Roi solarien la choisit (à son grand désespoir) comme partenaire, l’histoire s’accélère brutalement et nous entraîne dans un tourbillon duquel il sera impossible de sortir avant les dernières lignes annonciatrices de la suite.
L’autrice a construit un univers d’une incroyable richesse. Une fois le cadre de son histoire installé, elle accélère et entraîne son lecteur dans des chapitres courts et nerveux, particulièrement denses, dévoilant peu à peu des secrets bien gardés depuis si longtemps. L’héroïne principale et ceux qui gravitent autour sont particulièrement bien construits et complexes. L’histoire se dévoile peu à peu en étant pourtant pleine de surprise et de rebondissements, chausses trapes et trahison.
C’est assez impressionnant la façon dont le récit complexe est construit. Le monde qui se dévoile sous nos yeux, est complexe, riche, merveilleux et inquiétant. Pris au piège, le lecteur, une fois lancé ne peut qu’aller au terme de l’histoire à bout de souffle, totalement pris. Une lecture addictive à savourer et découvrir absolument d’autant qu’il ne vous faudra pas attendre très longtemps pour découvrir la suite du destin d’Isla qui est annoncé pour le 18 avril 2024 prochain.
Puissant et envoutant !
Jean-Luc
LightLark : la saga Lightlark Livre I ; Alex Aster ; Traduit de l’anglais (Etats-Unis) : Céline Morzelle, et Sarah Dali ; Illustrations : Lust-Byte ; Editions Lumen, 23 mars 2023, 17 €
QUATRE SŒURS. tomes 1. 2. 3
Petit rappel d'une série et surtout d'une autrice que nous aimons beaucoup. Un texte qui est déjà ancien, mais qui est régulièrement revenu sur le devant de la scène ici avec de nouvelles couvertures, pour conquérir une nouvelle génération de lecteurs. Formidable, on adore bien évidemment et on conseille fortement. ❤️❤️❤️❤️❤️
Des récits où se mêlent avec talent l’aventure, l’humour, les petits maux de la vie et les préoccupations amoureuses des adolescents.
" Une belle villa en bord de mer, pleine de recoins et de mystère. Quatre sœurs qui sont cinq, orphelines de fraîche date, cousines des quatre filles du Docteur March et des cinq sœurs Bennet d'Orgueil et Préjugés. Emplie de personnages hilarants, de péripéties en tous genres et de dialogues piquants, cette intégrale nous fait (re)découvrir avec bonheur la vie de ces cinq sœurs, leurs amis, leurs amours, leurs humeurs, leur humour... Un pur régal pour le cœur et l'esprit !"
© l'école des loisirs.
Quatre soeurs Tomes 1.2.3.4
Malika Ferdjoukh
Editions de l’école des loisirs
, 9 septembre 2026 pour la nouvelle édition avec une nouvelle couverture , 14 € tome 1 ; 14,50 € les suivants
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07 septembre 2026
Les carnets de l'apothicaire tomes 1 et 2
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La loi des Mères, tome 1 : la Femme esprit
Un roman au rythme étrange et différent pour entrer dans un monde qui l'est tout autant. A découvrir ou redécouvrir alors que le tome 2 est annoncé pour le 10 septembre prochain ❤️❤️❤️❤️
Elle s’appelle Laurana et nous ferons sa connaissance un été de las 2498 (Clandrier val-adon) dans les bras d’Olympia le Surenan, blond aux yeux bleus étranger qui s’intéresse aux vestiges d’une civilisation en partie perdu. Il s’intéresse au passé sur la Grande Aîeule. A la fin de l’été il repartira, laissant Laurana commencer sa vie de femme, de mère trop vite arrêtée.
Difficile de raconter ce roman, parce qu’il est dense, le récit vous embarque dans un monde étrange loin, ailleurs, dans un monde étonnant où subissent quelques pouvoirs particuliers, des histoires ancestrales, la vie en communautés qui se mélangent peu et semblent toutes être des clans rivaux.
On y croise des patrouilleurs chargé de défendre le clan, d’autres capables de lire l’avenir, et dans cette société matriarcale où les femmes ont le lead sur les hommes ce qui donne des relations très particulières, une forme de liberté sexuelle différente, on découvre toute une société qui se dévoile peu à peu au fil du récit. Laurana semble, elle, avoir un destin particulier, entre deux mondes, capable d’être le lien, la connexion avec le passé tout en étant bien ancrée dans le présent avec ses amis… on la voit grandir devenir pleinement femme, affrontant les dangers, l’étranger, la Mort noire et tout ce qui rythme la vie de la communauté.
Un récit, étrange dans lequel on rentre progressivement qui nous envoûte peu à peu avec ses chapitres longs et qui finit par se lire d’une traite. Un roman où les femmes ont un rôle spécial, très ancré dans la nature. Un premier tome prometteur à découvrir.
