01 septembre 2026
Son lac. Nouveauté
Elle est l'une de nos meilleures autrices. Elle sait comme personne conter des histoires, remonter le temps, nous perdre dans ses méandres, des vengeances, des amours impossibles, de la mort qui rôde. Son Lac est une merveille d'histoire et de maîtrise. Totalement indispensable ❤️❤️❤️❤️❤️
Ils sont au bord du lac d’Annecy ce soir du 26 mai 2027 : Maurice, Clara, Léo et Zyan. .. ils ne savent pas encore dans leurs querelles d’adolescents presque adultes que leur vie va basculer.
Parce qu’Elle, veille, est là dans son Lac.
Aussi loin qu’on puisse s’en souvenir, leur destin s’est forgé loin si loin au XIIIème siècle avec Jehan un jeune novice de 15 ans qui tremble devant ce lac qu’on lui interdit et qui va la rencontrer Elle. Elle qui décide de revenir parmi les humains pour l’avoir lui. Dame Bernoline de Charansonay va venir à lui, trouver le moyen de se débarrasser de son mentor frère Reymond qui a senti le danger et fera tout jusqu’à sa mort mystérieuse pour le protéger. Mais peut-on échapper à quelqu’un comme Elle ?
L’écriture de Marine Carteron est nerveuse, folle, elle vous happe dès les premières lignes pour ne plus vous lâcher. Quelque chose de sensuel, d’attractif, d’hypnotique. Le récit est terrifiant, Elle est terrifiante mais on veut savoir, on tourne encore et encore les pages fascinés par son obstination, ses rituels. Les allées et retour entre notre monde et les différentes époques et les différents jeunes gens qui l’ont rencontrée se croisent, reviennent en boomerang d’un chapitre à l’autre. Rythme parfois rompu par les échanges au XIXème siècle entre un frère et une soeur , Simon, un jour remplacé par Léo qui lira son journal destiné à une soeur qui n’a jamais su et jamais pu le lire. Et puis il y a cette ambiguïté, entre son immortalité, le temps qu’elle a et cette forme d’impatience à se venger à retrouver ce qu’elle a perdu un jour d’affrontement face à sa folie et celle des hommes : dévastatrices. Une sorte de course contre la montre qu’on ressent en frémissant, en tournant les pages, en retenant son souffle comme pour l’accorder au rythme de l’apnée ou des tentatives de fuites de ces jeunes hommes condamnés.
La dame du Lac pourtant… Marine Carteron nous offre un récit puissant, hypnotique entre fascination et terreur, le tout dosé avec talent, qui nous entraine de pages en pages avec vers la fin ce sentiment étrange qui vous prend au tripes : finir, savoir absolument et/ou ralentir pour que cela ne s’arrête jamais, car après tout elle a le temps, Elle.
Jean-Luc
Son lac
Marine Carteron
Graphisme et illustration de couverture : Patrick Connan
Editions du Rouergue, collection Epik, dès 14 ans, 26 août 2026, 17,50 €, relié 22 €
le relire est superbe avec un jaspage très réussi. Un beau cadeau de fin d'année ou pour tout de suite.
31 août 2026
Apokalyps, tome 1 : le jugement de Zeus. Nouveauté
Pandore a un frère et les deux partagent le même gout pour l'interdit. Vous voyez venir la catastrophe ? C'est parti. Le compte à rebours a commencé pour sauver le monde ou pas. Absolument addictif et enthousiasmant. ❤️❤️❤️❤️❤️
Dès l’introduction, on sait que cela va mal se passer. En même temps me direz vous on est en plein dans la mythologie grecque, le côté cabotin et capricieux des dieux surtout de Zeus et quand on lit les noms de Pandore et se son jumeau bien moins connue Amphictyon, on se doute que cela peut mal tourner mais on ne sait pas à quel point. Parce que si beaucoup connaissent Pandore et sa boîte, peu savant qu’il peut y avoir bien pire.
Alors, comment vous raconter ce premier tome dense, puissant et vibrant. Il y a des Amazones réduites en esclavages : Pyrrha et Euxippé ; des Spartiates eux aussi vaincus avec leur représentant le jeune prince Léonidas ; un fils de roi d’Athènes décédé, le Nérée et son mentor Antagoras le centaure, sous la tutelle du tyran devenu maître de la Grèce entière, Médon ; des dieux capricieux qui ont décidé de lâcher la rampe ; des créatures revenues des temps anciens et un dieu qui enfin va faire renaitre l’espoir : 7 jours pour refermer l’urne d’Amphictyon. Apparitions divines ; Pythies qui meurt en pleine prophétie ; monde qui s’écroule…
C’est intelligent, dense, l’écriture est nerveuse, semble courir pour devancer la catastrophe imminente et vous rattraper au détour d’un chapitre, cela fourmille de détails, d’informations, de magie et pourtant qu’est ce que l’on s’y sent bien dans ce premier tome qui vous accroche dès la première ligne. Pour tous les amateurs de récits mythologiques et de panthéon grec et pour les autre aussi (il serait temps de vous mettre aux bonnes choses). Passionnant, à dévorer sans tarder et partager.