Jean-Luc
La loi des Mères, tome 1 : la Femme esprit
Marie Tétart
Editions Scrinéo, 8 janvier 2026, 18,90 €
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Craftquest : la trilogie se termine
Le dernier tome de la trilogie de Lucie Kosmala se termine en beauté. Deux mondes qui se rencontrent, celui du jeu immersif et la vraie vie ... A découvrir, il est sorti la semaine dernière ❤️❤️❤️❤️❤️
Souvenez vous nous vous en avions parlé : Un premier tome construit, intelligent et très réussi qui saura réconcilier joueurs et lecteurs (pourquoi se priver de deux plaisirs ? ) ❤️❤️❤️❤️❤️
Ce roman pétillant et rythmé va vous faire découvrir Lila et son monde, ses mondes devrais-je dire. Joueuse de Caftquest, elle s’est attachée à son équipe virtuelle dont elle ne connait que les noms du jeu et les avatars : JupiterSpy, Luuty et LordtheGost. Lorsqu’elle rentre ce jour là, elle profite de ne pas avoir de devoirs pour se réfugier dans sa chambre et avec son équipe « les Suricates » faire une partie contre les « Donuts Invincibles ». La partie se passe plutôt bien. Ils la gagnent mais un étrange fenêtre s’ouvre pour Ghost et elle annonçant un grand tournoi réservés aux joueurs d’élites. Craignant une arnaque, ils n’y attachent pas plus d’importance que cela.
De retour au collège, elle retrouve ses amis inséparables : le grand Sam joueur de basket et Emma toujours radieuse et originale.
On aime le ton du roman qui montre une jeune fille équilibrée, bien dans ses baskets et qui sait gérer le jeu et la réalité de la vie quotidienne et le collège. On aime que l’autrice nous montre les tiraillements entre les deux mondes, leurs atouts et leurs défauts (l’assaut de misogynie du deuxième tournoi est hallucinant) : ses amis du monde réels ont parfois du mal à comprendre sa passion, alors après quelques tiraillements, ils vont faire des efforts et lui proposer d’assister à une partie pour mieux comprendre. Et puis, il y a finalement le grand tournoi qui lui aussi va provoquer des tensions mais cette fois dans l’équipe virtuelle : seuls deux d’entre eux ont été remarqués et lorsque la formidable maman de Lila l’autorise à s’inscrire, on assiste à une première manche décevante, pendant laquelle, Lila va échapper de peu à l’élimination et qui a des airs d’Hunger Games au début de l’épreuve.
Au fil des pages, entre le collège et le jeu, puis le tournoi, le monde de Lila s’ouvre à nous lecteurs, les personnages prennent en consistance et on dévore le roman presque sans s’en rendre compte et on arrive à la fin étonné et joyeux prêts pour une deuxième partie.
C’est frais, intelligent, rythmé, de quoi réconcilier deux mondes ceux qui lisent et ceux qui jouent. A dévorer, découvrir et suivre sans hésiter.
Jean-Luc
Craftquest, joueuse d’élite tome 1 ; Lucie Kosmala ; Editions Casterman jeunesse, 20 août 2025, 14,90 €
Souvenez vous nous vous en avions parlé : Ils sont de retour pour une deuxième saison, grandir, progresser et nous surprendre. On aime toujours ❤️❤️❤️❤️❤️
Nos héros ont grandi. Lorsque Lila participe à la session de repêchage de la compétition Carftquest, elle est repérée par le staff de Jungle Inc. Et passe un entretien étrange avec Rodolphe Cautique le big boss. Elle va se lier d’amitié avec Junie autre joueuse super chaleureuse.
Les séances de jeu continuent et les Suricates sont de retour et vont même jouer contre les Gerbilles.
Mais le petit monde de Lila n’est pas totalement tranquille, elle se pose beaucoup de questions, reste troublée par le beau Maxime, doit aussi se préoccuper de ses amis fidèles, affronter son harceleur une dernière fois avant qu’il ne se fasse éjecté car surpris en train de tenir des propos inadmissibles… Il y a aussi avant l’été consacré en parti au jeu, le brevet à préparer et elle a décidé de passer son oral sur la BD Maus, d’Art Spiegelman, sur la Shoah, un sujet difficile mais passionnant pour lequel elle va assurer un maximum.
Un tome deux dans lequel on retrouve le rythme du précédent avec les phases de jeu, les réunions surprises, les amis et des héros qui grandissent et peu à peu apprennent à faire de vrais choix et à se relever de leurs erreurs. On aime toujours. A suivre.