Jean-Luc
Apokalyps, tome 1 : le jugement de Zeus
Charles Mazarguil
Illustration : Lucile Leca
Editions Flammarion jeunesse, dès 9 ans, 19 août 2026, 13,50 €
Tes lettres. Nouveauté
C’est l’une des très bonnes surprises de cette rentrée en jeunesse. Un roman graphique qui parle de harcèlement, d’amitié surtout dans un univers graphique incroyable et magique. On adore ❤️❤️❤️❤️❤️
Lorsque Sori prend la défense de Jimin elle ne sait pas qu’elle vient de mettre le pied dans un engrenage terrifiant, celui du harcèlement. Elle change d’école à la rentrée suivante, bloquée, terrifiée par ses anciens souvenirs : et si tout recommençait ?
Pourtant sous son pupitre, elle va trouver une lettre qui lui présente le collège, ses camarades, les secrets du lieu… commence alors une drôle de chasse aux lettres qui sont cachés dans des lieux différents. Elle fait ainsi, peu à peu connaissance avec son nouvel entourage, ses camarades plutôt ouverts et sympathiques, et ce garçon mystérieux Dongsun ou la concierge un peu sorcière du collège Kim Sunyi. Mais les lettres étaient-elles vraiment destinées à Sori ? Qui est Jeong Hoyeon ?
Impossible de tout vous raconter, juste vous dire que tourner les premières pages c’est d’abord se laisser charmer puis envouter par le récit, la mise en page et les illustrations plus que réussies. Un texte fort qui de manière presque douce et rassurante sait aborder les thème sdu harcèlement, de la maladie mais aussi surtout de l’amitié et du soutient indéfectible que certains sont capables d’apporter à leurs amis leur donnant la force de résister et de se rebeller. On aime cet univers chaleureux et surprenant dont les illustrations encore une fois sont pour beaucoup avec des changements de couleurs de luminosité qui nous donnent le sentiment de voyager loin, très loin. Un roman graphique exceptionnel beau et intelligent pour aborder des thèmes graves et repartir d’un bon pas. A lire et partager absolument.
Jean-Luc
Tes lettres
Hyeon A Cho
Traduit du coréen : Claire Lair
Editions Milan jeunesse, 9-12 ans, 26 août 2026, 15,90 €
Le voleur d’anniversaires. Nouveauté
Un nouveau Pocus formidable pour les jeunes lecteurs en herbe avec une histoire totalement géniale. ❤️❤️❤️❤️❤️ Pourquoi donc voler les anniversaires ?
Aujourd’hui c’est l’anniversaire d’Adrien et il rentre impatient chez lui. Mais ses parents semblent avoir oublié le grand jour. Adrien est étourdi, oublie certaines choses, mais de-là à oublier son anniversaire quand même ils exagèrent.
C’est alors que va surgir Midi un gros chat gris. C’est un chat qui parle et qui lui explique que tout simplement c’est son maître, un sorcier, M. Morose qui lui a volé son anniversaire comme a tant d’autres avant lui.
A bord du Sablier volant, un bus magique et automatique, ils vont aller à la rencontre du sorcier. Pour contrer le sort il devra passer trois étapes : la première se souvenir d’un cadeau reçu à chacun de ses quatre précédents anniversaires ; atteindre un phare avant qu’il ne s’éteigne ; et récupérer une paire de ciseaux cachée sous la glace.
L’univers proposé est génial, on adore les toilettes du sorcier et ce qu’on va découvrir dans cet envers du décor, tant au niveau matériel que sur la psychologie des personnages. Les illustrations superbes sont presque aussi folles que l’histoire et les jeunes lecteurs vont adorer détester, contrer et se réconcilier avec ce sorcier pas comme les autres.
Un univers à l’imagination débordante, des illustrations qui rythme et donne une vie toute particulière à l’ensemble, un héros génial, de quoi réussir un roman pétillant et généreux. On aime beaucoup vraiment.
Jean-Luc
Le voleur d’anniversaires
Catherine Grive
Illustrations : Eglantine Ceulemans
Editions Sarbacane, Pocus, premiers romans, 7-9 ans, 19 août 2026, 8,90 €
Monstres magiques menacés : la sirène silencieuse / le dragon déchaîné. Nouveauté
Un centre pour protéger des créatures fantastiques. Cinq amis inséparables et des aventures pas comme les autres. Bienvenus au Monstrarium. ❤️❤️❤️❤️❤️
Une nouvelle série pour les jeunes lecteurs qui parle d’amitié, d’animaux fantastiques, de voyages, pleine d’inventivité et de peps.
Partez à la rencontre dans ces deux premiers tomes deTeddy, Rose, Charles-Henri et de leur amie demie gorgone Pyrale et du jeune dragon Fiam. Tous vivent au Monstrarium, un sanctuaire pour animaux fantastique, protégé par une technologie révolutionnaire. Les deux tomes peuvent se lire séparément.
Dans le dragon décapité, les amis voient bien en l’absence (encore) de leurs parents qu’il y a un problème avec un dragon originaire de Chine, Shen-Long, qui semble avoir beaucoup de mal à s’adapter au Monstrarium. Ce jour-là la situation devient particulièrement inquiétante car il manque de mettre le feu au complexe. Tous décident alors de grainer dans l’Hélios et de le ramener. En route, ils croiseront le Vautour, le jet de leurs pires ennemis des Braconniers dirigés par la froide et dangereuse Mme Visanto. Alors qu’Euryale la demi-gorgone se demande où est sa place, les jeunes amis vont devoir faire preuve d’imagination, et de courage pour affronter les dangers.