Jean-Luc
Craftquest tome 2 : alliés ou ennemis ; Lucie Kosmala ; Illustrations de couverture : Umestu Lovers Studio ; Editions Casterman jeunesse, dès 11 ans, 21 janvier 2026, 14,90 €
Tome 3, clic pour retrouver toutes les infos sur le site Casterman jeunesse
01 septembre 2026
Son lac. Nouveauté
Elle est l'une de nos meilleures autrices. Elle sait comme personne conter des histoires, remonter le temps, nous perdre dans ses méandres, des vengeances, des amours impossibles, de la mort qui rôde. Son Lac est une merveille d'histoire et de maîtrise. Totalement indispensable ❤️❤️❤️❤️❤️
Ils sont au bord du lac d’Annecy ce soir du 26 mai 2027 : Maurice, Clara, Léo et Zyan. .. ils ne savent pas encore dans leurs querelles d’adolescents presque adultes que leur vie va basculer.
Parce qu’Elle, veille, est là dans son Lac.
Aussi loin qu’on puisse s’en souvenir, leur destin s’est forgé loin si loin au XIIIème siècle avec Jehan un jeune novice de 15 ans qui tremble devant ce lac qu’on lui interdit et qui va la rencontrer Elle. Elle qui décide de revenir parmi les humains pour l’avoir lui. Dame Bernoline de Charansonay va venir à lui, trouver le moyen de se débarrasser de son mentor frère Reymond qui a senti le danger et fera tout jusqu’à sa mort mystérieuse pour le protéger. Mais peut-on échapper à quelqu’un comme Elle ?
L’écriture de Marine Carteron est nerveuse, folle, elle vous happe dès les premières lignes pour ne plus vous lâcher. Quelque chose de sensuel, d’attractif, d’hypnotique. Le récit est terrifiant, Elle est terrifiante mais on veut savoir, on tourne encore et encore les pages fascinés par son obstination, ses rituels. Les allées et retour entre notre monde et les différentes époques et les différents jeunes gens qui l’ont rencontrée se croisent, reviennent en boomerang d’un chapitre à l’autre. Rythme parfois rompu par les échanges au XIXème siècle entre un frère et une soeur , Simon, un jour remplacé par Léo qui lira son journal destiné à une soeur qui n’a jamais su et jamais pu le lire. Et puis il y a cette ambiguïté, entre son immortalité, le temps qu’elle a et cette forme d’impatience à se venger à retrouver ce qu’elle a perdu un jour d’affrontement face à sa folie et celle des hommes : dévastatrices. Une sorte de course contre la montre qu’on ressent en frémissant, en tournant les pages, en retenant son souffle comme pour l’accorder au rythme de l’apnée ou des tentatives de fuites de ces jeunes hommes condamnés.
La dame du Lac pourtant… Marine Carteron nous offre un récit puissant, hypnotique entre fascination et terreur, le tout dosé avec talent, qui nous entraine de pages en pages avec vers la fin ce sentiment étrange qui vous prend au tripes : finir, savoir absolument et/ou ralentir pour que cela ne s’arrête jamais, car après tout elle a le temps, Elle.
Jean-Luc
Son lac
Marine Carteron
Graphisme et illustration de couverture : Patrick Connan
Editions du Rouergue, collection Epik, dès 14 ans, 26 août 2026, 17,50 €, relié 22 €
le relire est superbe avec un jaspage très réussi. Un beau cadeau de fin d'année ou pour tout de suite.
31 août 2026
Apokalyps, tome 1 : le jugement de Zeus. Nouveauté
Pandore a un frère et les deux partagent le même gout pour l'interdit. Vous voyez venir la catastrophe ? C'est parti. Le compte à rebours a commencé pour sauver le monde ou pas. Absolument addictif et enthousiasmant. ❤️❤️❤️❤️❤️
Dès l’introduction, on sait que cela va mal se passer. En même temps me direz vous on est en plein dans la mythologie grecque, le côté cabotin et capricieux des dieux surtout de Zeus et quand on lit les noms de Pandore et se son jumeau bien moins connue Amphictyon, on se doute que cela peut mal tourner mais on ne sait pas à quel point. Parce que si beaucoup connaissent Pandore et sa boîte, peu savant qu’il peut y avoir bien pire.
Alors, comment vous raconter ce premier tome dense, puissant et vibrant. Il y a des Amazones réduites en esclavages : Pyrrha et Euxippé ; des Spartiates eux aussi vaincus avec leur représentant le jeune prince Léonidas ; un fils de roi d’Athènes décédé, le Nérée et son mentor Antagoras le centaure, sous la tutelle du tyran devenu maître de la Grèce entière, Médon ; des dieux capricieux qui ont décidé de lâcher la rampe ; des créatures revenues des temps anciens et un dieu qui enfin va faire renaitre l’espoir : 7 jours pour refermer l’urne d’Amphictyon. Apparitions divines ; Pythies qui meurt en pleine prophétie ; monde qui s’écroule…
C’est intelligent, dense, l’écriture est nerveuse, semble courir pour devancer la catastrophe imminente et vous rattraper au détour d’un chapitre, cela fourmille de détails, d’informations, de magie et pourtant qu’est ce que l’on s’y sent bien dans ce premier tome qui vous accroche dès la première ligne. Pour tous les amateurs de récits mythologiques et de panthéon grec et pour les autre aussi (il serait temps de vous mettre aux bonnes choses). Passionnant, à dévorer sans tarder et partager.
Jean-Luc
Apokalyps, tome 1 : le jugement de Zeus
Charles Mazarguil
Illustration : Lucile Leca
Editions Flammarion jeunesse, dès 9 ans, 19 août 2026, 13,50 €
Tes lettres. Nouveauté
C’est l’une des très bonnes surprises de cette rentrée en jeunesse. Un roman graphique qui parle de harcèlement, d’amitié surtout dans un univers graphique incroyable et magique. On adore ❤️❤️❤️❤️❤️
Lorsque Sori prend la défense de Jimin elle ne sait pas qu’elle vient de mettre le pied dans un engrenage terrifiant, celui du harcèlement. Elle change d’école à la rentrée suivante, bloquée, terrifiée par ses anciens souvenirs : et si tout recommençait ?
Pourtant sous son pupitre, elle va trouver une lettre qui lui présente le collège, ses camarades, les secrets du lieu… commence alors une drôle de chasse aux lettres qui sont cachés dans des lieux différents. Elle fait ainsi, peu à peu connaissance avec son nouvel entourage, ses camarades plutôt ouverts et sympathiques, et ce garçon mystérieux Dongsun ou la concierge un peu sorcière du collège Kim Sunyi. Mais les lettres étaient-elles vraiment destinées à Sori ? Qui est Jeong Hoyeon ?
Impossible de tout vous raconter, juste vous dire que tourner les premières pages c’est d’abord se laisser charmer puis envouter par le récit, la mise en page et les illustrations plus que réussies. Un texte fort qui de manière presque douce et rassurante sait aborder les thème sdu harcèlement, de la maladie mais aussi surtout de l’amitié et du soutient indéfectible que certains sont capables d’apporter à leurs amis leur donnant la force de résister et de se rebeller. On aime cet univers chaleureux et surprenant dont les illustrations encore une fois sont pour beaucoup avec des changements de couleurs de luminosité qui nous donnent le sentiment de voyager loin, très loin. Un roman graphique exceptionnel beau et intelligent pour aborder des thèmes graves et repartir d’un bon pas. A lire et partager absolument.
Jean-Luc
Tes lettres
Hyeon A Cho
Traduit du coréen : Claire Lair
Editions Milan jeunesse, 9-12 ans, 26 août 2026, 15,90 €
30 août 2026
Les visages du feu, tome 1, l’Institut du Nouveau Lendemain
Le tome 1 d'une dystopie passionnante et prenante pour les grands ados et jeunes adultes qui nous emporte dans un monde inquiétant et cruel. Passionnant et addictif. ❤️❤️❤️❤️❤️ Le tome 2 arrive cette semaine : VIBREZ
ll y a B2106, C1501 ou B1803 ou 012V… appelez les comme vous le voudrez : par leur matricule ou par leurs prénoms Helena, Avril, Meriem, Luce, Clara ou Vincent. Pourtant en les appelant par leur prénom, vous violez la règle et risquez fort de ne pas être les bienvenus.
LOrsqu’on fait la connaissance de Luce, B2106, elle est en pleine cauchemar, en pleine régression : ses souvenirs refont surface, de sa vie d’avant de sa grand-mère et de leur course effrénée vers Paris.
Elle est une élève de rang1, considérée comme l’édile et vit depuis toute petite dans l’Institut du Nouveau Lendemain créé à partir des idées de Tadeusz Hertz après les grandes catastrophes qui ont anéanti notre monde. Dans cet institut que des filles sur trois rangs, et quelques adultes qui les contrôlent et quelques hommes dont l’action et la position est inquiétante, mélange de masculinisme malveillant et de domination patriarcale amenant à tous les abus si nécessaires, pour preuve le professeur Alpha qui domine l’ensemble en l’absence de l’intendante.
Que Luce se soit mise à vaciller va provoquer comme une sorte de réaction en chaine version dominos. Elle va devoir faire avec l’Institut et ses règles folles pour rester en vie et peu à peu s’ouvrît à d’autres filles et peu à peu comprendre qu’il faut absolument qu’elles doivent sortir de là.