L’épisode de la sirène silencieuse ravira les fans de K-pop puisque la star invitée au spectacle dans le Monstrarium n’est autre qu’Ino, une sirène. Les parents sont partis chercher de l’argent et des mécènes pour financer le centre secret. Les enfants qui peinent à entretenir et à nourrir les animaux vont être confrontés à l’idée de Charles-Henri d’une ouverture exceptionnelle pour renflouer les caisses avec le super concert à la clef. Mis au pied du mur au dernier moment, toute la petite troupe doit faire vite pour organiser, et surtout garder le secret. Pas question que les visiteurs se rendent comptent qu’ils sont dans un Monstrarium.
Vous a-t-on dit qu’un peu de technologie et de magie pouvait faire l’affaire ? Ecran de Gygès qui masque le centre, collier de Tacita, flûte de Hamelin, potion d’anti-Morphée et poudre Sandmann, autant d’astuces et de trucs qui vont rendrent la chose possible.
On aime l’idée de créatures extraordinaires en danger et protégées ; la joyeuse troupe d’amis tous touchants et doté d’un caractère bien particulier ; leurs aventures et leur courage face au danger des braconniers ; les inventions géniales dont on aimerait bien savoir maîtriser certaines. L’ensemble de la publication est très réussie avec des illustrations vivantes aux traits fins et très agréables et une mise en page efficace, avec des encarts qui apparaissent dans le texte et permettent aux jeunes lecteurs de comprendre et d’en apprendre davantage sur les protagonistes. A découvrir sans hésiter.
Jean-Luc
Monstres magiques menacés : la sirène silencieuse / le dragon déchaîné
Fabien Clavel
Illustrations : Sanoe
Editions Nathan jeunesse, 8+, 20 aout 2026, 9,95 €
Ysée, le reliquaire d’argent. Nouvelle édition
Peut-on être une femme au Moyen-Age et maîtriser son destin ? Une plongée piquante et passionnante dans le XVème siècle. On aime toujours autant ❤️❤️❤️❤️❤️
Certains connaissent déjà et c’est normal : c’est une réédition avec de nouvelles couvertures. Le plaisirs de retrouver l’écriture d’Evelyne Brisou-Pellen et son héroïne Ysée. La jeune orpheline a désormais douze ans et reçoit une éducation exceptionnelle pour son époque, elle va à l’école sait lire et écrire, compter. Eduquée comme la propre fille de Perrenotte la nourrice à laquelle elle fut confiée bébé par les soeurs du couvent du Puit d’Orbes. Elle a cinq frères dont le dernier a son âge et qui la considèrent comme leur soeur et la prunelle de leurs yeux.
Pourtant le destin de toute la famille est sur le point de basculer. Le maire de la ville de Châtillon veuf, maître pelletier de son état, a décidé de se remarier. Et donc d’épouser Ysée. Elle épouser ce vieux barbon ? Pas question disent ses frères, pas question dit Perrenotte, pas question surtout dit Ysée. Mais les soeurs en ont décidé autrement. Et une orpheline (même bien née) a-t-elle le pouvoir de dire non sans déclencher des conséquences graves pour tous ?
On suit avec un grand plaisir les aventures de la jeune et fantasque Ysée, son amour pour les animaux, sa liberté d’éducation et de parole en font une jeune héroïne pleine de charme et de passion. On aime cette plongée dans le Moyen-Age, cette famille soudée, ces cinq frères bien décidés à faire changer les choses et puis le mystère qui rôde parce qu’entre accusation de sorcellerie, et origines cachées de la jeune Ysée, il y a de quoi faire. Un tome 1 mené tambour battant, on attend donc la rééditions des tomes suivants de cette trilogie passionnante.
Jean-Luc
Ysée, le reliquaire d’argent
Evelyne Brisou-Pellen
Editions Bayard Jeunesse, à partir de 10 ans, nouvelle couverture, 26 août 2026, 8,30 €
30 août 2026
Les visages du feu, tome 1, l’Institut du Nouveau Lendemain
Le tome 1 d'une dystopie passionnante et prenante pour les grands ados et jeunes adultes qui nous emporte dans un monde inquiétant et cruel. Passionnant et addictif. ❤️❤️❤️❤️❤️ Le tome 2 arrive cette semaine : VIBREZ
ll y a B2106, C1501 ou B1803 ou 012V… appelez les comme vous le voudrez : par leur matricule ou par leurs prénoms Helena, Avril, Meriem, Luce, Clara ou Vincent. Pourtant en les appelant par leur prénom, vous violez la règle et risquez fort de ne pas être les bienvenus.
LOrsqu’on fait la connaissance de Luce, B2106, elle est en pleine cauchemar, en pleine régression : ses souvenirs refont surface, de sa vie d’avant de sa grand-mère et de leur course effrénée vers Paris.
Elle est une élève de rang1, considérée comme l’édile et vit depuis toute petite dans l’Institut du Nouveau Lendemain créé à partir des idées de Tadeusz Hertz après les grandes catastrophes qui ont anéanti notre monde. Dans cet institut que des filles sur trois rangs, et quelques adultes qui les contrôlent et quelques hommes dont l’action et la position est inquiétante, mélange de masculinisme malveillant et de domination patriarcale amenant à tous les abus si nécessaires, pour preuve le professeur Alpha qui domine l’ensemble en l’absence de l’intendante.
Que Luce se soit mise à vaciller va provoquer comme une sorte de réaction en chaine version dominos. Elle va devoir faire avec l’Institut et ses règles folles pour rester en vie et peu à peu s’ouvrît à d’autres filles et peu à peu comprendre qu’il faut absolument qu’elles doivent sortir de là.
Au fil des pages, en découvrant le fonctionnement de l’institut, ses zones d’ombres, ses abus, on sent la tension monter, on se crispe avec l’envie d’aller plus loin, plus vite pour comprendre ce qui ne va pas, où cela nous mène. Luce, ses amies, ses tentatives pour se fondre dans la masse vont-elles réussir à sortir indemne de l’étau qui n’hésitera pas à se refermer sur elles. Helena l’infirmière est-elle sincère ? Quel rôle joue le bibliothécaire ? Est-il réellement le monstre décrit par les rumeurs qui hantent les couleurs de l’institut ? Où cette folie de société plus pure, plus organisée peut être mener ? Que sont devenus les jeunes garçons ?
Chloé Vollmer-Lo nous embarque dans une dystopie envoutante, inquiétante et passionnante. Difficile, une fois entré dans 1e roman, de lâcher prise et de se détacher des pages qui tournent toutes seules ou presque et nous embarque dans une société inquiétante, violente, où les femmes sont particulièrement malmenées sans véritable espoir ou avenir tant les décisions et les prévisions pour l’avenir de leurs dirigeants semblent floues et confuses.
Tout un monde postapocalyptique dont on sait peu de chose, si ce n’est qu’une poignée de jeunes filles vont au final vouloir sortir à tout prix, risquant de tout perdre et de tout faire imploser en fuyant. Reste à savoir, si elles réussissent, ce qu’elles trouveront de l’autre côté et quel monde les attendra.
Une construction inquiétante, un monde brutal, froid, presque clinique, et des personnages étonnants qui tentent de trouver leur vérité dans cette construction folle qu’est l’Institut.
Passionnant, inquiétant, magnétique. Foncez le tome 2 est attendu pour début septembre.
Jean-Luc
Les visages du feu, tome 1, l’Institut du Nouveau Lendemain
Chloé Vollmer-Lo
Editions Nathan, 15+, 28 août 2025, 17,95 €
Tome 2 annoncé pour le 3 septembre 2026
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La société très secrète des sorcières extraordinaires
Souvenez vous, nous, vous l'avions adoré. Il revient en poche à prix tout doux cette semaine de rentrée ! Foncez, c'est un régal de lecture ❤️❤️❤️❤️❤️
Il vous faut d’abord savoir que la Société très secrète des sorcières se réunissait le troisième jeudi de chaque trimestre et jamais au même endroit. En fait c’est Mika Moon, jeune sorcière trentenaire, qui en a inventé le nom que Primrose, son mentor depuis la mort de ses parents trouve totalement ridicule. Primrose, c’est la doyenne, celle qui impose les règles et notamment celle étonnante de se faire le plus discret possible, de ne pas se regrouper car la magie devient difficilement incontrôlable, au risque de se faire repérer. Et Primrose sait comme les autres les dangers que pourraient représenter, si le monde extérieur savait pour elles.
Mika se contente alors de mettre des vidéos en ligne où elle se présente comme sorcière, mais de pacotille, libre aux naïfs de la croire. C’est pourtant ce jour-là et à cause des vidéos qu’elle va se faire repérer par Ian, octogénaire pétillant qui a repéré les éclats dorés de magie qui brillent sur la vidéos, alors que les autres n’ont rien vu : il est persuadé qu’elle est une sorcière, et qu’elle est celle qu’ils cherchent.
Ils ? C’est Ian son mari Ken, Lucie et Jamie, qui ont la garde de trois petits filles Rosetta (10 ans), Terracotta (8ans) et Altamira (7ans) toutes trois sorcières protégés dans la Maison de Nulle Part par les puissants sortilèges de Lillian la « mère » des filles qu’elle a adopté. Pourquoi de puissants sortilèges ? Parce que les filles sont des sorcières, que leurs pouvoirs grandissent, et que toute cette magie au même endroit devient incontrôlable. C’est là que Mika après avoir reçu un mystérieux message va venir pour les rencontrer, terrifiée à l’idée d’avoir été repérée comme sorcière (et si c’était un piège) et attirée comme jamais à celle de pouvoir enfin être elle-même.
Leur rencontre va changer beaucoup de choses. L’hostilité de Jamie jeune et beau trentenaire qui veut protéger les filles à tout prix, celle de Terracotta pour les mêmes raisons, la maison si particulière, les pouvoirs de Mika, la famille extraordinaire que forment les habitants de la Maison de Nulle Part, des secrets encore bien gardés … tout cela forme un monde dans lequel vous allez adorer vous faufiler et vous installer chaudement. C’est un roman qui ne se raconte pas, à vous de découvrir ce qui va se passer à partir du moment où Mika franchira les frontières magiques du domaine et de vous laisser porter par ce roman puissant, qui nous parle de famille recomposées, d’orphelins, d’amour, de solitude, de repli sur soit et aussi de la nécessité de s’ouvrir aux autres pour vivre pleinement. Un roman magnifique et fort pour les grands adolescents à recommander chaudement, du plaisir et du bonheur en pages.
Jean-Luc
La société très secrète des sorcières extraordinaires
Sangu Mandanna
Traduis de l’anglais (Royaume-Uni) : Laureline Chaplain
Illustration : Marine Gosselin
Editions Lumen, à partir de 16 ans, 24 août 2023, 17 € / Editions Lumen, 3 septembre 2026, 8,5 €
27 août 2026
Qui veut jouer avec moi ? Nouveauté
L'album peps et coup de coeur de cette rentrée. Ça pétille, ça bouge et les illustrations sont absolument craquantes. Que demander de plus ? ❤️❤️❤️❤️❤️
Ce matin là c’est une boule survitaminée qui déboule dans la clairière près du vieux chêne. Une jeune écureuil, pimpante et folle de joie à l’idée de jouer avec d’autres écureuils. Bon, il faut vous dire que ces snobinards ne sont pas vraiment sympa et que toutes les tentatives de s’intégrer ne mèneront à rien. Alors, trainant des pattes et de la queue, vers un autre arbres où l’attendent toutes les petits animaux et insectes de la forêt qui eux vont l’accueillir et lui faire passer le meilleur moment de sa vie.