Au fil des pages, en découvrant le fonctionnement de l’institut, ses zones d’ombres, ses abus, on sent la tension monter, on se crispe avec l’envie d’aller plus loin, plus vite pour comprendre ce qui ne va pas, où cela nous mène. Luce, ses amies, ses tentatives pour se fondre dans la masse vont-elles réussir à sortir indemne de l’étau qui n’hésitera pas à se refermer sur elles. Helena l’infirmière est-elle sincère ? Quel rôle joue le bibliothécaire ? Est-il réellement le monstre décrit par les rumeurs qui hantent les couleurs de l’institut ? Où cette folie de société plus pure, plus organisée peut être mener ? Que sont devenus les jeunes garçons ?
Chloé Vollmer-Lo nous embarque dans une dystopie envoutante, inquiétante et passionnante. Difficile, une fois entré dans 1e roman, de lâcher prise et de se détacher des pages qui tournent toutes seules ou presque et nous embarque dans une société inquiétante, violente, où les femmes sont particulièrement malmenées sans véritable espoir ou avenir tant les décisions et les prévisions pour l’avenir de leurs dirigeants semblent floues et confuses.
Tout un monde postapocalyptique dont on sait peu de chose, si ce n’est qu’une poignée de jeunes filles vont au final vouloir sortir à tout prix, risquant de tout perdre et de tout faire imploser en fuyant. Reste à savoir, si elles réussissent, ce qu’elles trouveront de l’autre côté et quel monde les attendra.
Une construction inquiétante, un monde brutal, froid, presque clinique, et des personnages étonnants qui tentent de trouver leur vérité dans cette construction folle qu’est l’Institut.
Passionnant, inquiétant, magnétique. Foncez le tome 2 est attendu pour début septembre.
Jean-Luc
Les visages du feu, tome 1, l’Institut du Nouveau Lendemain
Chloé Vollmer-Lo
Editions Nathan, 15+, 28 août 2025, 17,95 €
Tome 2 annoncé pour le 3 septembre 2026
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La société très secrète des sorcières extraordinaires
Souvenez vous, nous, vous l'avions adoré. Il revient en poche à prix tout doux cette semaine de rentrée ! Foncez, c'est un régal de lecture ❤️❤️❤️❤️❤️
Il vous faut d’abord savoir que la Société très secrète des sorcières se réunissait le troisième jeudi de chaque trimestre et jamais au même endroit. En fait c’est Mika Moon, jeune sorcière trentenaire, qui en a inventé le nom que Primrose, son mentor depuis la mort de ses parents trouve totalement ridicule. Primrose, c’est la doyenne, celle qui impose les règles et notamment celle étonnante de se faire le plus discret possible, de ne pas se regrouper car la magie devient difficilement incontrôlable, au risque de se faire repérer. Et Primrose sait comme les autres les dangers que pourraient représenter, si le monde extérieur savait pour elles.
Mika se contente alors de mettre des vidéos en ligne où elle se présente comme sorcière, mais de pacotille, libre aux naïfs de la croire. C’est pourtant ce jour-là et à cause des vidéos qu’elle va se faire repérer par Ian, octogénaire pétillant qui a repéré les éclats dorés de magie qui brillent sur la vidéos, alors que les autres n’ont rien vu : il est persuadé qu’elle est une sorcière, et qu’elle est celle qu’ils cherchent.
Ils ? C’est Ian son mari Ken, Lucie et Jamie, qui ont la garde de trois petits filles Rosetta (10 ans), Terracotta (8ans) et Altamira (7ans) toutes trois sorcières protégés dans la Maison de Nulle Part par les puissants sortilèges de Lillian la « mère » des filles qu’elle a adopté. Pourquoi de puissants sortilèges ? Parce que les filles sont des sorcières, que leurs pouvoirs grandissent, et que toute cette magie au même endroit devient incontrôlable. C’est là que Mika après avoir reçu un mystérieux message va venir pour les rencontrer, terrifiée à l’idée d’avoir été repérée comme sorcière (et si c’était un piège) et attirée comme jamais à celle de pouvoir enfin être elle-même.
Leur rencontre va changer beaucoup de choses. L’hostilité de Jamie jeune et beau trentenaire qui veut protéger les filles à tout prix, celle de Terracotta pour les mêmes raisons, la maison si particulière, les pouvoirs de Mika, la famille extraordinaire que forment les habitants de la Maison de Nulle Part, des secrets encore bien gardés … tout cela forme un monde dans lequel vous allez adorer vous faufiler et vous installer chaudement. C’est un roman qui ne se raconte pas, à vous de découvrir ce qui va se passer à partir du moment où Mika franchira les frontières magiques du domaine et de vous laisser porter par ce roman puissant, qui nous parle de famille recomposées, d’orphelins, d’amour, de solitude, de repli sur soit et aussi de la nécessité de s’ouvrir aux autres pour vivre pleinement. Un roman magnifique et fort pour les grands adolescents à recommander chaudement, du plaisir et du bonheur en pages.