On aime cet album parce qu’il parle d’inclusion, de rejet, de réconciliation, d’amitié, de différences et d’acceptation de ces différences. On aime cet album parce qu’il parle de tout cela avec une énergie folle et un peps incroyable, celui de son héroïne et de tout ses petits camarades. On aime cet album aussi par les illustrations qui ont collé à l’histoire et donnent des scènes drôles, tendres, où parfois on ne sait plus où regarder et ça c’est chouette. Une écureuil déjantée et adorable et tout sa bande pour vous souhaiter une bonne rentrée, en douceur et en joie.
Jean-Luc
Qui veut jouer avec moi ?
Lu Fraser & Sarah Warburton
Editions Little Urban, dès 4 ans, 21 août 2026, 14,90 €
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Bâille Bâille bébé. Nouveauté
Un énorme coup de coeur pour un cartonné en apparence tout simple mais tellement intelligent et beau. Une merveille on vous dit. Bon dodo ... ❤️❤️❤️❤️❤️
L’heure d’aller se coucher ? Mais ça va pas la tête ? Bébé lui n’en a pas du tout envie. Alors va commencer un concours de bâillements totalement fou pour espérer que cela soit communicatif. Ne dit-on pas qu’on bon bailleur en fait bailler dix ? Papa, maman, grande soeur tout le monde s’y met, mais le petit monstre dodu est coriace quand enfin…
Cet album est absolument délicieux et merveilleux par son histoire qui va devenir un grand classique (tout le mal qu’on lui souhaite) du rituel du dodo. Et puis aussi par ses illustrations, mélange d’inventivité, de modernité et d’aspect plus classique au prime abord. Mais ne vous y fier pas trop, sous leurs airs très sages, la vie et l’énergie pulsent et vibrent au fil des pages cartonnées que bébé adorera tourner lui aussi. Le seuil risque ? C’est qu’à force de bailler vous vous endormiez avec eux ou avant eux ! Formidable petit cartonné. On adore.
Jean-Luc
Bâille Bâille bébé
Eglantine Ceulemans
Editions Little Urban, 2-3 ans, 21 août 2026, 10,90 €
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Femme au volant, force au tournant !. Nouveauté.
Très gros coup de coeur pour un album-documentaire intelligent et vibrant. L'égalité fille/garçon est en marche et c'est le top ! ❤️❤️❤️❤️❤️
Quand on a un papy Roulot aussi formidable que celui de la jeune héroïne de cette histoire, on a de la chance. Pour l’anniversaire de sa petite fille il a décidé de sortir de la cuisine et de l’emmener au karting. Alors quand, elle lui dit que non, elle va se ridiculiser face aux garçons, il tient bon et refuse qu’elle se laisse impressionner. Allez fonce petite !
C’est l’occasion alors de lui raconter la place des femmes dans l’histoire de la conduite et de l’automobile notamment. Le titre de cet album documentaire est justement un clin d’oeil à une vieille expression horrible et machiste apparue au début du XXème sicèelm : « femme au volant, mort au tournant », alors qu’on sait qu’en 2024 par exemple 84% des accidents mortels étaient des hommes ! Alors, on fait moins les malins et on arrête de se ridiculiser et on s’informe.
Parlons boutique : le chauffage intérieur, le clignotant, le rétroviseur, les essuie-glaces, le GPS… : tous inventés par des femmes et pas des hommes. Au fil des pages, on découvrira les précurseuses, les inventrices, les fans de vitesse de sécurité.
On aime cet album intelligent et malin qui se moque gentiment des poncifs et des vieilles idées reçues. On aime son contenu scientifique et ouvert, et les illustrations particulièrement réussie de Julie Guillem qui lui donnent un charme tout particulier par la mise en page, le jeux des couleurs et les formes précises et impeccables données à l’ensemble. Alors fille ou garçon si vous voulez « rouler des mécaniques » autant le faire de manière intelligente et maligne. Foncez !
Jean-Luc
Femme au volant, force au tournant !
Louise Pluyayd
Illustrations : Julie Guillem
Editions Sarbacane, dès 9 ans, 19 août 2026, 16,90 €
Les Makis Cocos et le koala. Nouveauté
Ils sont de retour et on les adore ! Que dire de plus ? ❤️❤️❤️❤️❤️
Kaki, Kimono et Moka sont de retour pour une nouvelle aventure. Ils sont prêts pour un méga, géniale sieste blottis contre Mamaki. C’est alors qu’une drôle de bestiole dégringole de l’arbre et s’effondre en dormant sur leur branche. Une sorte de nounours qui roupille. Au départ c’est un peu inquiétant, puis ils le trouvent mignon jusqu’à ce que maman attendrie le prenne dans ses bras. Et là, c’est trop, les Makis Cocos deviennent fous de jalousie et vont tout faire pour décramponner cette chose douce et mignonne. Mais rien à faire… Vont-ils finalement réussir à s’endormir ?
C’est drôle, impertinent et croqué avec talent. On adore.
Jean-Luc
Les Makis Cocos et le koala
Christine Beigel
Illustrations : Guillaume Braquemond
Editions Sarbacane, dès 3 ans, 19 août 2026, 14, 90 €
d'un clic on retrouve le premier volume
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A la découverte des humains. Nouveauté
Beau, pétillant et vivant... un petit bijou pour se préparer à la rentrée et voir le monde en couleurs. ❤️❤️❤️❤️❤️
C’est l’excitation totale dans la classe de Madame Marion : il reste dix dodos avant de partir en voyage scolaire et pas n’importe lequel : à la découverte des humains. Cet album est un condensé de bonheur et de joie de vivre. Ces bestioles sont absolument adorables et Quentin Gréban nous livre une fois de plus une facette étonnante de son talent (c’est du Gréban tout en apportant une touche étonnante de fraicheur et d’inventivité nouvelle). L’album est très drôle. Les questions qui fusent sur les humains : pas d’antennes, comment ils font pour les chaussures demande le mille-pattes ? …
Cet album est une délicieuse surprise, pleine de fraîcheur, éclatante de couleurs et de vies. On pense parfois à des filmes grand écran avec des animaux, mais non, en fait c'est beaucoup mieux. Les petits animaux sont juste beaux et merveilleux et l’ensemble donne un titre survitaminé et complètement craquant. A dévorer sans tarder pour illuminer la rentrée des petits.
Jean-Luc
A la découverte des humains
Maude De Bel
Illustrations : Quentin Gréban
Editions Mijade, dès 3 ans, 27 août 2026, 13 €
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Delphine et Patatruc. Nouveauté.
Les chats sont des êtres étranges et étonnants. Avez-vous pensé déjà suivre le vôtre quand il disparait derrière le canapé ? Vous devriez ❤️❤️❤️❤️❤️
Delphine a un chat Patatruc. Un matin, alors qu’il disparait derrière le canapé, elle le suit et ils se retrouvent au pays des Jouets perdus, là où tout est possible comme comprendre ce que dit le chat. Les deux amis vont donc partir à l’aventure avant d’avoir une surprise absolument étonnante et formidable.
On aime cet album chaud et vibrant, qui joue sur l’imagination, le monde de l’autre côté, les animaux et les jouets qui parlent, les souvenirs des doudous disparus ou abandonnés. La mémoire des larmes mais aussi des petits bonheurs qu’ils ont apportés.
Un album doudou pour grandir en rêvant et en s’amusant avec des illustrations étonnantes, toutes en couleurs, en formes grimpantes, avec différentes niveaux de construction une imagination folle. Un album de rentrée parfait pour se réchauffer le coeur.
Jean-Luc
Delphine et Patatruc
Davide Cali
Illustrations : Leire Salaberria
Editions Sarbacane, dès 4 ans, 19 août 2026, 15,50 €
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L’anniversaire du corbeau bleu. Nouveauté.
Un corbeau bleu merveilleux dans un décor enchanteur peut parfois cacher une grande solitude. Pourtant ... Foncez c'est beau et merveilleux . ❤️❤️❤️❤️❤️
Parfois les anniversaires peuvent avoir un gout étrange, voir amer, surtout quand tout est prêt et que les amis ne répondent pas à l’invitation. Trois après ce qui aurait du être une belle fête, Corbeau bleu doit se faire une raison, personne ne viendra. Mais pourquoi ? Alors il cherche dans le registre de la forêt et découvre que quatre autres habitants sont nés le même jour que lui. Alors il s’envole et fonce vers les lieux probables de fêtes concurrentes. D’abord le lac aux balançoires là où vit l’enfant nénuphar. Mais là surprise personne non plus ? Direction ensuite pour les deux vers le parc d’attrition où se trouve un fantôme tout seul, tout triste … une vraie catastrophe. Enfin, direction le manoir de la sorcière de soleil et de lune. Là encore, de la déception, de la tristesse et une grand solitude. Enfin ils iront trouver la grenouille triste.
Timidité, peu de s’ouvrir aux autres, peur de la différence… autant de raisons qui ont fait que ces cinq là se sont retrouvés seuls le jour de leur anniversaire. Pourtant, ceux qui ne sont pas venus ne savent pas ce qu’ils perdent.
Tous ensemble vont se réunir pour fêter ensemble cela. On aime cette histoire qui parle de solitude, de différence et puis surtout d’amitié et de rencontres formidables. On aime son décor sublimé par les illustrations, la finesse des décors et le jeu des couleurs qu’apporte Julien Arnal.
Un album tout en douceur et en sensibilité où textes et illustrations font mouche et se rejoignent pour donner au lecteur un grand moment de tendresse et de plaisir. A découvrir sans hésiter.
Jean-Luc
L’anniversaire du corbeau bleu
Juliette Adam
Illustrations : Julien Arnal
Editions Flammarion jeunesse, dès 6 ans, 26 août 2026, 14,50 €
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L’imagier qui tourne pas rond : la piscine / le docteur. Nouveauté
La piscine et le docteur sont parfois deux moments étranges pour le petit. On vous a trouvé la solution pour dédramatiser définitivement le tout. Un seul risque : fou rire assuré ! ❤️❤️❤️❤️❤️
Deux petits nouveaux dans la collection et dans le monde de la très inventive Élo. La piscine et le docteur sont souvent pour les petits bouts des moments particuliers. Entre excitation, questionnement et plongée dans l’inconnu, ce sont des moments particuliers qui parfois provoquent des réactions compliquées. Deux petit albums cartonnés pour découvrir avec les personnages fous fous de l’autrices et leurs nez fabuleux, à regarder et toucher avec la roulette au bas du livre qui permettra de choisir la bonne solution à l’image.