Jean-Luc
La société très secrète des sorcières extraordinaires
Sangu Mandanna
Traduis de l’anglais (Royaume-Uni) : Laureline Chaplain
Illustration : Marine Gosselin
Editions Lumen, à partir de 16 ans, 24 août 2023, 17 € / Editions Lumen, 3 septembre 2026, 8,5 €
27 août 2026
Soleils fantômes
Pour terminer en beauté la sélection d'été, un dernier roman troublant et étonnant qui nous sort des sentiers battus et nous fait vibrer à l'unisson de son héros principal. ❤️❤️❤️❤️❤️ Bonne fin d'été avec les Sandales jeunesse, Mathilde et ses lutins.
Hélyos a seize ans et les vacances commencent mal pour lui : une chaleur accablante, un père dépressif au possible après sa séparation avec sa mère, et un petit frère Solal qui va plomber l’ambiance dès le premier jour : « Ah oui, je reconnais… C’est là que j’étais mort la dernière fois ».
Leur arrivée au camping commence bien : leur père tellement perturbé s’est trompé de mois pour leur réservation. Ils trouvent quand même une solution et va commencer pour Hélyos et les siens l’été le plus étrange de sa courte vie. Sa rencontre avec quatre ados dont Manon et Lucas vont finir par perturber totalement le jeune homme qui peine à sortir de l’adolescence, s’invente partiellement une vie, voit son corps changer et ne sait pas quoi en faire.
En utilisant dans son récit le phénomène parapsychologique du témoignage de souvenirs de vie antérieure, Gaël Aymon trouble encore davantage les lignes. Entre moments inquiétants et lucidité retrouvée, le petit frère jette un trouble sur tout les protagonistes. Les ados ont décidé de résoudre l’énigme, Manon se méprend sur les intentions d’Hélyos, qui lui ne voit pas celles de Lucas et tous vont foncer vers une fin incroyable et presque perturbante.
L’auteur tisse une toile étrange, mouvante et inquiétante. Les souvenirs qui ressurgissent avec force finissent par convaincre les ados que Solal raconte quelque chose de plausible. Mais tous les protagonistes de l’histoire ne sont pas innocents et fréquentables.
Un récit étrange et troublant sur ces phénomènes étudiés de façon très sérieuses par des scientifiques, la sortie de l’adolescence, la recherche de soit, l’acceptation de son corps et des interactions sociales, autant de thèmes qui s’imbriquent pour nous donner un roman troublant et beau. A découvrir en signalant la magnifique couverture.
Jean-Luc
Soleils fantômes
Gaël Aymon
Couverture de Nicolas Caminade
Editions nathan, 14+, 18 juin 2026, 15,95 €
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26 août 2026
Érêves
« L’écriture fut la cause de tout. Du début et de la fin » : une claque, un roman qui vous piège, vous emporte bien au-delà de ce que vous pourriez imaginer. Merveilleux ❤️❤️❤️❤️❤️ Enorme coup de foudre !
« L’écriture fut la cause de tout. Du début et de la fin » ainsi débute presque cette histoire et la pensée de son héros Jonas. Lui il ne s’était pas méfié de l’écriture. Quand Mme Almendra la professeure documentaliste avait conseillé à tous d’acheter un carnet pour noter leurs pensées au quotidien, il l’avait fait par réflexe pour se faire bien voir. Et puis un jour il commença à tout noter et ne s’arrêta plus. Sauf que parfois on fait des erreurs et qu’il ne savait pas qu’en le mettant un matin dans son cartable il allait provoquer la catastrophe. Dans son collège, son pire cauchemar Boris et sa bande mirent la main dessus et le trouvèrent malin de le lire à haut voix.
Jonas qui était déjà fragilisé par la vie et les problèmes familiaux explosa en vol. Il accepta cependant d’aller au cirque sans papa juste pour faire plaisir à sa petite soeur et sa maman. Pourtant la colère montait toujours et ce jour-là alors qu’il bouillonnait de rage face à son harceleur, un lac apparut : Mila (sa petite soeur) plongea dedans et il la suivit. C’est ainsi qu’ils arrivèrent par des chemins détournés dans Érêves, un monde où tout était inversé : les humains étaient des monstres terrifiants et les autres en avaient une peur bleue au point de les avoir longtemps chassés enfermés dans la Fourrière ou dévorés pour certains. Peur comme des oiseaux, de la beauté d’un chant …
C’est un Vieux qui pêcha Jonas (on pense très fort à une version d’Hansel et Gretel) qui réussit à s’enfuir et trouver protection au Cirque d’Érêves sorte de bulle fragile de sécurité et de liberté. Il est peuplé d’un diable, Baron, d’un homme araignée Pavel, des siamoises Madame Alice et Madame Celia et de Blanche fillette au visage de clown triste (monstre de son état puisqu’humaine) et Merle le garçon oiseau à la voix d’ange. (Comme Blanche).