Avant le bain allez vous sous le râteau, l’ampoule ou la douche ? (évident ? Et oh, on vous voit les adultes). On reprend chez le docteur on regarde dans l’oreille avec la brosse à dents, l’otoscope, la fourchette, la passoire ? Alors ? Vous savez vous avec quoi on prend la température ? Comment on mesure la taille ? Et après la douche à la piscine, par quoi passe-t-on ? Que mettre pour nager ? … Autant de séquences courtes délicieusement illustrées avec des petites bestioles qui se transforment, changent de couleurs. Des situations précises de base, des questionnement qu’on les enfants, des réponses loufoques (mais attention, il y a la vraie réponse dans les propositions) pour apprendre, découvrir en s’amusant et en dédramatisant. Formidable !
Jean-Luc
L’imagier qui tourne pas rond : la piscine / le docteur
Élo
Editions Sarbacane, éveil, 19 août 2026, 12,90 €
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La vache qui lit. Nouveauté
Trois amis : une vache et deux enfants pour rire, s'amuser et découvrir. Un album plein de peps et de malice à découvrir sans hésiter. ❤️❤️❤️❤️❤️
Trois histoires de la vache Lolita et de ses deux amis Suzon et Ruben. Peut-on être jalouse d’une vache dans une histoire ou d’un livre qui détourne l’attention de son amie ? La réponse est oui et Lolita en est la preuve vivante. Peut-on avoir peu pour ses amis et foncer quitte à prendre des risques et faire n’importe quoi pour les sauver ? Devinez ! Pourquoi les jeunes humains passent-ils leur temps à se courir après en hurlant ? Lolita va en faire les frais, la pauvre.
On aime ces histoires toutes folles et tendre qui parlent d’amitié, d’amour des livres, de quotidien matiné de surprises et de situations invraisemblables. Les illustrations sont justes parfaites avec leur petit côté rétro. Les trois personnages sont vivants, ruminants et tellement vivants. Un album peps pour rire, s’amuser et s’évader en histoire et en couleurs. Formidable !
Jean-Luc
La vache qui lit
Jo Hoestlandt
Illustrations : Aurélie Guillerey
Editions Bayard jeunesse, collection môme, 0-3 ans, 26 août 2026, 13,90 €
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Soleils fantômes
Pour terminer en beauté la sélection d'été, un dernier roman troublant et étonnant qui nous sort des sentiers battus et nous fait vibrer à l'unisson de son héros principal. ❤️❤️❤️❤️❤️ Bonne fin d'été avec les Sandales jeunesse, Mathilde et ses lutins.
Hélyos a seize ans et les vacances commencent mal pour lui : une chaleur accablante, un père dépressif au possible après sa séparation avec sa mère, et un petit frère Solal qui va plomber l’ambiance dès le premier jour : « Ah oui, je reconnais… C’est là que j’étais mort la dernière fois ».
Leur arrivée au camping commence bien : leur père tellement perturbé s’est trompé de mois pour leur réservation. Ils trouvent quand même une solution et va commencer pour Hélyos et les siens l’été le plus étrange de sa courte vie. Sa rencontre avec quatre ados dont Manon et Lucas vont finir par perturber totalement le jeune homme qui peine à sortir de l’adolescence, s’invente partiellement une vie, voit son corps changer et ne sait pas quoi en faire.
En utilisant dans son récit le phénomène parapsychologique du témoignage de souvenirs de vie antérieure, Gaël Aymon trouble encore davantage les lignes. Entre moments inquiétants et lucidité retrouvée, le petit frère jette un trouble sur tout les protagonistes. Les ados ont décidé de résoudre l’énigme, Manon se méprend sur les intentions d’Hélyos, qui lui ne voit pas celles de Lucas et tous vont foncer vers une fin incroyable et presque perturbante.
L’auteur tisse une toile étrange, mouvante et inquiétante. Les souvenirs qui ressurgissent avec force finissent par convaincre les ados que Solal raconte quelque chose de plausible. Mais tous les protagonistes de l’histoire ne sont pas innocents et fréquentables.
Un récit étrange et troublant sur ces phénomènes étudiés de façon très sérieuses par des scientifiques, la sortie de l’adolescence, la recherche de soit, l’acceptation de son corps et des interactions sociales, autant de thèmes qui s’imbriquent pour nous donner un roman troublant et beau. A découvrir en signalant la magnifique couverture.
Jean-Luc
Soleils fantômes
Gaël Aymon
Couverture de Nicolas Caminade
Editions nathan, 14+, 18 juin 2026, 15,95 €
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26 août 2026
Érêves
« L’écriture fut la cause de tout. Du début et de la fin » : une claque, un roman qui vous piège, vous emporte bien au-delà de ce que vous pourriez imaginer. Merveilleux ❤️❤️❤️❤️❤️ Enorme coup de foudre !
« L’écriture fut la cause de tout. Du début et de la fin » ainsi débute presque cette histoire et la pensée de son héros Jonas. Lui il ne s’était pas méfié de l’écriture. Quand Mme Almendra la professeure documentaliste avait conseillé à tous d’acheter un carnet pour noter leurs pensées au quotidien, il l’avait fait par réflexe pour se faire bien voir. Et puis un jour il commença à tout noter et ne s’arrêta plus. Sauf que parfois on fait des erreurs et qu’il ne savait pas qu’en le mettant un matin dans son cartable il allait provoquer la catastrophe. Dans son collège, son pire cauchemar Boris et sa bande mirent la main dessus et le trouvèrent malin de le lire à haut voix.
Jonas qui était déjà fragilisé par la vie et les problèmes familiaux explosa en vol. Il accepta cependant d’aller au cirque sans papa juste pour faire plaisir à sa petite soeur et sa maman. Pourtant la colère montait toujours et ce jour-là alors qu’il bouillonnait de rage face à son harceleur, un lac apparut : Mila (sa petite soeur) plongea dedans et il la suivit. C’est ainsi qu’ils arrivèrent par des chemins détournés dans Érêves, un monde où tout était inversé : les humains étaient des monstres terrifiants et les autres en avaient une peur bleue au point de les avoir longtemps chassés enfermés dans la Fourrière ou dévorés pour certains. Peur comme des oiseaux, de la beauté d’un chant …
C’est un Vieux qui pêcha Jonas (on pense très fort à une version d’Hansel et Gretel) qui réussit à s’enfuir et trouver protection au Cirque d’Érêves sorte de bulle fragile de sécurité et de liberté. Il est peuplé d’un diable, Baron, d’un homme araignée Pavel, des siamoises Madame Alice et Madame Celia et de Blanche fillette au visage de clown triste (monstre de son état puisqu’humaine) et Merle le garçon oiseau à la voix d’ange. (Comme Blanche).
En entrant dans ce roman, on sent tout de suite quelque chose de différent. Les mots filent, les phrases courtes au début s’enchaînent, s’entrechoquent, résonnent entre elles. La langue vrille quand les Vieux d’Érêves se mettent à parler comme pour d’autres, où les mots s’inverse, où la gentillesse devient une tare, où l’on vit la nuit. On se sent bien, comme aspiré par l’histoire, par ce récit qui tourne au fantastique dans ce monde miroir, comme inversé du nôtre mais tout aussi cruel et dangereux parfois. Un monde qui par bien des aspects fait penser au nôtre, il se meurt avec la rivière des Larmes désormais empoisonnée, un Prince cruel qui fait régner la terreur avec la Garde, sorte de bras armé humilié et humiliant…
Jonas va se chercher longtemps, tâtonner, commettre des erreurs, faire des découvertes sur les autres, sur lui, mettre des mots sur sa colère, et ainsi trouver la clef.
Ce roman ne se raconte pas davantage, il se vit, se sent, on rentre dedans littéralement et on vibre à chaque page. C’est une petite merveille d’écriture, d’invention, de mise en abîme, de découvertes, d’inventivité et d’une grand poésie. Tout fonctionne, touche le lecteur, le confronte surement à ses peurs à ses angoisses et à ses joies. Stéphane Servant nous offre ici un roman absolument merveilleux comme suspendu dans le temps et totalement réussi. A ne manquer sous aucun prétexte.
Jean-Luc
Érêves
Stephane Servant
Illustration de couverture : Germain Barthélémy
Editions du Rouergue, collection dacodac, dès 9 ans, 6 mai 2026, 18,40 €
Walter Cobb : Nos chemins d’or et de poussière
Un petit bijou d'écriture, d'histoire, de destins qu'on adore suivre le coeur serré parfois. Absolument formidable. Très bien terminer l'été avec un roman exceptionnel. ❤️❤️❤️❤️❤️
Il s’appelle Samuel Carson, a une patte folle à cause de maltraitance et c’est lui qui nous parle nous embarque dans un périple de labeur, de souffrance et de découverte de soit et du monde qui l’entoure.
l’Amérique profonde, les saisonniers qui vont de boulot en boulot parfois pour une journée, la maltraitance des contre-maîtres. Et puis un jour une ombre immense, un Big Boy s’avance puissant, l’air placide : Walter Cobb.
Ces deux là ne vont plus se quitter et nous faire vivre un moment de vie inoubliable. De fermes en fermes, de mauvais coups en mauvais coups, leurs routes croisent parfois des sales types mais aussi des gens biens, ouverts et visionnaires. Parfois leur route leur fera rencontrer certaines personnes qui joindront leur destin au leur comme Mercy.
Des destins qui sont à la fois hors du comment, des souffrances, des moments solaires, et la réalité aussi des travailleurs de cette époque : mépris, mauvais traitements, travail acharné pour pas grand chose, racisme endémique …
Ces deux là sont solaires, parfois la colère que Sam contient provoque des étincelles et donne au roman un curieux petit côté fantastique, juste une petite lueur qui vient, frappe et passe vite. Walter lui est résilient confiant en dieu, et va permettre à Sam de gagner en sagesse et de pencher du bon côté de la barrière.
Un roman dans lequel on entre sur la pointe des pieds, presque voyeurs, mais dans lequel on se sent tellement bien que bien vite on oublie et qu’on se laisse porter à le lire d’une traite jusqu’au final étonnant, beau et cruel à la fois.
Un texte particulièrement bien écrit, à savourer sans modération pour découvrir d’autres vies, d’autres destins et croire au meilleur même au fond de l’obscurité.
Jean-Luc
Walter Cobb : Nos chemins d’or et de poussière
Mathilde de Lagausie
Illustration de couverture : Patrick Conan
Editions du Rouergue jeunesse, collection Epik, dès 13 ans, 1 avril 2026, 17,50 €
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