En entrant dans ce roman, on sent tout de suite quelque chose de différent. Les mots filent, les phrases courtes au début s’enchaînent, s’entrechoquent, résonnent entre elles. La langue vrille quand les Vieux d’Érêves se mettent à parler comme pour d’autres, où les mots s’inverse, où la gentillesse devient une tare, où l’on vit la nuit. On se sent bien, comme aspiré par l’histoire, par ce récit qui tourne au fantastique dans ce monde miroir, comme inversé du nôtre mais tout aussi cruel et dangereux parfois. Un monde qui par bien des aspects fait penser au nôtre, il se meurt avec la rivière des Larmes désormais empoisonnée, un Prince cruel qui fait régner la terreur avec la Garde, sorte de bras armé humilié et humiliant…
Jonas va se chercher longtemps, tâtonner, commettre des erreurs, faire des découvertes sur les autres, sur lui, mettre des mots sur sa colère, et ainsi trouver la clef.
Ce roman ne se raconte pas davantage, il se vit, se sent, on rentre dedans littéralement et on vibre à chaque page. C’est une petite merveille d’écriture, d’invention, de mise en abîme, de découvertes, d’inventivité et d’une grand poésie. Tout fonctionne, touche le lecteur, le confronte surement à ses peurs à ses angoisses et à ses joies. Stéphane Servant nous offre ici un roman absolument merveilleux comme suspendu dans le temps et totalement réussi. A ne manquer sous aucun prétexte.
Jean-Luc
Érêves
Stephane Servant
Illustration de couverture : Germain Barthélémy
Editions du Rouergue, collection dacodac, dès 9 ans, 6 mai 2026, 18,40 €
Walter Cobb : Nos chemins d’or et de poussière
Un petit bijou d'écriture, d'histoire, de destins qu'on adore suivre le coeur serré parfois. Absolument formidable. Très bien terminer l'été avec un roman exceptionnel. ❤️❤️❤️❤️❤️
Il s’appelle Samuel Carson, a une patte folle à cause de maltraitance et c’est lui qui nous parle nous embarque dans un périple de labeur, de souffrance et de découverte de soit et du monde qui l’entoure.
l’Amérique profonde, les saisonniers qui vont de boulot en boulot parfois pour une journée, la maltraitance des contre-maîtres. Et puis un jour une ombre immense, un Big Boy s’avance puissant, l’air placide : Walter Cobb.
Ces deux là ne vont plus se quitter et nous faire vivre un moment de vie inoubliable. De fermes en fermes, de mauvais coups en mauvais coups, leurs routes croisent parfois des sales types mais aussi des gens biens, ouverts et visionnaires. Parfois leur route leur fera rencontrer certaines personnes qui joindront leur destin au leur comme Mercy.
Des destins qui sont à la fois hors du comment, des souffrances, des moments solaires, et la réalité aussi des travailleurs de cette époque : mépris, mauvais traitements, travail acharné pour pas grand chose, racisme endémique …
Ces deux là sont solaires, parfois la colère que Sam contient provoque des étincelles et donne au roman un curieux petit côté fantastique, juste une petite lueur qui vient, frappe et passe vite. Walter lui est résilient confiant en dieu, et va permettre à Sam de gagner en sagesse et de pencher du bon côté de la barrière.
Un roman dans lequel on entre sur la pointe des pieds, presque voyeurs, mais dans lequel on se sent tellement bien que bien vite on oublie et qu’on se laisse porter à le lire d’une traite jusqu’au final étonnant, beau et cruel à la fois.
Un texte particulièrement bien écrit, à savourer sans modération pour découvrir d’autres vies, d’autres destins et croire au meilleur même au fond de l’obscurité.
Jean-Luc
Walter Cobb : Nos chemins d’or et de poussière
Mathilde de Lagausie
Illustration de couverture : Patrick Conan
Editions du Rouergue jeunesse, collection Epik, dès 13 ans, 1 avril 2026, 17,50 €
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Humanimal, tome 1 : le secret de Murphy
Un premier tome très réussi dans un futur étonnant après une catastrophe et des changements radicaux pour l'espère humaine. A découvrir ❤️❤️❤️❤️❤️ Les deux premiers tomes sont parus, la fin de la trilogie débarque le 2 septembre.
C’est le Grand Zéro : la situation dans laquelle la planète et l’humanité sont arrivés suit à des siècles de destruction. Catastrophes climatiques qui ont entraîné la disparition de la totalité des humains et d’une grande partie de la faune et de la flore. Cette situation a forcé les animaux à une évolution rapide pour survivre. Ils sont devenus des humanimaux. Ils sont devenus l’espèce dominante dirigée par le premier d’entre eux Leonis, l’huma-lion va rebâtir le monde. La terre est renommée Dodus divisée en trois nations : Terra, Aqua et Aeria. Il reste queles hommes mais les humanimaux les contrôlent ainsi que leur reproduction car ils sont considérée comme dangereux. Le premier tome de cette histoire débute ainsi cinq cent ans plus tard. Un bébé abandonné aux portes d’un nurserium dans des circonstances étranges. Recueilli par la directrice du centre Calandra Rhéane elle cache un terrible secret et va grandir protégée. Désormais âgée de 16 ans, elle va subir la sélection et être envoyée dans un des centres qui assurent leur formation et leur permet de devenir des accompagnateurs, des travailleurs, des génitrices pour les filles ou des soldats au service des humanimaux.
Murphy est envoyée dans le centre prestigieux d‘Ann Draegar et sa meilleure amie celle qu’elle considère comme sa soeur Necki elle dans le pire à Ardana. Dans ce centre pourtant réputé le meilleur elle va rencontrer Myrena et contre toute attente en faire une alliée et des professeurs très différents. Certains sont bienveillants, d’autres particulièrement hostiles et méprisants face aux humains. Pourtant de loin en loin des traces de rébellion apparaissent : certain humaniamux souhaitent la disparition totale des humains ; certains humains dont Zéphyr Valtor, recherchée partout sur Domus fait trembler le système avec la Horde ce groupe de rebelles qui veulent rendre leur liberté aux humains.
Au fil de pages on découvre un univers étrange, inquiétant qui cache bien des secrets et des mystères. Un très bon moment de lecture qui plonge peu à peu le lecteur dans un univers beaucoup plus complexe qu’il y parait. Un premier tome réussi qui donne envie d’en savoir plus.
Jean-Luc
Humanimal, tome 1 : le secret de Murphy
Emy Letertre
Illustration de couverture : Célia Bourdet
Editions Albin Michel, collection Wiz, 25 septembre 2024, 17,90 €
25 août 2026
Hâte-toi quand la nuit vient
Probablement l'un des meilleurs romans lu cet été : juste, cinglant et magistral. Du très grand Marie Pavlenko. On adore, il faut le lire ❤️❤️❤️❤️❤️
Marie Pavlenko nous emporte dans un roman puissant et vibrant. Tout commence au Moyen-Age où la jeune Jeanne, fille d’un Seigneur joue avec le fils d’un autre Seigneur. Ils ont sept ans, mais déjà ils se sont promis de se marier plus tard. La condamnation d’une sorcière, son exécution sur un bûcher, une malédiction et puis tout bascule. De loin en loin, Jeanne, dont le prénom viendra sous un forme ou une autre reviendra hanter les pages, comme autant de signaux d’alertes sur la violence faites aux plus fragiles, aux femmes, aux gens différents, que notre Histoire n’aurait pas su entendre ou voire.
Jane elle, vit quelque part dans un monde dont le notre commence à lui ressembler. Plus une goutte d’eau ou presque et les fascistes sont au pouvoir. Impossible à raconter, ce roman est un véritable brulot : Jane, Blanche, Lucile/Malika, Charles, Roman, tous vont nous accompagner dans une expérience qu’il est impossible à raconter. Le lycée Paul Eluard des grands-parents de Jane est devenu le lycée Jean-Marie Le Pen. Monde brutal où la culture recule de jour en jour, ou les dénonciations sont monnaies courantes où l’on dénonce les éco-terroristes alors que le monde meurt sous les canicules. Le tableau est complet : climatoscepticisme, racisme et violence décomplexées, alimentation de plus en plus difficile, accès au soin de même, propagande, parents dépassés, épuisés, déboussolés. De ce monde du futur qui par certain aspects ressemble déjà au nôtre la lecture est impossible à lâcher tant Jane et ses amis représentent la lueur d’espoir et de vie qui on l’espère jusqu’au bout tiendra bon.
Ce roman peut se lire à bien des niveaux : comme une dystopie terrifiante d’un monde glaçant et terrifiant, mais aussi comme un ultime signal d’alerte, en miroir du notre, alors que le danger gronde à nos portes et que trop souvent nous refusons de voir venir.
Un roman éblouissant, qui vous prend aux tripes et vous emporte comme un fétu de paille sous le flot d’une rivière en furie.
Jean-Luc
Hâte-toi quand la nuit vient
Marie Pavlenko
Editions Flammarion, dès 15 ans, 13 mai 2026, 18,50 €
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24 août 2026
Agence Perdido, tome 1 : les derniers retrouveurs
Helter Skelter, la fille du bout du monde
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